Le troisième plus grand lac de Hongrie, le lac de Velence, voit son niveau d’eau atteindre des seuils critiques en ce mois de juin 2026. Selon Courrier International, « une catastrophe se profile au lieu d’une saison touristique », alors que les rives reculent et que le plan d’eau se fragmente en plusieurs bassins isolés. Le 9 juin dernier, des enfants tentaient encore de s’y baigner dans les zones peu profondes, comme en témoignent les images de l’agence Reuters, mais la situation est désormais alarmante.

Ce qu'il faut retenir

  • Le niveau du lac de Velence est historiquement bas en juin 2026, selon Nepzsava.
  • Le lac, troisième plus grand de Hongrie, se fragmente en bassins isolés en raison de l’absence d’alimentation par des cours d’eau de surface.
  • Un printemps exceptionnellement sec et un déficit pluviométrique chronique dans la région aggravent la situation.
  • La baisse du niveau menace l’activité touristique et la pêche, déjà en déclin.
  • Les maires locaux réclament une intervention gouvernementale pour éviter l’arrêt de la navigation d’ici la fin de l’été.

Un lac peu profond et vulnérable face aux aléas climatiques

Le Velencei-to, son nom hongrois, s’étend entre Budapest et le lac Balaton, deux destinations majeures du tourisme local. Pourtant, ce plan d’eau de 24,5 km², aux eaux peu profondes, est particulièrement exposé aux variations climatiques. Comme le rappelle le média en ligne 24.hu, « il est très sensible aux phénomènes météorologiques extrêmes, car son bassin-versant est restreint et il ne bénéficie que de deux sources d’alimentation ». Autant dire que, sans apport régulier, le lac ne peut compenser une évaporation accrue ou un manque de précipitations.

La région souffre depuis plusieurs années d’un déficit pluviométrique marqué. Les données météorologiques confirment une tendance à la baisse des précipitations, aggravée par des hivers et printemps anormalement secs. « Le lac baisse dangereusement », alertait déjà fin mai le reportage de la chaîne RTL, principal média privé du pays. Les images montrent des étendues de vase là où l’eau disparaissait quelques semaines plus tôt.

Tourisme et pêche en première ligne

Le lac de Velence est une destination prisée des Hongrois pour la détente, la pêche et les activités nautiques. Pourtant, la baisse du niveau d’eau a un impact direct sur ces activités. Selon RTL, « le site attire moins de pêcheurs et de touristes en raison du niveau d’eau extrêmement bas ». Les visiteurs sont dissuadés par l’aspect asséché des rives et la difficulté à accéder aux zones encore navigables. « La circulation des bateaux pourrait s’arrêter d’ici à la fin de l’été si la tendance actuelle dure », précise la chaîne.

Cette situation préoccupe les élus locaux. Les maires des communes riveraines multiplient les appels à l’aide, exigeant une intervention urgente du gouvernement hongrois. Pour eux, sans mesures rapides, le lac pourrait perdre son attractivité économique, mettant en péril les emplois liés au tourisme et à la pêche. « Nous avons besoin d’une réponse concrète avant que la situation ne devienne irréversible », a déclaré l’un d’eux à RTL.

Un écosystème en danger

Au-delà de l’aspect économique, le lac de Velence abrite une biodiversité spécifique, adaptée à un milieu aquatique peu profond et riche en nutriments. Les experts craignent que la baisse du niveau d’eau ne perturbe durablement les espèces locales, notamment les poissons et les oiseaux migrateurs qui s’y reposent. Les zones humides en bordure du lac, déjà réduites, risquent de disparaître, supprimant des habitats naturels essentiels. « Ces milieux sont fragiles et leur disparition aurait des répercussions en cascade sur tout l’écosystème », explique un hydrologue cité par 24.hu.

Les associations environnementales appellent à une gestion durable des ressources en eau dans la région. Elles soulignent que le lac de Velence illustre un phénomène plus large en Hongrie, où de nombreux plans d’eau subissent les effets du changement climatique. Les solutions envisagées incluent la restauration des zones humides, la limitation des prélèvements d’eau pour l’agriculture ou encore la création de bassins de rétention pour compenser les périodes de sécheresse.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour le lac de Velence. Les autorités locales et nationales doivent se prononcer sur les mesures à adopter avant la fin de l’été, période où le tourisme est traditionnellement le plus actif. Une décision sur d’éventuels travaux de réalimentation ou des restrictions d’usage de l’eau pourrait intervenir d’ici la mi-juillet, selon des sources proches du dossier. Pour les experts, une solution durable passera nécessairement par une meilleure gestion des ressources en eau à l’échelle régionale, dans un contexte où les épisodes de sécheresse risquent de se multiplier.

Un signal d’alerte pour l’Europe centrale

Le cas du lac de Velence n’est pas isolé en Europe centrale. Plusieurs pays de la région, comme la Slovaquie ou la Roumanie, font face à des problèmes similaires avec leurs lacs et rivières. La Hongrie, déjà touchée par des pénuries d’eau récurrentes, pourrait devenir un laboratoire des politiques d’adaptation au changement climatique. Les prochains mois diront si les autorités sauront transformer cette crise en opportunité pour repenser la gestion de l’eau.

Pour les habitants et les visiteurs, le lac de Velence reste un lieu de mémoire et de détente. Mais son avenir dépendra désormais des décisions prises dans l’urgence — et des pluies qui, pour l’heure, se font encore attendre.

Les causes sont multiples : un printemps exceptionnellement sec, un déficit pluviométrique chronique dans la région, et l’absence de cours d’eau de surface importants pour alimenter le lac. Le lac de Velence est également peu profond et son bassin-versant restreint, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux variations climatiques.

La baisse du niveau d’eau réduit l’attractivité touristique du lac, déjà moins fréquenté par les pêcheurs et les plaisanciers. Les élus locaux craignent une perte d’emplois dans le secteur du tourisme et de la pêche. À terme, si la situation s’aggrave, la navigation pourrait être suspendue d’ici la fin de l’été.