Depuis quelques années, les initiatives visant à lutter contre la surconsommation et le gaspillage se multiplient en France. L’une d’elles, portée par la plateforme en ligne Geev, a pris une forme concrète ce vendredi 23 mai 2026 avec l’inauguration d’une boutique éphémère à Fréjus, dans le Var. Selon Le Figaro, ce magasin entièrement gratuit, installé dans une galerie marchande, propose vêtements, objets de décoration et petits électroménagers. Tous ces articles ont été donnés par les habitants de la région les jours précédents, une opération qui s’inscrit dans la mission de l’entreprise : encourager le réemploi et la consommation responsable.
Ce qu'il faut retenir
- Une boutique gratuite ouverte à Fréjus (Var) le 23 mai 2026, proposant vêtements, décoration et petit électroménager — tous les articles ont été donnés par les habitants locaux, selon Le Figaro.
- Pour accéder au magasin, il faut posséder un compte sur l’application Geev et respecter une limite de cinq objets maximum par visite.
- Geev, plateforme d’économie circulaire créée en 2017, revendique plus de 55 millions d’objets** échangés depuis sa création, soit une économie estimée à 170 millions d’euros de pouvoir d’achat et 341 000 tonnes de CO₂** évitées.
- L’entreprise a levé 4,5 millions d’euros** début 2024 pour développer son offre auprès des professionnels et éviter que des invendus ne finissent jetés.
Une initiative locale pour répondre à un enjeu national
Fréjus n’est pas la première ville à accueillir ce type de magasin gratuit. Geev mise sur des boutiques éphémères pour sensibiliser le public à son modèle économique, basé sur le don et l’échange d’objets entre particuliers. Selon Le Figaro, chaque année en France, neuf millions de tonnes d’objets encore utilisables sont jetées** par les ménages. Parallèlement, les invendus non alimentaires représentent un coût de quatre milliards d’euros** pour les commerces, un gaspillage que l’entreprise entend combattre. « Choisir un objet plutôt que de l’acheter neuf, c’est aussi une façon de réduire son empreinte écologique », précise la plateforme.
Pour participer, les visiteurs doivent s’inscrire sur l’application Geev et indiquer une distance de recherche (de 1 à 50 kilomètres). L’application permet ensuite de réserver un objet avant de venir le récupérer, évitant ainsi des déplacements inutiles. Le catalogue inclut aussi bien des vêtements que des puzzles, des meubles, de la nourriture ou des outils, reflétant la diversité des dons reçus.
Geev, une croissance soutenue par l’économie circulaire
Fondée en 2017, Geev a progressivement étendu son influence. Selon Le Figaro, la plateforme revendique aujourd’hui 55 millions d’objets** échangés entre particuliers, ce qui aurait permis d’économiser 170 millions d’euros** de pouvoir d’achat et d’éviter l’émission de 341 000 tonnes de CO₂**. Ces chiffres illustrent l’impact concret d’une économie moins linéaire, où le réemploi prime sur la production de masse. En février 2024, l’entreprise a levé 4,5 millions d’euros** auprès d’investisseurs pour accélérer son développement, notamment en ciblant les professionnels du commerce de détail.
Cette levée de fonds doit permettre à Geev de proposer des solutions aux entreprises souhaitant donner leurs invendus plutôt que de les jeter. « Ces fonds nous donnent les moyens d’accélérer la croissance de notre communauté et de continuer à rêver grand », a déclaré Hakim Baka**, cofondateur de Geev, dans un communiqué. L’objectif est clair : généraliser le modèle à l’échelle nationale, voire européenne, en s’appuyant sur la bonne volonté des particuliers et des commerçants.
Un modèle qui s’inscrit dans une dynamique politique plus large
L’initiative de Geev s’inscrit dans un contexte où le réemploi et la lutte contre le gaspillage deviennent des priorités politiques. Le 23 mai 2026, Emmanuel Macron devait se rendre au salon REuse Economy** à Paris pour présider un Conseil de planification écologique (CPE). Selon l’Élysée**, la France, l’un des plus gros consommateurs de plastique en Europe, paie chaque année près de 1,5 milliard d’euros** de pénalités à l’Union européenne pour non-respect des taux de recyclage. Un des leviers envisagés est la consigne sur les bouteilles en plastique, avec un objectif de 90 % de collecte d’ici 2029** — contre 50 % aujourd’hui.
Cette volonté politique rejoint les objectifs de Geev, même si l’entreprise agit à une échelle individuelle plutôt que réglementaire. « Le réemploi est une pratique qui monte en puissance, et les initiatives comme la nôtre montrent que des alternatives existent déjà », souligne un porte-parole de Geev. Autant dire que le modèle de la plateforme pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur, à l’heure où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’impact environnemental de leurs achats.
Ce type d’initiative rappelle que les solutions existent pour réduire le gaspillage, à condition de les adopter massivement. Alors que les débats sur la consigne et le recyclage s’intensifient, des acteurs comme Geev prouvent qu’une économie plus circulaire est possible — à condition de s’en donner les moyens.
L’application permet de rechercher des objets disponibles dans un rayon de 1 à 50 kilomètres autour de soi. Les utilisateurs peuvent « réserver » un article avant de se déplacer pour le récupérer. Une fois sur place, ils doivent présenter leur profil pour accéder à la boutique gratuite, avec une limite de cinq objets maximum par visite.
La plateforme propose un large éventail d’articles : vêtements, meubles, électroménager, nourriture, outils, livres, et même des objets de décoration. Les particuliers et les entreprises peuvent y déposer leurs invendus ou objets inutilisés, qui sont ensuite mis à disposition gratuitement des autres utilisateurs.