La France redevient une destination de choix pour les tournages des grands studios américains. Selon Le Figaro, cette tendance s’observe particulièrement en cette mi-mai 2026, alors que les professionnels d’Hollywood cherchent à réduire leurs coûts tout en bénéficiant d’atouts logistiques et fiscaux avantageux. L’annonce de ce retour en force coïncide avec l’ouverture du Festival de Cannes, où les représentants du cinéma français multiplient les rencontres stratégiques pour convaincre les majors américaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Un retour marqué des studios américains en France, après plusieurs années d’éclipse.
  • Des projets colossaux estimés à 150 millions d’euros par tournage, avec un impact économique et d’emplois significatif.
  • Des coûts de production élevés aux États-Unis, poussant les producteurs à délocaliser, y compris des réalisateurs emblématiques comme Mel Gibson.
  • La France mise sur ses infrastructures comme les studios de Bry-sur-Marne pour séduire les studios étrangers.
  • Un alignement de planètes : fiscalité avantageuse, main-d’œuvre qualifiée et cadre cinématographique reconnu.

Gaëtan Bruel, directeur du Centre national du cinéma (CNC), a souligné lors d’un entretien ce vendredi 15 mai sur la Croisette que la France n’est plus seulement une destination de repli pour les tournages, mais bien « la prochaine destination de leurs productions ». Pour preuve, le CNC soutient 69 films français cette année, un signal fort envoyé aux investisseurs étrangers. « On arrive avec des projets à 150 millions d’euros, on crée des emplois et on fait rayonner l’image de la France dans le monde », a-t-il expliqué à Le Figaro.

Ce revirement s’explique aussi par l’explosion des coûts de production aux États-Unis. « Tourner aux États-Unis est devenu trop cher, y compris pour les Américains », précise le quotidien. Même des figures proches de l’administration Trump, comme Mel Gibson — souvent présenté comme un « ambassadeur » du président américain à Hollywood — ont choisi de délocaliser leurs projets. Par ailleurs, l’engouement pour les films de super-héros commence à s’essouffler, obligeant les studios à diversifier leurs investissements et à chercher des alternatives plus économiques.

Les atouts de la France face à la concurrence

La France mise sur plusieurs leviers pour attirer les productions internationales. D’abord, son soutien financier via des dispositifs comme le crédit d’impôt cinéma, l’un des plus attractifs d’Europe. Ensuite, la qualité de ses studios modernes, comme ceux de Bry-sur-Marne, en région parisienne, qui offrent des plateaux aux normes internationales. Enfin, le savoir-faire technique et artistique du pays, reconnu mondialement, joue un rôle clé dans la décision des producteurs.

Ce retour en grâce intervient après des années de désaffection. « La France était perçue jusqu’à présent comme une destination pour se reposer après un tournage, mais aujourd’hui, elle devient un lieu de tournage à part entière », a confirmé Gaëtan Bruel. Cette mutation s’accompagne d’un enjeu économique majeur : chaque tournage représente des milliers d’emplois et un apport financier direct pour les régions accueillantes. « Peu d’industries sont capables comme le cinéma d’arriver avec des projets à 150 millions d’euros », rappelle-t-il.

Des projets ambitieux en vue : White Lotus, James Bond et Tim Burton

Plusieurs projets phares pourraient concrétiser ce retour des studios américains. Selon Le Figaro, la série White Lotus, produite par HBO, est en discussion pour un tournage en France. De même, des rumeurs persistent autour d’un nouveau volet de la saga James Bond, tandis que le réalisateur Tim Burton aurait exprimé son intérêt pour un projet sur le sol français. Ces annonces, encore officieuses, reflètent l’engouement croissant pour le territoire.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation de l’industrie cinématographique mondiale. Les studios cherchent à optimiser leurs budgets après des années de dépenses colossales, notamment dans les blockbusters. La France, avec son écosystème structuré et ses aides publiques, apparaît comme une solution idéale. « Les super-héros ont fini par lasser, les studios exigent des retours sur investissement plus rapides et plus sûrs », analyse un observateur du secteur cité par Le Figaro.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer cette tendance. Plusieurs réunions sont prévues entre les producteurs américains et les autorités françaises, notamment pour finaliser les accords sur les crédits d’impôt et les infrastructures. Une première annonce officielle pourrait intervenir d’ici la fin du mois de mai, à l’occasion du Marché du Film de Cannes. Pour l’instant, le gouvernement et le CNC misent sur une hausse de 20 % des tournages étrangers d’ici 2027, un objectif ambitieux mais réaliste au vu des signaux envoyés.

Ce retour des studios américains en France dépasse le simple cadre économique. Il s’agit aussi d’un enjeu d’image pour le pays, qui souhaite réaffirmer son statut de capitale mondiale du cinéma. En accueillant des productions majeures, la France renforce sa visibilité internationale et attire de nouveaux talents. Reste à voir si cette dynamique se confirmera dans la durée, ou si elle restera ponctuelle, liée à des circonstances conjoncturelles.

Pour l’heure, les professionnels du secteur saluent cette embellie. « C’est une opportunité unique de montrer que la France n’est pas seulement un décor, mais un lieu de création à part entière », confie un producteur sous couvert d’anonymat. À suivre, donc, sur la Croisette et au-delà.

La France offre un crédit d’impôt cinéma parmi les plus avantageux d’Europe, des studios modernes comme ceux de Bry-sur-Marne, et un savoir-faire technique reconnu. Sans oublier son cadre juridique stable et son accès à une main-d’œuvre qualifiée, deux atouts décisifs pour les producteurs.

Chaque tournage représente des milliers d’emplois directs et indirects, ainsi qu’un apport financier significatif pour les régions hôtes. Avec des projets estimés à 150 millions d’euros, l’impact global sur l’économie française pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par an si la tendance se confirme.