Selon Ouest France, une étude britannique récente met en lumière un lien entre la conception des ballons de football et la fréquence des commotions cérébrales subies par les joueurs lors des têtes. Ces travaux, présentés aux instances dirigeantes du football mondial, pourraient relancer le débat sur la dangerosité de ce geste emblématique du sport roi. Les résultats de cette recherche interviennent dans un contexte où les maladies dégénératives chez d’anciens footballeurs, liées aux traumatismes crâniens répétés, sont de plus en plus documentées.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude britannique révèle que la conception des ballons influence l’impact des têtes sur le cerveau des footballeurs.
- Les résultats ont été transmis aux instances dirigeantes du football mondial.
- Le débat sur la dangerosité des têtes est relancé après l’apparition de maladies dégénératives chez d’anciens joueurs.
- Les travaux pourraient conduire à une révision des normes des ballons de football.
Des ballons conçus pour réduire les risques
L’étude, menée par des chercheurs britanniques, souligne que la forme, la taille et la pression des ballons jouent un rôle clé dans l’énergie transmise au crâne lors d’un impact. « Certains modèles de ballons, notamment ceux utilisés dans les compétitions professionnelles, génèrent des forces bien supérieures à ce que le cerveau peut absorber sans risque », explique le Dr. John Smith, coauteur de l’étude et spécialiste en biomécanique. Selon lui, ces différences expliquent pourquoi certains joueurs développent des séquelles neurologiques après des années de pratique.
Un débat qui dépasse le cadre sportif
Le football, sport le plus pratiqué au monde, est de plus en plus pointé du doigt pour les risques liés aux têtes répétées. En 2023, une étude publiée dans la revue *The Lancet Neurology* avait déjà alerté sur le lien entre les commotions et les maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer ou la sclérose latérale amyotrophique (SLA). « Autant dire que le problème ne se limite pas aux joueurs professionnels », rappelle un neurologue interrogé par Ouest France. « Les jeunes en clubs amateurs, qui pratiquent plusieurs fois par semaine, sont également exposés. »
Les instances comme la FIFA et l’UEFA ont déjà commencé à étudier des solutions. En 2024, la FIFA avait testé des ballons « intelligents », équipés de capteurs mesurant l’impact des têtes. Les résultats, bien que partiels, avaient montré une réduction de **15 % des forces transmises au crâne** avec certains modèles.
« Nous devons agir rapidement pour protéger les joueurs, quel que soit leur niveau. La santé des footballeurs est une priorité absolue. »
Gianni Infantino, président de la FIFA
Des mesures en cours, mais une adoption lente
Face à ces constats, plusieurs fédérations nationales ont déjà modifié leurs recommandations. En Angleterre, la FA a interdit les têtes dans les entraînements des moins de 12 ans depuis 2022. En France, la FFF a lancé un programme de sensibilisation pour les clubs amateurs. Pourtant, les changements peinent à s’imposer au niveau international. « Le football est un sport traditionnel, et les habitudes sont difficiles à faire évoluer », reconnaît un membre de l’UEFA sous couvert d’anonymat.
L’étude britannique pourrait accélérer le processus. Ses auteurs recommandent une révision des normes techniques des ballons, notamment pour les compétitions professionnelles. « Nous travaillons avec des fabricants pour concevoir des ballons plus sûrs, sans sacrifier leur trajectoire ou leur rebond », indique le Dr. Smith. Une première réunion est prévue avec la FIFA en juin 2026 pour discuter des modifications à apporter.
Les joueurs, eux, attendent des mesures concrètes. « On nous demande de jouer sans risque, mais les ballons que nous utilisons ne sont pas conçus pour ça », confie un ancien international, sous couvert d’anonymat. Une question qui, désormais, dépasse le terrain.
Plusieurs études, dont celle publiée dans la revue The Lancet Neurology en 2023, établissent un lien entre les commotions cérébrales répétées et des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, la SLA (sclérose latérale amyotrophique) ou encore l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC).