Le dernier vol d’un Boeing 747 présidentiel américain, communément appelé Air Force One, a eu lieu le 18 juin 2026 à l’occasion du sommet du G7 à Evian. Cet appareil, qui a servi pendant près de quarante ans, a marqué la fin d’une ère pour le transport aérien présidentiel, selon Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Le dernier vol d’un Air Force One historique a eu lieu le 18 juin 2026 lors du sommet du G7 à Evian.
- L’appareil a transporté tous les présidents américains depuis George H.W. Bush, soit près de quarante ans de service ininterrompu.
- Donald Trump envisage d’utiliser l’avion offert par le Qatar comme remplaçant, malgré les questions éthiques et sécuritaires soulevées.
- L’US Air Force a confirmé que l’avion qatari, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, sera opérationnel « cet été » avec une nouvelle livrée.
Un appareil emblématique tire sa révérence
Le jeudi 18 juin 2026 restera comme la date de son ultime mission. L’appareil, un Boeing 747-200B modifié pour les besoins présidentiels, a effectué un dernier voyage en France à l’occasion du sommet du G7 à Evian. Son rôle s’est achevé avec cette escale diplomatique, avant sa mise à l’arrêt définitive. « Bien joué, bon et fidèle serviteur », a salué le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, sur le réseau social X, en rendant hommage à l’appareil.
Ce Boeing 747, entré en service sous l’administration de George H.W. Bush en 1986, a été le témoin de décennies de décisions politiques et de déplacements officiels. Il n’était certes pas le plus moderne de sa génération, mais son confort et sa fiabilité en ont fait un outil apprécié. « Ce n’était pas l’avion le plus moderne, mais il était confortable », a souligné Monica Crowley, cheffe du protocole des États-Unis, sur X. Elle a également rappelé que chaque vol avec le président Donald Trump était « incroyablement spécial » pour l’équipage et les passagers.
Un remplaçant controversé
Pour succéder à cet appareil vieillissant, l’administration Trump a choisi une solution inattendue. Selon NBC News, rapporté par Capital, le président américain envisage d’utiliser un avion qui lui a été offert par le Qatar. Cet appareil, un Boeing Business Jet 747-8, avait été présenté comme un cadeau diplomatique lors d’un vol inaugural en juillet 2025, à l’occasion des célébrations des 250 ans de la déclaration d’indépendance américaine au mont Rushmore.
L’US Air Force a confirmé que cet avion, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, sera prêt à entrer en service « dans les temps ». Une nouvelle livrée aux couleurs américaines (rouge, blanc et bleu) est prévue pour cet été, a précisé l’institution militaire. Cependant, cette solution soulève des interrogations majeures, tant sur le plan éthique que sécuritaire. Un avion offert par une puissance étrangère doit-il assurer la fonction d’avion présidentiel, alors que les Air Force One sont équipés de systèmes de défense sophistiqués, comme des leurres infrarouges et des dispositifs de dispersion ?
Des questions éthiques et sécuritaires
L’utilisation d’un appareil offert par le Qatar pour remplacer l’Air Force One traditionnel pose un dilemme inédit. En effet, les normes de sécurité des avions présidentiels américains sont parmi les plus strictes au monde. Ces appareils sont conçus pour résister à des attaques, transporter le président en cas de crise majeure, et garantir une communication sécurisée en toutes circonstances. Or, un avion civil, même modifié, ne peut prétendre offrir le même niveau de protection, soulignent les experts.
Par ailleurs, la dimension éthique de cette décision interroge. Aux États-Unis, l’acceptation de cadeaux par des responsables publics est encadrée par des lois strictes, notamment pour éviter tout conflit d’intérêts ou influence étrangère. Dans ce cas précis, l’avion offert par le Qatar avait déjà été au cœur d’une polémique en 2025, lorsque des médias américains s’étaient interrogés sur la nature de ce présent. Pour les autorités américaines, la question reste ouverte : comment concilier diplomatie, sécurité nationale et intégrité des institutions ?
Un héritage technique et symbolique
L’Air Force One actuel, un Boeing 747-200B, incarne une partie de l’histoire aéronautique et politique des États-Unis. Entré en service en 1986 sous Ronald Reagan, il a été le premier d’une série de deux appareils conçus spécifiquement pour le transport du président. Ces avions, reconnaissables à leur livrée blanche et bleue, sont bien plus que de simples moyens de transport : ils symbolisent la puissance et la continuité de l’État américain.
Leur remplacement par un avion civil, même luxueux, marque une rupture avec cette tradition. Les futurs Air Force One, initialement prévus pour être des Boeing 747-8 modifiés par l’US Air Force, ont vu leur programme retardé et leur coût exploser, poussant l’administration à explorer des solutions alternatives. Cette décision reflète aussi les tensions budgétaires et les priorités changeantes de la politique américaine en matière de défense et de diplomatie.
Quel que soit le choix final, cette transition révèle une nouvelle fois les défis posés par la modernisation des outils de la présidence américaine. Entre héritage historique, contraintes budgétaires et enjeux géopolitiques, la question du remplacement de l’Air Force One illustre les tensions entre tradition et innovation au sein des institutions fédérales.
Selon NBC News, rapporté par Capital, Donald Trump aurait choisi cet appareil pour des raisons économiques et pratiques. Le Boeing Business Jet 747-8 offert par le Qatar est déjà disponible et ne nécessite pas de nouvelle commande ou de programme de développement coûteux, contrairement aux avions Air Force One initialement prévus. Cependant, cette solution soulève des questions sur la sécurité et l’éthique, l’avion n’étant pas conçu pour répondre aux normes strictes des avions présidentiels américains.