Le Groupe d’action financière (GAFI) a annoncé ce vendredi 19 juin 2026, à l’issue d’une réunion plénière à Paris, avoir retiré l’Algérie et la Namibie de sa liste grise des pays sous surveillance renforcée pour lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En revanche, la Bosnie-Herzégovine et l’Irak y ont été ajoutées, selon Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- L’Algérie et la Namibie sont sorties de la liste grise du GAFI après avoir renforcé leurs dispositifs contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
- La Bosnie-Herzégovine et l’Irak rejoignent la liste grise en raison de lacunes persistantes dans leur système de supervision financière.
- Trois pays restent inscrits sur la liste noire du GAFI : l’Iran, la Corée du Nord et la Birmanie.
- La Birmanie doit notamment renforcer ses mesures contre les fraudes en ligne et la traite des êtres humains liée à des groupes criminels.
- La présidente du GAFI, Elisa de Anda Madrazo, a salué les « avancées » de l’Algérie et de la Namibie, tout en soulignant les efforts attendus de la Bosnie-Herzégovine et de l’Irak.
Le GAFI a également maintenu trois pays sur sa liste noire, celle des « juridictions à haut risque soumises à un appel à l’action » : l’Iran, la Corée du Nord et la Birmanie. Concernant cette dernière, le GAFI a appelé à « prendre les mesures appropriées en lien avec les activités de fraude et d’escroquerie en ligne, qui restent très répandues et présentent des risques importants de financement illicite ». La Birmanie doit par ailleurs « accorder l’attention nécessaire aux victimes de la traite par des groupes criminels », précise le communiqué du GAFI.
L’Algérie et la Namibie saluées pour leurs progrès
Pour l’Algérie, le GAFI a mis en avant ses « avancées » en matière de « supervision fondée sur les risques, de transparence de la propriété effective et de sanctions financières ciblées ». La présidente du GAFI, Elisa de Anda Madrazo, a particulièrement salué ces efforts lors de la conférence de presse à Paris. De son côté, la Namibie a été reconnue pour ses progrès dans « la supervision fondée sur les risques des secteurs financiers et non financiers », ainsi que pour ses enquêtes et poursuites « relatives à des affaires graves et complexes de blanchiment d’argent ».
Ces retraits de la liste grise s’inscrivent dans une dynamique de reconnaissance des réformes engagées par ces deux pays, qui avaient été placés sous surveillance renforcée en raison de faiblesses dans leur système de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Selon les critères du GAFI, les pays de la liste grise sont ceux qui se sont engagés à résoudre des lacunes stratégiques dans leur système financier, mais qui nécessitent un suivi accru.
Bosnie-Herzégovine et Irak : des lacunes persistantes
Concernant la Bosnie-Herzégovine, le GAFI a estimé que « des travaux sont nécessaires pour renforcer ses défenses contre les criminels et les terroristes qui abusent de son système financier ». Le rapport souligne notamment la nécessité de « garantir une supervision efficace du secteur bancaire », un point crucial pour éviter que le pays ne devienne une plateforme pour des flux financiers illicites. Le GAFI a également pointé du doigt l’absence de mécanismes suffisants pour tracer les transactions suspectes et sanctionner les acteurs malveillants.
Pour l’Irak, le GAFI a jugé que « des mesures étaient nécessaires pour faire face aux risques liés aux espèces, accroître les enquêtes sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et améliorer l’utilisation des informations financières ». Le pays, qui a rejoint la liste grise, doit ainsi renforcer ses capacités d’analyse des flux financiers et mieux coopérer avec les autorités internationales. Malgré ces défis, la présidente du GAFI a indiqué avoir « reçu cette semaine de forts signaux politiques » de la part de ces deux pays, « indiquant qu’ils sont déterminés à apporter les changements nécessaires pour renforcer leurs défenses ».
« Nous avons reçu de forts signaux politiques de la part de la Bosnie-Herzégovine et de l’Irak, indiquant qu’ils sont déterminés à apporter les changements nécessaires pour renforcer leurs défenses. »
— Elisa de Anda Madrazo, présidente du GAFI
La Birmanie sous surveillance accrue
La Birmanie, déjà inscrite sur la liste noire du GAFI, reste sous haute surveillance en raison de son système financier jugé particulièrement vulnérable. Le GAFI a pointé du doigt la persistance de fraudes et d’escroqueries en ligne, qui représentent un risque majeur de financement illicite. En outre, le pays doit « accorder l’attention nécessaire aux victimes de la traite par des groupes criminels », un fléau qui touche particulièrement la région. Ces faiblesses structurelles expliquent pourquoi la Birmanie figure toujours parmi les juridictions les plus à risque, aux côtés de l’Iran et de la Corée du Nord.
L’Iran et la Corée du Nord, quant à eux, restent sous le coup de sanctions internationales et de mesures strictes en raison de leur refus de coopérer pleinement avec le GAFI. Leur présence sur la liste noire reflète des manquements graves dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, ainsi qu’un isolement politique et économique marqué.
La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme reste un enjeu majeur pour la stabilité financière mondiale. Les décisions du GAFI, prises lors de cette réunion de juin 2026, illustrent à la fois les progrès réalisés par certains pays et les défis persistants pour d’autres. Alors que l’Algérie et la Namibie voient leur travail reconnu, la Bosnie-Herzégovine et l’Irak devront fournir des efforts soutenus pour se conformer aux normes internationales. Quant à la Birmanie, son maintien sur la liste noire rappelle que les réformes structurelles sont longues et complexes, surtout dans un contexte de crises politiques et économiques prolongées.
La liste grise du GAFI désigne les pays sous surveillance renforcée en raison de lacunes stratégiques dans leur système de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces pays s’engagent à résoudre ces faiblesses sous peine de basculer sur la liste noire, qui entraîne des sanctions internationales.
Pour sortir de la liste grise, un pays doit démontrer des progrès significatifs dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI, notamment en matière de transparence financière, de supervision bancaire et de coopération internationale. Une évaluation par les pairs est ensuite réalisée pour valider ces avancées.