Le village d’Epuyén, situé dans la province de Chubut en Argentine, est resté marqué par une épidémie de hantavirus entre 2018 et 2019. Selon Courrier International, cette crise sanitaire a révélé des failles dans la gestion des risques de contamination et a eu des conséquences durables sur les familles locales.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2018, un cluster de cas de hantavirus a été identifié à Epuyén, dans la province de Chubut (Argentine).
  • Le « patient zéro », Víctor Día, a participé à une fête d’anniversaire en novembre 2018 où au moins 50 personnes étaient présentes.
  • Parmi les convives, un ami de Día est décédé, sa fille est tombée malade, et son ex-épouse a succombé deux mois plus tard.
  • Les autorités ont tardé à instaurer des mesures de confinement par crainte de provoquer une panique dans la population.
  • Cette épidémie a provoqué des handicaps chez certains survivants et a décimé des familles entières.

Un foyer épidémique parti d’une fête d’anniversaire

En novembre 2018, une fête d’anniversaire réunissait une cinquantaine de personnes dans le village d’Epuyén, en Argentine. Víctor Día, aujourd’hui considéré comme le « patient zéro » de l’épidémie de hantavirus qui a frappé la région, y a participé. Comme le rapporte Courrier International, cet événement anodin est devenu le point de départ d’une crise sanitaire qui a duré jusqu’en 2019. Dès cette époque, les médecins ont diagnostiqué Día, alors âgé de 68 ans, mais lui ont assuré qu’il n’était « pas contagieux ». Pourtant, son état se dégradait rapidement : fièvre, épuisement et marques violettes sur le corps l’ont conduit à l’hôpital d’Esquel.

Deux semaines plus tard, les premières alertes sérieuses ont émergé. Un ami de Día, assis à la même table lors de la fête, est décédé. Sa fille a contracté la maladie, tandis que son ex-épouse a succombé en janvier 2019, deux mois après lui. Ce n’est qu’à ce moment-là que les autorités sanitaires ont décidé d’instaurer des mesures de confinement à domicile. Une décision tardive, prise sous la pression, et qui a soulevé des questions sur la gestion de la crise.

Des mesures sanitaires retardées par crainte de la panique

Selon les témoignages recueillis par Courrier International, les autorités locales ont hésité à agir par crainte de semer la panique parmi la population. Une enseignante d’Epuyén, citée par le quotidien argentin La Nación, a même fait pression sur l’administration pour obtenir des informations claires. « Elles ne voulaient pas provoquer la panique dans la population », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi l’un des principaux écueils de cette épidémie : la réticence à communiquer rapidement et de manière transparente.

Cette épidémie, causée par le virus des Andes, a eu des conséquences dramatiques. Comme le rappelle La Nación, « la maladie a décimé des familles et provoqué des handicaps chez les survivants ». Les survivants ont souvent gardé des séquelles physiques ou psychologiques, tandis que plusieurs foyers ont été décimés. L’épidémie a mis en lumière les risques de contamination liés aux rassemblements, mais aussi les lacunes dans la réponse sanitaire locale.

Un contexte régional marqué par une nouvelle alerte en 2026

Le récent foyer épidémique de hantavirus signalé sur le navire Hondius, en mai 2026, a ravivé les souvenirs de l’épidémie d’Epuyén. Bien que les deux événements soient distincts, ils partagent une même origine : la transmission du virus via des rongeurs ou des contacts humains dans des environnements confinés. Cette coïncidence a rappelé l’importance de la vigilance face aux maladies zoonotiques, dont le hantavirus fait partie.

En Argentine, les autorités sanitaires ont depuis renforcé les protocoles de surveillance et de prévention. Pourtant, l’épidémie d’Epuyén reste un cas d’école pour les épidémiologistes. Elle illustre les dangers d’une sous-estimation des risques et de l’absence de mesures immédiates en cas de suspicion de contamination.

Et maintenant ?

Alors que l’Argentine et d’autres pays d’Amérique du Sud restent exposés aux risques de hantavirus, les leçons tirées d’Epuyén pourraient influencer les futures stratégies sanitaires. Les autorités devraient-elles systématiser les confinements préventifs en cas de suspicion de cluster ? La transparence dans la communication des risques reste un enjeu majeur pour éviter de nouvelles crises. Une chose est sûre : la vigilance doit rester de mise, surtout dans les zones rurales où les contacts avec les rongeurs sont fréquents.

En mai 2026, alors que le navire Hondius fait l’objet d’une surveillance accrue, les autorités sanitaires argentines et internationales pourraient tirer parti des enseignements d’Epuyén. Reste à voir si ces bonnes pratiques seront effectivement appliquées pour éviter de nouveaux drames.

Le hantavirus se transmet principalement par l’inhalation de particules virales présentes dans les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. Dans les zones rurales, les contacts entre humains et rongeurs sont plus fréquents, augmentant ainsi les risques de contamination. C’est pourquoi les rassemblements dans des environnements où ces animaux sont présents, comme lors de fêtes ou de travaux agricoles, peuvent favoriser la propagation du virus.