Un foyer rare d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, au large des côtes du Cap-Vert, maintient depuis plusieurs semaines une partie de ses passagers dans une situation sanitaire exceptionnelle. Selon BMF - International, trois décès ont été recensés depuis le 11 avril parmi les quelque 150 personnes à bord, déclenchant une alerte sanitaire internationale et une surveillance accrue des autorités. Le navire, attendu ce dimanche 10 mai dans l’archipel espagnol des Canaries, devrait permettre une évacuation progressive des passagers dès le début de la semaine prochaine.
Ce qu'il faut retenir
- Trois décès liés à une souche rare d’hantavirus signalés depuis le 11 avril à bord du MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaïa (Argentine) et actuellement au large du Cap-Vert.
- Cinq Français, dont le couple Julia et Roland Seitre, sont confinés à bord et assurent que la situation reste « sous contrôle ».
- Quatre experts (médecins, biologistes, épidémiologistes) sont montés à bord pour analyser la situation et préparer l’évacuation.
- Le navire doit accoster dimanche 10 mai à Tenerife (Canaries), où les passagers et l’équipage seront débarqués dès le début de semaine prochaine.
- La souche d’hantavirus détectée est rare et peut se transmettre entre humains, mais les autorités sanitaires insistent sur son faible niveau de contagiosité.
Une croisière hors norme, loin des standards habituels
Le MV Hondius n’a rien d’une croisière de luxe classique. Comme l’expliquent Julia et Roland Seitre, deux des cinq Français présents à bord, les passagers ne profitent ni de piscine, ni de salle de sport ou de cinéma. Ces sexagénaires, tous deux vétérinaires de formation et anciens journalistes spécialisés en environnement, décrivent un voyage dédié à des passionnés : ornithologues, botanistes, spécialistes des cétacés ou encore des étoiles. « Tous les passagers sont des passionnés avec des objectifs différents, loin des loisirs dédiés aux croisières », précisent-ils dans un communiqué transmis à plusieurs médias dont l’AFP.
Selon eux, la moyenne d’âge à bord est « assez élevée », et l’ambiance relève davantage d’une expédition scientifique que d’un séjour touristique. « Nous sommes 'dans le même bateau' depuis le 1er avril », rappellent-ils, contestant fermement l’usage du terme « épidémie » ou « pandémie » pour décrire la situation.
Des mesures sanitaires strictes, mais une vie « quasi normale » pour les passagers
Malgré l’alerte sanitaire, les passagers du MV Hondius tentent de maintenir une routine dans un cadre contraint. Le couple français indique que les consignes sanitaires sont suivies à la lettre : les rassemblements sont limités, les repas sont pris dans la salle de restauration avec respect des distances, et les masques peuvent être retirés sur les ponts extérieurs. « On nous conseille de rester le plus possible dans les cabines, d’éviter les grands rassemblements », expliquent-ils, tout en soulignant que la liberté de circulation reste possible.
Ils saluent par ailleurs le « dévouement total » du médecin de bord et du guide, actuellement malades, ainsi que de l’équipage philippin, qu’ils décrivent comme « au top ». « Inutile de dramatiser à outrance comme certains médias l’ont fait », dénoncent-ils, estimant que cette approche ne facilite pas la compréhension rationnelle de la situation.
Une évacuation progressive dès dimanche, sous haute surveillance
Le MV Hondius, qui devait initialement relier l’Argentine aux Canaries, est désormais au cœur d’une opération logistique complexe. Selon BMF - International, quatre médecins et épidémiologistes sont montés à bord pour évaluer la situation et préparer l’évacuation des passagers. Le navire est attendu dimanche 10 mai à Tenerife, où les quelque 150 personnes à bord — passagers et membres d’équipage — devraient être débarquées dès le début de la semaine prochaine.
La souche d’hantavirus détectée à bord est une variante rare, généralement transmise par les rongeurs, mais dont la possibilité de transmission interhumaine a été confirmée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été informée de l’alerte le week-end dernier, après les trois décès signalés. Les experts présents à bord travaillent en coordination avec les autorités sanitaires et diplomatiques pour organiser le débarquement dans les meilleures conditions.
Les autorités en alerte, les familles des passagers informées
Julia et Roland Seitre sont en contact régulier avec la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères, qui a « contacté tous les Français à bord et mis à disposition des téléphones d’urgence ». Le couple se veut rassurant, affirmant que la situation est « complexe, mais gérée avec calme » par tous les acteurs concernés : équipage, passagers, OMS, diplomatie et services sanitaires.
Ils rappellent que la maladie, bien que grave, reste « très peu contagieuse » et qu’il s’agit d’un cluster — une contamination ponctuelle — et non d’une épidémie. « La maladie est identifiée, très peu contagieuse, et il n’y a jamais eu d’épidémie (un terme qui engendre rapidement des paranoïas liées à des peurs ancestrales ou récentes, peste, grippes, covid...) », précisent-ils, dénonçant une couverture médiatique parfois excessive.
La situation rappelle celle des croisières en temps de pandémie, où les navires deviennent des espaces clos sous haute surveillance. Reste à savoir si d’autres mesures préventives seront prises pour éviter la propagation de cette souche d’hantavirus une fois les passagers débarqués.
L’hantavirus est une maladie rare transmise principalement par les rongeurs infectés, via leur urine, leurs excréments ou leur salive. Dans le cas du MV Hondius, une souche rare capable de transmission interhumaine a été détectée, bien que les autorités insistent sur son faible niveau de contagiosité.
L’évacuation devrait commencer dès l’arrivée du navire à Tenerife, dimanche 10 mai, et s’échelonner sur plusieurs jours. Les autorités sanitaires n’ont pas encore communiqué de date précise pour la fin de l’opération, qui dépendra des résultats des tests et des analyses en cours.