La consommation de glucosamine, un complément alimentaire largement utilisé pour soulager les symptômes de l’arthrose, pourrait-elle favoriser l’apparition de la maladie d’Alzheimer ? C’est la question soulevée par une étude américaine publiée ces derniers jours, comme le rapporte Top Santé. Selon les chercheurs, une association statistique entre la prise de glucosamine et une progression plus rapide vers des troubles cognitifs sévères aurait été observée sur un échantillon de plusieurs milliers de participants.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude américaine suggère un lien entre la consommation de glucosamine et une accélération du déclin cognitif.
  • Les chercheurs ont analysé les données de plus de 2 000 participants, suivis sur une période de plusieurs années.
  • L’association observée est de nature statistique et ne prouve pas un lien de causalité direct.
  • La glucosamine reste recommandée pour le traitement de l’arthrose, mais les auteurs appellent à la prudence.
  • Les résultats doivent encore être confirmés par des études complémentaires.

Les compléments à base de glucosamine sont depuis longtemps plébiscités par les patients souffrant d’arthrose, une maladie dégénérative des articulations qui touche des millions de personnes dans le monde. Disponibles sans ordonnance en pharmacie ou en parapharmacie, ces produits sont souvent présentés comme une solution naturelle pour réduire les douleurs articulaires et améliorer la mobilité. Selon Top Santé, leur popularité ne cesse de croître, notamment auprès des seniors, qui représentent une part importante de la population concernée par les troubles arthrosiques.

Une étude américaine met en lumière un possible effet indésirable

C’est dans ce contexte que des chercheurs américains ont mené une étude portant sur l’impact de la glucosamine sur la santé cognitive. Leurs travaux, publiés dans une revue scientifique spécialisée, révèlent une association entre la consommation régulière de ce complément et une progression plus rapide vers des troubles de la mémoire, voire vers la maladie d’Alzheimer. Les données analysées concernent 2 064 adultes, dont la santé a été suivie sur une période de cinq ans. Parmi eux, ceux qui consommaient de la glucosamine présentaient un risque accru de développer des symptômes cognitifs sévères, comparés à ceux qui n’en prenaient pas.

Les auteurs de l’étude précisent que ces résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité. Autrement dit, la glucosamine ne serait pas nécessairement responsable du déclin cognitif, mais pourrait simplement refléter un risque accru chez les personnes qui en consomment. « Il s’agit d’une association, pas d’une preuve de causalité », a déclaré le Dr. Sarah Johnson, principale auteure de l’étude, dans une interview accordée à Top Santé. « D’autres facteurs, comme l’âge, le mode de vie ou d’éventuelles prédispositions génétiques, pourraient jouer un rôle ».

Un complément largement utilisé, mais dont les effets restent à préciser

En France, la glucosamine est commercialisée sous différentes formes : gélules, comprimés ou poudre. Elle est souvent recommandée par les médecins ou les kinésithérapeutes comme traitement d’appoint pour l’arthrose, en complément d’une activité physique adaptée et d’un régime alimentaire équilibré. Pourtant, ses mécanismes d’action sur les articulations font encore débat au sein de la communauté scientifique. Si son efficacité pour soulager la douleur est reconnue par certains, d’autres études ont montré des résultats mitigés, voire une absence de bénéfice significatif.

L’étude américaine ajoute donc une nouvelle couche de complexité à la question. Si les autorités sanitaires ne remettent pas en cause, pour l’instant, les recommandations actuelles concernant la glucosamine, elles pourraient être amenées à revoir leur position à la lumière de nouvelles données. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’a pas encore réagi officiellement à cette publication, mais les professionnels de santé pourraient être incités à informer davantage les patients sur les éventuels risques associés à une consommation prolongée.

Et maintenant ?

Les auteurs de l’étude appellent à la prudence et soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour confirmer ou infirmer leurs observations. Une prochaine étape pourrait consister en une méta-analyse, combinant les données de plusieurs études similaires, afin d’affiner les conclusions. En attendant, les patients souffrant d’arthrose sont invités à consulter leur médecin avant d’envisager une modification de leur traitement, surtout s’ils présentent des facteurs de risque de troubles cognitifs. Une réévaluation des bénéfices-risques de la glucosamine pourrait également être envisagée d’ici quelques années, si de nouvelles études viennent étayer ces résultats.

Cette étude rappelle, une fois encore, l’importance de la vigilance face aux compléments alimentaires. Si leur accessibilité et leur image « naturelle » séduisent de nombreux consommateurs, leur innocuité et leur efficacité ne sont pas toujours aussi évidentes qu’il y paraît. Les autorités sanitaires et les professionnels de santé ont un rôle clé à jouer pour éclairer le grand public et éviter les dérives.

Pour l’instant, la glucosamine reste autorisée et commercialisée en France. Aucune autorité sanitaire n’a émis de recommandation officielle contre son utilisation. Cependant, les patients sont invités à en discuter avec leur médecin, surtout s’ils ont des antécédents de troubles cognitifs ou s’ils prennent d’autres médicaments.

Les posologies varient selon les produits, mais elles se situent généralement entre 1 500 mg et 2 000 mg par jour, réparties en plusieurs prises. Il est essentiel de respecter les indications fournies par le fabricant ou de suivre les conseils d’un professionnel de santé.