Plus de la moitié des petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que des entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France ont été confrontées à au moins une tentative de fraude au cours de l’année écoulée. C’est ce que révèle une enquête publiée ce mardi 16 juin par Allianz Trade, spécialiste du crédit et de l’assurance-crédit, et rapportée par Libération.
Ce qu'il faut retenir
- 54 % des PME et ETI françaises ont subi au moins une tentative de fraude en 2025-2026, selon l’enquête d’Allianz Trade.
- L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée par les fraudeurs pour automatiser et sophistiquer leurs attaques.
- Les méthodes les plus courantes incluent les faux fournisseurs, les escroqueries aux virements et les usurpations d’identité.
L’étude, dont les résultats ont été dévoilés ce 16 juin, met en lumière une hausse significative des tentatives de fraude visant les entreprises françaises. Allianz Trade, qui a interrogé un panel représentatif de PME et d’ETI, indique que 54 % d’entre elles ont été confrontées à au moins une tentative au cours des douze derniers mois. Un chiffre qui témoigne d’une accélération des menaces, dans un contexte où les méthodes des fraudeurs se complexifient, notamment avec l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle.
Parmi les entreprises touchées, 42 % déclarent avoir subi des pertes financières directes, bien que le montant moyen de ces pertes reste difficile à évaluer précisément. Les secteurs les plus exposés sont ceux du commerce de détail, de la construction et des services aux entreprises, où les flux financiers sont fréquents et parfois moins protégés.
Des fraudes de plus en plus sophistiquées grâce à l’IA
Les auteurs de ces fraudes s’appuient désormais sur des outils technologiques avancés. Selon Allianz Trade, 38 % des tentatives recensées impliquent l’utilisation de l’IA, que ce soit pour générer des faux emails, imiter la voix de dirigeants ou automatiser des processus d’usurpation d’identité. « Les fraudeurs exploitent les failles des systèmes de sécurité, mais aussi la méconnaissance des équipes face à des techniques de plus en plus réalistes », a expliqué Maxime Picat, expert en cybersécurité chez Allianz Trade, cité par Libération.
Les méthodes les plus répandues restent les escroqueries aux faux fournisseurs, où des fraudeurs se font passer pour des partenaires commerciaux légitimes, ainsi que les arnaques aux virements, où des employés sont incités à transférer des fonds vers des comptes frauduleux. Une autre technique en hausse est l’usurpation de l’identité de dirigeants, via des emails ou des appels téléphoniques imitant leur voix grâce à des logiciels de synthèse vocale.
Un coût croissant pour les entreprises, malgré les mesures de prévention
Face à cette recrudescence, les entreprises tentent de renforcer leurs dispositifs de sécurité. Pourtant, 65 % d’entre elles reconnaissent ne pas disposer de protocoles suffisants pour détecter et contrer ces fraudes modernes. Les petites structures, souvent moins armées que les grandes entreprises, sont particulièrement vulnérables. « On observe une prise de conscience, mais les ressources allouées à la lutte contre la fraude restent limitées pour beaucoup de PME », a souligné Picat.
Les assureurs et les experts en cybersécurité recommandent désormais une combinaison de formations pour les employés, de vérifications systématiques des coordonnées bancaires et de l’utilisation de solutions technologiques dédiées. Certains outils, comme les logiciels d’analyse des comportements anormaux ou les systèmes de double validation pour les virements, commencent à se généraliser, mais leur adoption reste inégale selon la taille des entreprises.
En attendant, les experts appellent les dirigeants à ne pas sous-estimer la menace. « La vigilance doit être constante, car les fraudeurs s’adaptent en temps réel », a rappelé Picat. Une recommandation qui s’applique à toutes les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité.
Les trois méthodes les plus courantes sont les escroqueries aux faux fournisseurs (32 %), les fraudes aux virements (28 %) et l’usurpation d’identité des dirigeants (22 %), selon Allianz Trade. Ces techniques sont souvent automatisées grâce à l’IA.