Alors que les hostilités à Gaza se poursuivent sans relâche, la question de l’abandon des populations civiles palestiniennes resurgit dans le débat public. Dans une tribune publiée par Libération, l’auteure Mary Costello dénonce l’inaction internationale face aux souffrances endurées par les Palestiniens, alors même que des accusations de crimes de guerre persistent contre l’État israélien. « Comment peut-on abandonner une population, à laquelle sont infligées des souffrances indicibles, tandis que le génocide se poursuit, et qu’Israël jouit d’une totale impunité ? » s’interroge l’auteure.
Ce qu'il faut retenir
- Des crimes de guerre sont régulièrement signalés dans la bande de Gaza depuis le début du conflit en octobre 2023.
- Les Nations unies et plusieurs ONG dénoncent une impunité totale d’Israël dans les instances internationales.
- Plus de 35 000 Palestiniens ont été tués depuis le début des hostilités, selon les autorités locales.
- Les États-Unis maintiennent leur soutien militaire à Israël, malgré les critiques sur la stratégie de l’armée israélienne.
- La Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre des dirigeants du Hamas, mais aucune procédure n’a été engagée contre des responsables israéliens.
Un bilan humain toujours plus lourd
Depuis le 7 octobre 2023, date du début du conflit actuel, les frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont causé la mort de plus de 35 000 Palestiniens, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza. Les destructions massives d’infrastructures civiles, combinées à l’effondrement des systèmes de santé et d’approvisionnement en eau, aggravent chaque jour la crise humanitaire. Libération rappelle que ces chiffres sont contestés par Israël, qui évoque des pertes militaires et des victimes collatérales dans des zones de combat.
Les Nations unies et plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont documenté des cas de bombardements ciblant des civils, des destructions d’hôpitaux et d’écoles, ainsi que des restrictions délibérées à l’aide humanitaire. Ces pratiques, si elles étaient avérées, pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.
L’impunité d’Israël au cœur des tensions diplomatiques
Malgré les appels répétés de l’ONU et de plusieurs pays à suspendre les ventes d’armes à Israël, les États-Unis, principal allié militaire de Tel-Aviv, ont maintenu leur soutien. En février 2026, le président américain a même signé un nouveau paquet d’aide militaire d’un montant de 14 milliards de dollars, malgré les critiques de certains membres du Congrès. « Les États-Unis se rendent complices de ces crimes en continuant à fournir un soutien inconditionnel à Israël », dénonce Mary Costello dans sa tribune.
Côté européen, les positions restent divisées. La France et l’Allemagne, tout en appelant à un cessez-le-feu, ont refusé de suspendre leurs livraisons d’armes. Le ministre français des Affaires étrangères a justifié cette position par la nécessité de « garantir la sécurité d’Israël ». En revanche, l’Espagne et l’Irlande ont adopté des résolutions symboliques pour condamner les actions israéliennes à Gaza.
La Cour pénale internationale face à ses limites
En mars 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre trois dirigeants du Hamas, dont le chef Yahya Sinwar, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pourtant, aucun mandat n’a été délivré à ce jour contre des responsables israéliens, malgré les enquêtes ouvertes par le procureur de la CPI, Karim Khan. Libération souligne que cette inaction s’explique en partie par le refus d’Israël de reconnaître la compétence de la Cour, ainsi que par le veto américain au Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette absence de poursuites contre Israël alimente les accusations d’une justice à deux vitesses. « Tant que les puissants bénéficieront de l’impunité, les populations civiles continueront de payer le prix de cette guerre », écrit Mary Costello. Les ONG palestiniennes, comme Al-Haq, réclament depuis des années la saisine de la CPI contre des responsables israéliens, sans succès pour l’instant.
Dans ce contexte, la tribune publiée par Libération relance le débat sur la responsabilité des États dans la protection des populations civiles en temps de guerre. Alors que les négociations de paix restent au point mort, la question de l’impunité israélienne et du soutien occidental à Tel-Aviv continue de diviser la communauté internationale.
Les détracteurs d’Israël, dont Mary Costello dans sa tribune pour Libération, soulignent principalement les frappes disproportionnées sur des zones civiles, les destructions massives d’infrastructures (hôpitaux, écoles, réseaux d’eau), ainsi que le blocus imposé à Gaza depuis 2007, aggravé par la guerre. Ils dénoncent également l’absence de poursuites contre des responsables israéliens malgré les enquêtes de l’ONU et de la CPI, et le soutien militaire continu des États-Unis.