Les deux leaders européens de l’autopartage, Getaround (ex-Drivy) et GoMore, ont annoncé leur fusion pour former le premier réseau transcontinental de location de voitures entre particuliers. Selon BFM Business, cette union crée une entité capable de rivaliser avec les plus grands acteurs du secteur, avec une présence dans onze pays, 5 millions d’utilisateurs et un chiffre d’affaires annuel prévisionnel dépassant les 50 millions d’euros.

Ce qu'il faut retenir

  • Une fusion entre Getaround Europe et GoMore, deux pionniers de l’autopartage entre particuliers en Europe.
  • Le nouvel ensemble couvre onze pays, avec 5 millions d’utilisateurs et près de 70 000 véhicules actifs.
  • Un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de plus de 50 millions d’euros, avec environ 1,5 million de locations par an.
  • GoMore rachète Getaround Europe, dont les activités aux États-Unis ont fermé en 2025.
  • Les deux plateformes devraient coexister dans un premier temps, avant une intégration technique progressive.

Un mariage stratégique entre deux pionniers de l’autopartage

Getaround Europe, filiale européenne du groupe américain Getaround Inc., et GoMore, spécialiste scandinave de l’autopartage, officialisent leur rapprochement après des mois de négociations. Selon le communiqué conjoint, cette fusion donne naissance au premier réseau paneuropéen de location de voitures entre particuliers, avec une couverture géographique inédite. Getaround Europe, qui avait racheté Drivy en 2019, domine déjà le marché français et est fortement implanté en Europe de l’Ouest, notamment en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Norvège et en Autriche. De son côté, GoMore, basé à Copenhague, est présent au Danemark, en Suède, en Finlande, en Estonie, en Suisse et en Autriche, ainsi qu’en Espagne sous la marque Amovens.

Le nouvel ensemble, dont le siège reste basé à Paris, compte désormais près de 70 000 véhicules actifs et 1,5 million de locations annuelles. Les deux plateformes devraient coexister dans un premier temps, offrant aux utilisateurs une expérience unifiée à l’échelle européenne. L’objectif affiché est de créer un maillage sans couture, permettant aux locataires de retrouver leurs habitudes de réservation « sans clé » dans tous les pays couverts, via des applications connectées.

Un modèle économique agile face aux acteurs traditionnels

Cette fusion intervient dans un contexte où le secteur de l’autopartage connaît des bouleversements majeurs. Contrairement aux flottes professionnelles gérées par des constructeurs ou des acteurs publics — comme Autolib’ à Paris ou Zity (Renault) à Milan et Madrid, qui ont abandonné leurs activités face aux coûts élevés de maintenance — le modèle « peer-to-peer » (entre particuliers) s’impose comme une alternative rentable. « L’autopartage est déjà fortement adopté par les Européens, notamment dans les zones urbaines où il s’avère être une véritable alternative à la possession d’une voiture », souligne le communiqué.

En ne possédant aucun véhicule, ces plateformes évitent les lourdes charges liées à la propriété tout en offrant une flexibilité maximale. Cette agilité leur permet de se positionner comme des concurrents redoutables face aux loueurs traditionnels (Sixt, Europcar) ou aux acteurs publics, qui tentent désormais de digitaliser leur offre pour s’approcher de l’expérience de l’autopartage. Le modèle « Airbnb de la voiture » semble ainsi avoir trouvé sa rentabilité, après des années de tests et d’ajustements.

Une concurrence accrue sur un marché en pleine expansion

Le nouveau géant issu de la fusion de Getaround et GoMore va devoir affronter des rivaux déjà bien établis. Le principal d’entre eux est Turo, l’américain qui a racheté le français Ouicar en 2022 et qui reste le leader mondial de la location entre particuliers. À ses côtés, des acteurs historiques comme Communauto, présent dans plusieurs villes françaises avec un modèle de boucle (départ et retour au même endroit), ou Citiz, un réseau coopératif populaire dans certaines régions, tenteront de résister à cette nouvelle concurrence.

Les loueurs traditionnels, conscients de l’attrait croissant pour l’autopartage, multiplient les initiatives pour digitaliser leur offre. Sixt et Europcar, par exemple, développent des solutions hybrides mêlant flottes professionnelles et options entre particuliers. Cette convergence des modèles pourrait intensifier la bataille pour capter une clientèle de plus en plus sensible à la flexibilité et au coût.

Une gouvernance partagée et des ambitions européennes

La direction du futur groupe sera dirigée conjointement par Matias Møl Dalsgaard, actuel directeur général de GoMore, et Marie Reboul, qui prendra la tête des marchés européens issus de Getaround, dont la France — premier marché de l’entité combinée. Cette cohabitation reflète l’équilibre des forces entre les deux entités, tout en préparant une intégration progressive des équipes et des technologies.

Le communiqué insiste sur la volonté de créer une plateforme unifiée, où les utilisateurs pourront accéder à un parc de véhicules varié et connecté, quel que soit leur pays de résidence. « L’autopartage connecté permet aux locataires d’ouvrir les véhicules directement depuis leur smartphone », rappelle le document. Cette fonctionnalité, déjà opérationnelle chez Getaround et GoMore, devrait être étendue à l’ensemble du réseau dans les mois à venir.

Et maintenant ?

Les deux entreprises prévoient une phase de transition d’au moins six mois, durant laquelle les plateformes devraient coexister avant une intégration technique complète. D’ici la fin de l’année 2026, les utilisateurs pourraient bénéficier d’une interface unique, permettant de réserver un véhicule en France comme en Suède ou en Espagne sans changer d’application. Les prochaines étapes incluront également des discussions avec les régulateurs locaux pour harmoniser les conditions d’assurance et de responsabilité, un point crucial pour garantir la confiance des utilisateurs.

Cette fusion marque un tournant pour le secteur de l’autopartage en Europe, où la consolidation semble inévitable face à la montée en puissance des géants américains et à l’évolution des attentes des consommateurs. Reste à voir si ce nouvel acteur parviendra à imposer son modèle face à des concurrents déjà bien ancrés et à des loueurs traditionnels en pleine mutation.

La fusion couvre onze pays : France, Belgique, Allemagne, Espagne, Norvège, Autriche, Danemark, Suède, Finlande, Estonie et Suisse. Certains marchés, comme l’Espagne, seront couverts par les deux marques (Getaround et Amovens, filiale de GoMore) avant une intégration progressive.

Les utilisateurs bénéficieront d’un accès simplifié aux véhicules dans tous les pays couverts, avec une réservation unifiée et des fonctionnalités connectées (ouverture des véhicules via smartphone). La fusion vise à créer un réseau sans couture, où les habitudes de location restent identiques, quel que soit le pays.