Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a annoncé, jeudi 21 mai 2026, la composition de son nouveau gouvernement, marquant ainsi la continuité avec l’équipe sortante après la clôture du cycle électoral et l’installation de la nouvelle Assemblée nationale. Comme le rapporte RFI, le chef de l’État a maintenu sa confiance au Premier ministre Félix Moloua, en fonction depuis 2022, confirmant ainsi une stabilité institutionnelle malgré le renouvellement des institutions. L’exécutif, composé de 32 membres — dont 4 ministres d’État, 26 ministres et 2 ministres délégués — reste largement identique à celui qui l’a précédé.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président Faustin-Archange Touadéra a remanié son gouvernement le 21 mai 2026 après les élections et l’installation de la nouvelle Assemblée nationale.
  • Félix Moloua, Premier ministre depuis 2022, est reconduit à son poste pour assurer la continuité institutionnelle.
  • Le nouveau gouvernement compte 32 membres, dont 4 ministres d’État et 26 ministres, avec une équipe presque inchangée.

Ce remaniement intervient dans un contexte politique marqué par la fin du cycle électoral et l’entrée en fonction des nouveaux députés. Selon RFI, cette décision s’inscrit dans une logique de stabilité, alors que la Centrafrique tente de consolider ses institutions après des années de crise. Le gouvernement Moloua avait déjà été reconduit en 2024, et cette nouvelle composition confirme la préférence du président pour une équipe expérimentée, malgré les critiques sur la gestion de la transition démocratique.

Parmi les figures maintenues figurent plusieurs ministres clés, comme Antoine Kemkona, ministre des Affaires étrangères, ou Gilbert Mokome, ministre de la Défense, deux portefeuilles sensibles dans un pays encore fragilisé par des tensions internes. Selon RFI, seulement deux ou trois changements mineurs ont été opérés, principalement pour ajuster les portefeuilles en fonction des nouvelles priorités parlementaires. Le ministère de l’Économie et des Finances, par exemple, pourrait voir ses attributions élargies pour accompagner la relance post-crise.

Cette continuité reflète aussi la volonté du président Touadéra de limiter les remous politiques dans un pays où les divisions persistent. Depuis son élection en 2016, puis sa réélection en 2020 malgré des contestations, il a régulièrement privilégié des gouvernements stables, quitte à écarter des réformes structurelles attendues par une partie de la population. Comme le précise RFI, cette stratégie vise à éviter une nouvelle crise politique alors que l’opposition, bien que fragmentée, continue de dénoncer un manque de transparence dans la gestion publique.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient révéler si cette stabilité apparente se traduira par des avancées concrètes, notamment sur les plans sécuritaire et économique. La nouvelle Assemblée, élue en mars 2026, devra rapidement voter les lois de finances et les réformes attendues, comme celle de la décentralisation. Pour l’instant, le gouvernement Moloua reste sous surveillance, alors que des groupes armés actifs dans le nord du pays maintiennent une pression sur les autorités. Une réunion de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), prévue en juin 2026, pourrait également relancer les discussions sur un soutien régional accru.

Cette composition gouvernementale, bien que largement attendue, soulève des questions sur la capacité des autorités à répondre aux défis sociaux persistants. Avec un taux de pauvreté dépassant les 70 % et une insécurité chronique, la Centrafrique reste dépendante de l’aide internationale, notamment celle de la Russie et de l’Union européenne. La société civile centrafricaine, elle, continue de réclamer des mesures fortes pour lutter contre la corruption et améliorer l’accès aux services de base. Comme l’a rappelé RFI, la communauté internationale observe de près cette transition, espérant que la stabilité politique permettra enfin de lancer des projets concrets de développement.

Les priorités immédiates incluent la relance économique, la lutte contre l’insécurité persistante dans plusieurs régions, et la mise en œuvre des réformes promises, comme la décentralisation. Le gouvernement devra également gérer les tensions avec les groupes armés et répondre aux attentes sociales, dans un contexte de pauvreté extrême et de dépendance à l’aide internationale.