Le dernier lien entre l’homme d’affaires américain John Textor et le club brésilien de Botafogo vient de se rompre. Lors d’une Assemblée générale extraordinaire tenue dans la nuit de jeudi à vendredi 15 mai 2026, le club carioca a nommé Eduardo Iglesias au poste de directeur général, remplaçant Durcesio Mello, jusqu’alors proche collaborateur de Textor depuis son arrivée au club en 2022. Botafogo a également procédé au changement des serrures du siège social, empêchant ainsi toute présence physique de l’Américain sur les lieux, selon RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Remplacement de Durcesio Mello par Eduardo Iglesias à la direction générale de Botafogo lors d’une assemblée générale extraordinaire.
  • Exclusion physique de John Textor du siège du club, avec un changement des serrures pour l’en empêcher.
  • Révocation judiciaire de Textor le 23 avril 2026 par le Tribunal Arbitral de la Fondation Getúlio Vargas (FGV), pour une durée temporaire.
  • Une semaine noire pour Textor, après les tensions avec l’OL et les critiques publiques de Botafogo.
  • 20 millions d’euros de créances réclamés par Botafogo à l’OL, selon des documents révélés début mai.

Cette décision marque la fin définitive de l’influence de Textor sur Botafogo, après une série de revers judiciaires et médiatiques. Le 23 avril 2026, une juridiction brésilienne avait déjà statué sur une révocation temporaire de ses fonctions au sein de la SAF (Sociedade Anônima de Futebol) de Botafogo. « Le Tribunal Arbitral de la Fondation Getúlio Vargas (FGV), sur une base purement conservatoire, détermine la révocation automatique et immédiate de M. John Charles Textor de la direction de SAF Botafogo », avait alors précisé le communiqué officiel. Cette mesure devait être réexaminée après la présentation d’une déclaration de la société prévue le 29 avril 2026 — une échéance qui a confirmé l’éloignement définitif de Textor.

Malgré cette exclusion temporaire, l’homme d’affaires avait tenté de maintenir une présence indirecte. Il s’était notamment rendu aux côtés des supporters à Brasilia pour un match de Botafogo, tout en plaçant des proches à des postes clés du club. Mais cette stratégie a volé en éclats avec la nomination d’Eduardo Iglesias et le changement des serrures du siège. Dans un message publié sur Instagram, Textor a réagi avec amertume : « Durcesio Mello est un "frère pour la vie". Si seulement nous étions entourés d’amis en qui nous pouvons avoir confiance », avant d’ajouter, énigmatique : « la vérité n’est jamais cachée longtemps ».

Côté français, cette rupture avec Botafogo pourrait s’avérer une aubaine pour l’Olympique Lyonnais (OL). Depuis plusieurs semaines, le club rhodanien tente de régler les contentieux financiers avec son ancien président, impliqué dans une affaire de créances estimées à plus de 20 millions d’euros. Début mai, l’OL a rendu publics des documents prouvant les échanges entre les dirigeants des deux clubs, dans l’objectif de clarifier la situation. « Cette exclusion de Textor pourrait faciliter la résolution des litiges en coulisses », estime un observateur cité par RMC Sport.

Un climat de défiance généralisé autour de Textor

Les difficultés de Textor ne se limitent pas à Botafogo. En France, l’OL a récemment intensifié ses attaques contre l’homme d’affaires, l’accusant de pratiques financières opaques. Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, Botafogo a lui-même critiqué ouvertement Textor, confirmant ainsi la dégradation de leurs relations. « Cerné de toutes parts, chassé pour de bon de Rio, John Textor est, cette fois, bien dans le dur », résume RMC Sport.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de Textor, qui avait déjà été au cœur de polémiques lors de son passage à l’OL. Des flux financiers non tracés et des investissements contestés avaient alimenté les débats, tandis que des créances colossales pesaient sur le club brésilien. Certains observateurs soulignent que l’exclusion de Textor pourrait permettre à Botafogo de tourner la page, même si les dettes accumulées restent un sujet de préoccupation. D’autant que l’OL, de son côté, attend toujours des clarifications sur les montants réclamés par le club carioca.

L’OL en quête de stabilité financière et sportive

Pour l’OL, la fin de l’influence de Textor sur Botafogo intervient à un moment crucial. Le club français, en pleine restructuration, cherche à solder les comptes avec son ancien président et à retrouver une stabilité sportive. Les documents rendus publics début mai visaient précisément à prouver l’absence de liens financiers directs entre les deux clubs, une stratégie destinée à rassurer les instances dirigeantes et les partenaires.

« L’objectif est de démontrer que l’OL n’est pas responsable des engagements pris par Textor à titre personnel », explique un membre du directoire sous couvert d’anonymat. Pourtant, les créances de Botafogo, estimées à plus de 20 millions d’euros, continuent de peser sur les négociations. Une situation d’autant plus complexe que Textor, bien que officiellement écarté, conserve des soutiens au sein du club brésilien, comme en témoignent les déclarations de Mello.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour l’OL et Botafogo consistera à clarifier les montants réclamés et à négocier un éventuel étalement des paiements. Du côté de Botafogo, la nomination d’Eduardo Iglesias devrait permettre de relancer la gestion du club, mais les dettes accumulées pourraient limiter les ambitions sportives à court terme. Quant à Textor, son exclusion définitive de Botafogo laisse planer des questions sur ses prochaines actions, notamment en France où ses démêlés avec l’OL pourraient aboutir à un règlement judiciaire.

Une audience est d’ailleurs prévue le 29 mai 2026 pour statuer sur les suites à donner aux revendications de Botafogo. Reste à savoir si cette décision mettra fin à une saga qui a profondément marqué les relations entre les deux clubs.

En attendant, le football français et brésilien observe avec attention l’évolution de cette affaire, dont les répercussions pourraient dépasser le cadre strictement sportif.

John Textor a été écarté de la direction de la SAF Botafogo par une décision du Tribunal Arbitral de la Fondation Getúlio Vargas (FGV) le 23 avril 2026, pour des raisons conservatoires. Cette révocation a été confirmée lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 15 mai 2026, avec la nomination d’un nouveau directeur général et le changement des serrures du siège du club, selon RMC Sport.