Multimillionnaire reconverti en militant pour une répartition plus juste des richesses, Gary Stevenson alimente depuis deux ans une chaîne YouTube dédiée à la critique des mécanismes financiers et à la dénonciation des excès de la finance mondiale. Selon Libération, cet ancien trader londonien, aujourd’hui âgé de 38 ans, utilise sa notoriété pour sensibiliser le grand public aux dérives du système économique actuel.
Ce qu'il faut retenir
- Ancien trader millionnaire à la City de Londres, Gary Stevenson a accumulé une fortune avant de quitter le secteur pour se consacrer à la lutte contre les inégalités économiques.
- Il diffuse depuis 2024 une chaîne YouTube suivie par plus de 150 000 abonnés, où il décrypte les rouages de la finance et plaide pour une fiscalité plus progressive.
- Dans ses vidéos, il dénonce notamment les écarts de revenus entre les traders et le reste de la population, évoquant des bonus annuels dépassant parfois les millions d’euros.
- Gary Stevenson a également écrit un livre, Betting the House, publié en 2025, où il raconte son parcours et ses prises de conscience.
Un parcours atypique, entre succès financier et remise en question
Gary Stevenson a fait ses armes dans l’un des plus prestigieux fonds d’investissement de la City, où il a rapidement gravi les échelons. Selon ses propres déclarations, il a touché des rémunérations annuelles à six chiffres dès ses trente ans, un niveau de revenus inaccessible pour la majorité des Britanniques. Pourtant, c’est précisément cette opulence qui l’a conduit à interroger les fondements d’un système où une infime minorité concentre l’essentiel des richesses, tandis que les salaires moyens stagnent. « J’ai réalisé que je faisais partie du problème », a-t-il confié lors d’une interview accordée au Financial Times en janvier 2026. Il a donc quitté son poste en 2023 pour se lancer dans un nouveau combat : rendre accessible la critique de la finance.
Son engagement s’est matérialisé par la création d’une chaîne YouTube, baptisée « The Wealth Gap », où il aborde des sujets comme la fiscalité des ultra-riches, les paradis fiscaux ou encore l’impact des algorithmes de trading sur les marchés. Autant dire que ses prises de position tranchent avec le discours dominant dans la finance britannique, où le culte du profit rapide reste la norme. Ses vidéos, souvent didactiques, mélangent données chiffrées et anecdotes personnelles, ce qui lui vaut une audience croissante auprès des jeunes actifs et des étudiants en économie.
Une critique ciblée des mécanismes de la richesse
Parmi les thèmes récurrents de Gary Stevenson figure la fiscalité. Il souligne que les traders comme lui bénéficient de régimes dérogatoires, comme le « non-dom status », qui permet aux expatriés fortunés de ne payer des impôts que sur leurs revenus britanniques. Un dispositif qu’il qualifie de « scandaleux » dans une vidéo publiée en mars 2026, intitulée « Pourquoi les riches ne paient-ils pas leur juste part ? ». Selon ses calculs, un trader comme lui pourrait, grâce à ces optimisations, réduire son taux d’imposition effectif à moins de 20 %, contre plus de 40 % pour un salarié moyen.
Il cible également les bonus versés dans la finance, souvent bien supérieurs aux salaires de base. En 2025, les traders de la City ont perçu en moyenne des bonus de 120 000 livres sterling, selon la Bank of England. « Ces sommes ne sont pas liées à la performance réelle, mais à la capacité à prendre des risques avec l’argent des autres », a-t-il expliqué lors d’un débat organisé par Sky News. Son discours trouve un écho particulier dans un contexte où le Royaume-Uni traverse une crise du coût de la vie, avec une inflation persistante depuis 2022.
Parallèlement, sa chaîne YouTube continue de grossir, portée par une génération en quête d’alternatives face à un modèle économique qu’elle juge de plus en plus injuste. Pour l’heure, Gary Stevenson assume pleinement son rôle de lanceur d’alerte, même si cela lui vaut des critiques de la part de certains de ses anciens collègues. « Je ne demande pas la charité, mais la justice », résume-t-il dans une récente tribune publiée par The Guardian.