Deux ans après avoir saisi la Cour internationale de justice (CIJ) dans le cadre de la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, l’Afrique du Sud a déposé un nouveau rapport le 25 août 2026, accusant Israël de ne pas se conformer aux ordonnances émises par l’institution judiciaire internationale.
Ce qu'il faut retenir
- L’Afrique du Sud a transmis un rapport à la CIJ le 25 août 2026, deux ans après son premier recours.
- Pretoria estime qu’Israël ne respecte pas les mesures provisoires ordonnées par la CIJ en janvier 2024.
- Ces ordonnances concernaient notamment la protection des populations civiles à Gaza.
- Le conflit à Gaza, qui s’est intensifié depuis octobre 2023, reste au cœur des tensions juridiques internationales.
- La CIJ avait été saisie par l’Afrique du Sud en décembre 2023 dans le cadre de la convention sur le génocide.
Un rapport déposé deux ans après la saisine initiale
Comme le rapporte Le Monde, l’Afrique du Sud a transmis un nouveau document à la Cour internationale de justice le 25 août 2026, soit deux ans après avoir saisi l’institution pour la première fois. Ce recours s’inscrivait dans le cadre de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée en 1948. L’État sud-africain avait alors accusé Israël de commettre des actes pouvant relever de ce crime, en particulier dans le contexte de l’offensive militaire à Gaza.
Dans ce nouveau rapport, Pretoria réitère ses accusations et affirme qu’Israël ne respecte pas les ordonnances provisoires que la CIJ avait émises en janvier 2024. Ces mesures, prises en urgence, visaient à protéger les populations civiles palestiniennes des risques de famine, de destruction d’infrastructures médicales et de violences massives.
Les ordonnances de la CIJ toujours ignorées, selon Pretoria
Selon nos confrères du Monde, l’Afrique du Sud souligne dans son rapport que les mesures imposées par la CIJ il y a près de trois ans n’ont pas été appliquées par Israël. Parmi les principales exigences figuraient l’arrêt des hostilités, l’accès à l’aide humanitaire et la préservation des preuves de possibles violations du droit international.
Le gouvernement sud-africain affirme que les violations persistent, notamment en matière de protection des civils. « Les ordonnances de la CIJ sont claires, et leur non-respect aggrave la crise humanitaire à Gaza », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain, cité par Le Monde.
Un conflit qui s’enlise et des tensions juridiques qui persistent
Le conflit à Gaza, déclenché après les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas, s’est transformé en une crise humanitaire majeure. Selon les dernières estimations de l’ONU, plus de 40 000 Palestiniens ont été tués depuis le début des opérations militaires israéliennes, tandis que des centaines de milliers de personnes souffrent de malnutrition et de manque d’accès aux soins.
Dans ce contexte, la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la CIJ avait marqué un tournant dans les tensions diplomatiques. En décembre 2023, Pretoria avait demandé à la Cour d’ordonner à Israël de « suspendre immédiatement ses opérations militaires » à Gaza, une demande partiellement rejetée, mais dont certaines mesures provisoires avaient été retenues.
Reste à voir si la CIJ décidera d’ordonner de nouvelles mesures contraignantes, ou si elle se contentera de rappeler à l’ordre les parties en présence. Une chose est sûre : la question de la responsabilité juridique d’Israël dans le conflit continue de diviser la communauté internationale.
Parmi les mesures ordonnées par la CIJ en janvier 2024, l’Afrique du Sud reproche à Israël de ne pas avoir mis fin aux hostilités, de ne pas garantir l’accès à l’aide humanitaire pour les civils palestiniens et de ne pas préserver les preuves de possibles violations du droit international.