Dakar accueille du 10 au 24 mai 2026 une adaptation originale de « L’Avare » de Molière, signée par l’homme de théâtre ivoirien Abass Zein. Selon France 24, cette version transpose la célèbre comédie classique dans un univers africain contemporain, mêlant alexandrins réinventés et dialogues en nouchi, l’argot populaire ivoirien.

Ce qu'il faut retenir

  • Une adaptation de « L’Avare » de Molière par le metteur en scène ivoirien Abass Zein.
  • La pièce est jouée en nouchi, l’argot urbain ivoirien, et en alexandrins modernisés.
  • Le spectacle est programmé à Dakar du 10 au 24 mai 2026.
  • Cette relecture transpose l’intrigue dans un cadre africain contemporain.
  • L’initiative s’inscrit dans une dynamique de réappropriation culturelle des classiques occidentaux.

Une transposition audacieuse entre tradition et modernité

Abass Zein, figure reconnue du théâtre ivoirien, a choisi de repenser « L’Avare » en intégrant les codes linguistiques et culturels locaux. Selon France 24, les dialogues, habituellement en alexandrins, sont ici adaptés en une langue mêlant français soutenu et nouchi, reflétant ainsi le parler quotidien des villes ivoiriennes. Cette approche permet de rendre accessible une œuvre classique à un public africain, tout en conservant la verve et l’humour originaux de Molière.

La transposition ne se limite pas à la langue : les personnages et leurs travers sont réinterprétés à travers le prisme des réalités socio-économiques africaines contemporaines. Autant dire que la pièce, créée en France au XVIIe siècle, se trouve ainsi dépoussiérée pour mieux parler aux spectateurs du XXIe siècle, en Afrique de l’Ouest.

Un spectacle conçu pour toucher un large public

Le choix du nouchi comme langue de représentation n’est pas anodin. Cet argot, né dans les quartiers populaires d’Abidjan, s’est imposé comme un outil d’expression culturelle majeur en Côte d’Ivoire. En l’intégrant à une pièce aussi emblématique que « L’Avare », Abass Zein souhaite toucher un public plus large, notamment les jeunes générations, pour qui le nouchi est un langage naturel. D’après France 24, cette initiative s’inscrit dans une volonté de démocratiser l’accès au théâtre classique.

Le metteur en scène a expliqué que cette adaptation vise à « faire dialoguer Molière avec les réalités africaines sans trahir l’esprit de l’œuvre ». Il a précisé que « le rire reste universel, mais la manière de le provoquer doit évoluer avec le public ». Cette réflexion sur l’adaptation culturelle des classiques n’est pas nouvelle, mais elle prend ici une dimension particulièrement innovante.

Un événement culturel à ne pas manquer à Dakar

Le spectacle est programmé pour une durée limitée, du 10 au 24 mai 2026, au Théâtre Daniel Sorano de Dakar. Ce choix de lieu n’est pas un hasard : ce théâtre, emblématique de la scène sénégalaise, accueille régulièrement des créations contemporaines. Selon les informations relayées par France 24, la billetterie est déjà ouverte, avec des tarifs adaptés pour encourager la diversité du public.

Cette initiative s’ajoute à une série d’efforts visant à renforcer les échanges culturels entre la France et l’Afrique francophone. Elle s’inscrit dans le cadre de la Saison Africa2020, un événement majeur qui a mis en lumière les talents africains sur la scène internationale. Les organisateurs espèrent attirer un public varié, des amateurs de théâtre classique aux curieux de nouvelles formes d’expression artistique.

« Cette adaptation de ‘L’Avare’ en nouchi ivoirien est une manière de rendre Molière accessible à tous, sans renier notre identité culturelle. Le rire est un langage universel, et nous comptons bien en faire la preuve. » — Abass Zein

Et maintenant ?

Si cette première adaptation à Dakar rencontre le succès escompté, Abass Zein pourrait envisager une tournée en Afrique de l’Ouest, voire une captation pour une diffusion plus large. Une telle initiative pourrait inspirer d’autres metteurs en scène à revisiter des classiques européens avec des approches locales. Reste à voir si le public dakarois, réputé exigeant, réservera un accueil chaleureux à cette version innovante.

En attendant, les spectateurs peuvent réserver leurs places pour découvrir cette relecture audacieuse de l’une des plus grandes comédies de Molière. Une chose est sûre : l’expérience promet d’être aussi riche en rebondissements qu’en réflexions sur la culture et la langue.

Le nouchi est devenu un langage à part entière en Côte d’Ivoire, utilisé quotidiennement par des millions de personnes. Abass Zein a souhaité le mettre en avant pour toucher un public jeune et urbain, tout en modernisant l’accès à un classique du théâtre. Selon lui, « le rire est un pont entre les cultures, et le nouchi est notre manière à nous de le faire résonner ».