Vingt-deux ans après la disparition tragique de son petit-fils, Chantal Munier s’apprête à affronter l’un des moments les plus redoutés de sa vie. À partir de ce mardi 19 mai 2026, la cour d’assises de Nantes examinera le procès de Martin Ney, l’Allemand de 55 ans accusé du meurtre de Jonathan Coulom, retrouvé sans vie en 2004 dans un étang près de Guérande, lesté d’un parpaing. Selon BFM - Faits Divers, la grand-mère, aujourd’hui âgée de 70 ans, assistera aux trois semaines d’audiences, malgré l’angoisse qui l’étreint.
D’après les éléments rapportés par la source, Martin Ney, déjà condamné en Allemagne pour d’autres crimes pédophiles, est le principal suspect dans cette affaire. La disparition de Jonathan, alors âgé de 10 ans, avait marqué un tournant dans l’histoire judiciaire française, avant même que son corps ne soit localisé en juillet 2004 dans un étang situé entre Saint-Brévin-les-Pins et Guérande. Jonathan Coulom avait disparu le 21 juillet 2004 lors d’une colonie de vacances, alors qu’il jouait près d’un plan d’eau.

Ce qu'il faut retenir

  • Le procès de Martin Ney, 55 ans, s’ouvre le 19 mai 2026 aux assises de Nantes pour le meurtre de Jonathan Coulom, 10 ans, disparu en juillet 2004 et retrouvé mort lesté d’un parpaing.
  • Chantal Munier, la grand-mère du jeune garçon, assistera aux trois semaines d’audiences malgré sa peur, afin d’obtenir des réponses.
  • Jonathan Coulom a disparu lors d’une colonie de vacances à Saint-Brévin-les-Pins avant que son corps ne soit retrouvé dans un étang entre cette commune et Guérande.
  • Martin Ney, déjà condamné en Allemagne pour des faits pédophiles, est le principal suspect dans cette affaire.
  • Chantal Munier s’est installée à Saint-Nicolas-de-Redon en 2007 pour se rapprocher du lieu de la disparition, tout en rendant régulièrement visite à l’étang où le corps de son petit-fils a été découvert.

Pour Chantal Munier, ce procès représente bien plus qu’une simple procédure judiciaire. « J’ai vraiment très peur d’y aller, de voir le meurtrier », confie-t-elle à France 3 Pays de la Loire, comme le rapporte BFM - Faits Divers. « Je commence à angoisser, mais dans un autre sens, il faut que ça se fasse. J’ai besoin de savoir ». La grand-mère, qui dit être « sûre que c’est lui », attend de ce procès une forme de clôture après deux décennies de doute et de deuil inachevé.

Son parcours depuis la disparition de Jonathan est jalonné de épreuves. Après l’annonce de sa mort, Chantal Munier a sombré dans une profonde dépression, une période sombre qu’elle évoque aujourd’hui avec une rare franchise. « C’était le plus mignon des petits-enfants », souligne-t-elle, rappelant les liens maintenus malgré la distance géographique. Avant 2004, elle vivait loin de son petit-fils et ne pouvait lui rendre visite aussi souvent qu’elle l’aurait souhaité. Pourtant, les échanges téléphoniques et les lettres permettaient de garder un lien, jusqu’à la date fatidique de sa disparition.

En 2007, elle a choisi de s’installer à Saint-Nicolas-de-Redon, une commune située à environ une heure de route de Saint-Brévin-les-Pins. « Mon mari de l’époque trouvait que ça serait trop dur pour moi », explique-t-elle. Depuis, elle se rend régulièrement à l’étang où le corps de Jonathan a été retrouvé, y passant parfois un quart d’heure avant de repartir. « J’y passe un quart d’heure et puis je repars », précise-t-elle, comme pour marquer l’absence de réconfort dans ces visites symboliques.

Les parents de Jonathan, également endeuillés, seront présents aux audiences. Leur présence aux côtés de Chantal Munier illustre la dimension collective de ce drame, qui a traversé les années sans jamais trouver de réponse définitive. Martin Ney, déjà incarcéré en Allemagne pour d’autres affaires, a été extradé vers la France pour répondre de ces accusations. Les enquêteurs s’appuient sur des éléments matériels et des aveux partiels pour étayer l’accusation, même si le suspect nie les faits les plus graves.

Les débats s’annoncent particulièrement sensibles, d’autant que l’affaire a marqué les mémoires locales. La disparition de Jonathan Coulom avait suscité une mobilisation exceptionnelle des forces de l’ordre et des bénévoles, sans succès immédiat. Ce n’est qu’après plusieurs semaines d’enquête que le corps du jeune garçon a été localisé, révélant l’horreur d’un crime prémédité. Aujourd’hui, les proches espèrent que la justice apportera enfin des éclairages sur les circonstances exactes de sa mort.

Et maintenant ?

Si les assises de Nantes rendent leur verdict d’ici la fin du mois de juin, les conséquences de ce procès pourraient dépasser le cadre judiciaire. Pour Chantal Munier et la famille de Jonathan, l’objectif est double : obtenir une reconnaissance officielle de la culpabilité de Martin Ney, mais aussi tourner une page après plus de vingt ans d’incertitude. Les proches du défunt attendent également des réponses sur les motivations du suspect et les éventuels complices, bien que l’enquête n’ait pas révélé d’éléments probants à ce sujet pour l’instant.

Le procès s’annonce comme un moment charnière, où les souvenirs douloureux de 2004 resurgiront inévitablement. Chantal Munier, malgré sa détermination, devra composer avec l’émotion que ne manquera pas de susciter la confrontation avec l’accusé. « Il faut que ça se fasse », répète-t-elle, comme pour se convaincre elle-même. Pour les familles des victimes de crimes non élucidés, ces audiences représentent souvent une étape cruciale dans le processus de deuil – même si la justice ne peut effacer totalement la douleur des années perdues.

Reste à savoir si les éléments présentés par l’accusation suffiront à emporter la conviction des jurés. Martin Ney, qui a déjà purgé une peine en Allemagne, pourrait écoper d’une condamnation à la perpétuité incompressible en cas de reconnaissance de sa culpabilité. La cour d’assises de Nantes aura donc la lourde tâche de trancher un dossier vieux de plus de deux décennies, dans un contexte où les attentes des proches et de l’opinion publique sont particulièrement fortes.

Martin Ney a été extradé vers la France après que les enquêteurs français ont établi un lien entre son profil et la disparition de Jonathan Coulom. Bien que condamné en Allemagne pour des faits pédophiles et des meurtres d’enfants, il n’avait jamais été inquiété pour ce crime en France. L’extradition permet désormais à la justice française de statuer sur sa responsabilité dans cette affaire spécifique.

Si Martin Ney est reconnu coupable, il risque une peine de réclusion criminelle à perpétuité, la peine maximale en France. Une condamnation définitive pourrait également ouvrir la voie à des indemnisations pour les proches de la victime, bien que le processus reste long et incertain. Enfin, les autorités judiciaires pourraient réexaminer d’éventuels liens avec d’autres affaires non résolues en Europe.