Gloria Steinem, journaliste, essayiste et icône du mouvement féministe américain, est décédée mercredi à l’âge de 92 ans, rapporte Le Monde. Son engagement inlassable en faveur de l’égalité entre les sexes et son rôle central dans les luttes pour les droits des femmes ont marqué plusieurs générations. Jusqu’à ses derniers jours, elle a continué à appeler au militantisme et à la vigilance, rappelant l’importance de ne jamais relâcher la pression pour faire avancer les causes qu’elle défendait. Son décès survient alors que le combat pour l’égalité des genres reste d’actualité dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis, où les écarts salariaux ou l’accès à l’avortement restent des sujets de débat.
Ce qu’il faut retenir
- Gloria Steinem s’est éteinte à l’âge de 92 ans, mercredi, selon Le Monde.
- Elle était une journaliste, essayiste et militante féministe de premier plan aux États-Unis.
- Jusqu’à la fin, elle a milité pour le devoir de vigilance et d’engagement militant.
- Son combat a inspiré plusieurs générations de féministes à travers le monde.
- Son héritage reste central dans les débats sur l’égalité des sexes.
Une vie dédiée à la défense des droits des femmes
Née en 1934, Gloria Steinem a consacré sa carrière à dénoncer les inégalités structurelles entre hommes et femmes. Dans les années 1960 et 1970, elle est devenue l’une des voix les plus influentes du mouvement féministe américain, aux côtés de figures comme Betty Friedan ou Bella Abzug. Son activisme s’est notamment manifesté à travers des écrits percutants, des discours et une participation active à des manifestations emblématiques.
Elle a cofondé le magazine Ms. en 1972, devenu un symbole de la presse féministe. Ce média a permis de donner une visibilité inédite aux questions liées aux droits des femmes, abordant des sujets alors rarement traités dans la presse traditionnelle : harcèlement, inégalités professionnelles, violence conjugale ou encore droit à l’avortement.
Un héritage intellectuel et militant toujours d’actualité
Gloria Steinem a marqué l’histoire par ses prises de position radicales pour l’époque. Dans ses essais, comme Revolution from Within: A Book of Self-Esteem (1992), elle a insisté sur l’importance de l’estime de soi et de l’autonomie des femmes comme leviers de changement social. Ses analyses sur le patriarcat, la culture du viol ou encore les stéréotypes de genre ont influencé des décennies de recherches et de mobilisations. Son combat ne s’est pas limité aux États-Unis. À l’international, elle a soutenu des mouvements féministes en Inde, en Amérique latine ou encore en Europe, participant à des conférences et collaborant avec des militantes du monde entier. Son influence s’étend bien au-delà des cercles académiques ou militants, touchant une partie significative de la société américaine.
Un dernier message de vigilance
Selon Le Monde, Gloria Steinem a maintenu une activité militante jusqu’à ses derniers mois. Dans des interventions publiques et des tribunes, elle n’a cessé de rappeler que les droits des femmes ne sont jamais acquis définitivement. En 2023 encore, elle avait appelé à une mobilisation accrue face aux reculs observés dans certains États américains, où des lois restrictives sur l’avortement ou les droits LGBTQ+ ont été adoptées.
« Le féminisme n’est pas une mode, c’est une nécessité. Et cette nécessité ne disparaîtra pas tant que l’égalité ne sera pas une réalité pour toutes. »
Ses dernières déclarations résonnent comme un avertissement : les avancées sociales, une fois obtenues, peuvent être remises en cause si la vigilance se relâche.
Gloria Steinem laisse derrière elle un héritage complexe : celui d’une femme qui a su allier théorie et pratique, réflexion et action. Son combat rappelle que l’égalité des sexes reste un chantier permanent, où chaque génération doit prendre le relais. Dans un contexte où les droits des femmes sont régulièrement contestés, son message de vigilance résonne avec une actualité frappante.