Le XV de France féminin affronte ce dimanche à 17h45 au stade Atlantique de Bordeaux l'Angleterre dans un match décisif comptant pour la dernière journée du Tournoi des Six Nations 2026. Les deux équipes se disputent non seulement le trophée, mais aussi la possibilité de réaliser un Grand Chelem. Selon RMC Sport, le sélectionneur François Ratier a opéré deux changements dans le XV de départ, alors que l'équipe française cherche à remporter son premier Grand Chelem depuis 2018.

Les championnes du monde anglaises, invaincues dans cette édition du Tournoi, présentent un bilan de quatre victoires en autant de matchs. Pour les Bleues, une victoire serait synonyme de premier titre depuis huit ans, tandis qu'un match nul offrirait le trophée aux Red Roses grâce à une meilleure différence de points (+164 contre +124). L'enjeu est donc double pour l'équipe de François Ratier, qui a su se montrer régulière tout au long de la compétition.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux changements dans le XV de départ : Ambre Mwayembe remplace Yllana Brosseau en première ligne à gauche, et Axelle Berthoumieu prend la place de Charlotte Escudero au poste de flanker.
  • Une équipe inchangée dans les trois-quarts : Le duo de centres Aubane Rousset - Teani Feleu et les ailières Pauline Barrat et Anaïs Grando sont reconduits.
  • Un objectif historique : Les Bleues visent leur premier Grand Chelem depuis 2018, tandis que l'Angleterre défend son titre acquis en 2025.
  • Une configuration tactique revisitée : Ratier a opté pour un banc renforcé de six avants et deux trois-quarts pour dominer physiquement.
  • Dix joueuses titularisées cinq fois : Parmi elles, trois ont découvert le Tournoi sans avoir été sélectionnées auparavant (Barrat, Grando, Lazarko).
  • Un duel tactique : La France doit prouver sa capacité à rivaliser avec une équipe anglaise redoutable, notamment dans les phases de conquête.

Des ajustements tactiques pour un match à enjeu

François Ratier a justifié ses deux changements en conférence de presse à Marcoussis. « On retrouve une configuration plus proche de l'équipe contre l'Irlande », a-t-il expliqué, en référence à la victoire 26-7 enregistrée à Clermont lors de la troisième journée. L'objectif est clair : « matcher et dominer le plus possible physiquement devant, avec cette capacité pour certaines de rentrer et d'apporter ». Selon le sélectionneur, cette stratégie a fait ses preuves lors des récentes rencontres, notamment contre l'Italie (40-7) et l'Irlande.

Côté trois-quarts, le staff tricolore a maintenu ses titulaires habituels. Pauline Bourdon-Sansus, seule joueuse de l'effectif à avoir goûté à la victoire contre les Anglaises en 2018, reste à la mêlée. Elle est entourée du duo de centres Rousset - Feleu, déjà aligné contre l'Irlande et l'Écosse. En cas de victoire, les Bleues inscriraient leur nom au palmarès pour la première fois depuis 2018. Un succès qui marquerait aussi l'histoire du rugby féminin français.

Une équipe expérimentée mais avec des novices

Le XV de départ aligné contre l'Angleterre compte dix joueuses ayant participé aux cinq matchs du Tournoi. Parmi elles, trois ont été titularisées pour la première fois avant cette compétition : l'arrière Pauline Barrat, l'ailière Anaïs Grando et la talonneuse Mathilde Lazarko. Leur intégration au sein d'une équipe aussi soudée témoigne de la confiance accordée par Ratier à son groupe, malgré une préparation marquée par des absences en début de Tournoi.

La blessure de Gabrielle Vernier, initialement titulaire au centre, avait contraint le staff à adapter son jeu. Sa présence au pays de Galles avait été compromise par une indisponibilité, tout comme celle de Joanna Grisez lors de l'ouverture du Tournoi face à l'Italie. Aujourd'hui, les Bleues abordent ce choc décisif avec une ossature rodée, même si des ajustements ont été nécessaires en cours de route.

Les Anglaises, favorites malgré un parcours sans faute

Les Red Roses, championnes du monde en titre, ont dominé chaque adversaire avec une marge significative. Leur attaque fluide et leur défense rigoureuse en font une équipe redoutable, même à l'extérieur. Face à elles, la France devra s'appuyer sur sa discipline et sa capacité à exploiter les espaces, comme elle l'a fait lors de ses victoires contre l'Italie et l'Irlande. Le stade de Bordeaux, où l'équipe nationale évolue habituellement, pourrait représenter un avantage psychologique pour les Bleues.

Pourtant, les statistiques ne jouent pas en faveur des Françaises. Depuis 2018, les Anglaises ont remporté cinq des six confrontations contre la France dans le cadre du Tournoi. La dernière victoire tricolore remonte à 2015. Ce contexte ajoute une dimension symbolique à la rencontre, au-delà du trophée en jeu.

« On l'a vu contre l'Italie et contre l'Irlande, où Charlotte Escudero rentre et fait basculer le match. » — François Ratier, sélectionneur du XV de France féminin.

Et maintenant ?

En cas de victoire, les Bleues célébreront un titre historique et valideront une saison exceptionnelle. Une défaite ou un match nul offrirait le trophée à l'Angleterre, qui conserverait également son titre mondial acquis en 2025. Quels que soient les résultats, ce Tournoi marquera un tournant pour le rugby féminin français, avec une génération de joueuses prêtes à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour l'équipe, qui pourrait voir son effectif évoluer en vue de la Coupe du monde 2026. La préparation de cet événement, dont les dates et le lieu restent à confirmer, s'annonce déjà comme un objectif prioritaire pour le staff technique.

Ce rendez-vous de Bordeaux pourrait donc bien marquer le début d'une nouvelle ère pour le rugby féminin tricolore. Les Bleues, malgré un statut d'outsider, ont les moyens de surprendre et de prouver qu'elles méritent leur place parmi l'élite mondiale. La rencontre s'annonce intense, avec en ligne de mire un titre qui leur échapperait depuis huit ans.

Ambre Mwayembe, âgée de 22 ans et titulaire de 23 sélections, a été choisie par François Ratier pour renforcer l'ossature physique de l'équipe. Son profil correspond à la volonté du sélectionneur de dominer les duels en mêlée et en touche, comme l'a expliqué ce dernier lors de sa conférence de presse à Marcoussis.

En cas d'égalité, l'Angleterre conserverait le trophée grâce à une meilleure différence de points (+164 contre +124 pour la France). Ce critère est utilisé par les instances du Tournoi en cas d'égalité au classement général.