Les syndicats de journalistes ont appelé à une journée de grève et de manifestation à Paris ce jeudi 18 juin, alors que le secteur de la presse fait face à une vague de plans sociaux sans précédent, selon Libération.
Une mobilisation qui s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour les professionnels des médias. Alors que les suppressions d'emplois se multiplient, l'ensemble des organisations syndicales du secteur ont décidé de descendre dans la rue pour alerter sur la situation dramatique du métier.
Ce qu'il faut retenir
- Tous les syndicats de journalistes appellent à une grève nationale et une manifestation à Paris ce jeudi 18 juin.
- Cette mobilisation intervient dans un contexte de multiplication des plans sociaux dans le secteur de la presse.
- Les syndicats dénoncent un « carnage social » et une précarisation croissante des journalistes.
Une mobilisation unitaire face à l'urgence sociale
Pour la première fois depuis plusieurs années, l'ensemble des syndicats de journalistes – SNJ, SNJ-CGT, FO, CFDT, CGT et Solidaires – ont décidé de se rassembler derrière une même revendication : la défense de l'emploi dans la presse. Selon Libération, cette mobilisation s'annonce massive, avec des cortèges prévus dès 14 heures place de la République à Paris.
Les organisations syndicales dénoncent une « logique de prédation » à l'œuvre dans certains groupes médiatiques, où les suppressions d'emplois s'enchaînent sans réel plan de sauvegarde de l'emploi. «
On assiste à un effondrement programmé de l'information, avec des titres qui ferment ou qui licencient en masse, a déclaré Sophie Vasset, secrétaire générale du SNJ. Cette grève est un cri d'alarme pour sauver notre métier.»
Un secteur en crise structurelle
Le paysage médiatique français traverse une période particulièrement difficile. Depuis le début de l'année, plusieurs rédactions ont annoncé des plans de licenciements : Le Figaro a supprimé 45 postes en mai, Le Parisien a annoncé 30 départs, et Libération lui-même a lancé un plan social touchant près de 20 % de ses effectifs. Comme le rapporte Libération, ces restructurations s'accompagnent d'une précarisation croissante des pigistes et des jeunes journalistes, souvent contraints d'accepter des contrats courts ou des salaires de misère.
Les syndicats pointent également du doigt la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires, qui n'hésitent pas à sacrifier l'indépendance éditoriale et la qualité de l'information sur l'autel des profits. «
Quand un milliardaire achète un média pour en faire un outil d'influence ou de rentabilité à court terme, c'est toute la chaîne de l'information qui se trouve fragilisée, a expliqué Marc Lefebvre, porte-parole de la CGT-Médias.»
Quelles revendications derrière la grève ?
Les syndicats réclament avant tout l'arrêt immédiat des plans sociaux dans les médias et la mise en place de mesures pour protéger l'emploi. Ils demandent également une revalorisation des salaires, souvent en dessous du SMIC pour les pigistes, et la fin des contrats précaires. Selon Libération, les organisations exigent aussi un débat national sur le modèle économique de la presse, afin de garantir son financement et son indépendance.
Une pétition, lancée en soutien à la grève, a déjà recueilli plus de 15 000 signatures. Les signataires appellent notamment à un « New Deal pour la presse », incluant des aides publiques ciblées et une fiscalité incitative pour les médias indépendants.
Cette journée de grève intervient à quelques jours des négociations annuelles sur la convention collective des journalistes, qui pourraient donner lieu à des avancées significatives – ou au contraire, à de nouvelles concessions imposées par les employeurs.
Reste la question centrale : les médias, piliers de la démocratie, pourront-ils survivre à cette logique de rentabilité à tout prix, ou faut-il repenser en profondeur leur modèle économique et leur financement ?
Plusieurs titres ont annoncé des restructurations ces derniers mois : Le Figaro (45 postes supprimés), Le Parisien (30 départs), Libération (20 % des effectifs), L'Express (plan social en cours) et Le Point (suppressions de postes non précisées). D'autres médias locaux et pure players sont également concernés.