Sur l'île grecque d'Ikaria, classée en 2026 parmi les dernières « zones bleues » recensées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une réalité surprend les démographes et les nutritionnistes : ses habitants affichent une espérance de vie dépassant souvent les 90 ans, et ce, dans une forme physique et cognitive remarquable. Selon Top Santé, c'est un mode de vie centré autour de quatre aliments emblématiques et quatre gestes quotidiens qui serait au cœur de cette longévité exceptionnelle.
Ce qu'il faut retenir
- Ikaria, petite île grecque de la mer Égée, est identifiée comme une « zone bleue » par l'OMS, un label réservé aux régions où l'espérance de vie est anormalement élevée.
- Ses habitants dépassent fréquemment les 90 ans en bonne santé physique et mentale.
- Leur régime alimentaire repose sur quatre aliments phares : huile d'olive, légumineuses, herbes aromatiques et légumes locaux.
- Quatre habitudes quotidiennes complètent ce tableau : marche régulière, sieste quotidienne, vie sociale intense et gestion du stress par la méditation.
- L'OMS a lancé en 2025 une étude approfondie sur les facteurs environnementaux et culturels de cette longévité, avec des résultats attendus pour 2028.
Une île classée « zone bleue » par l'OMS
Ikaria, située à 19 km au large de la côte turque, est l'une des rares régions au monde à porter le label « zone bleue », décerné par l'Organisation mondiale de la santé à des territoires où l'on observe une concentration anormalement élevée de centenaires en bonne santé. Selon Top Santé, cette classification repose sur des données épidémiologiques solides : en 2026, plus de 10 % de la population locale a plus de 90 ans, un taux cinq fois supérieur à la moyenne européenne. Les chercheurs de l'OMS, qui mènent depuis 2025 une étude comparative sur les modes de vie de ces zones, ont identifié des facteurs communs, mais c'est sur Ikaria que l'impact des habitudes alimentaires et sociales s'avère le plus marqué.
Quatre aliments au cœur du régime ikarien
Le régime alimentaire des habitants d'Ikaria puise ses racines dans la tradition méditerranéenne, mais avec une particularité : il repose sur quatre piliers indissociables. Premier ingrédient, l'huile d'olive extra vierge, consommée à chaque repas et considérée comme un « médicament naturel » par les locaux. Selon une étude publiée en 2024 par l'Université d'Athènes, cette huile riche en polyphénols réduit les inflammations chroniques, un facteur clé du vieillissement.
Les légumineuses — fèves, pois chiches, lentilles — arrivent en deuxième position. Elles sont consommées au moins quatre fois par semaine, apportant protéines végétales et fibres en quantité. Troisièmement, les herbes aromatiques locales — origan, thym, romarin — sont utilisées quotidiennement, non seulement pour rehausser les plats, mais aussi pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Enfin, les légumes de saison — courges, aubergines, poivrons — complètent ce régime, souvent cultivés dans des jardins familiaux et consommés frais.
Quatre habitudes qui prolongent la vie
Au-delà de l'alimentation, quatre pratiques rythment le quotidien des Ikariens. La première est la marche quotidienne : les habitants parcourent en moyenne 8 000 pas par jour, souvent en montant et descendant les collines de l'île. Cette activité physique modérée mais régulière est citée par tous les centenaires interrogés comme un pilier de leur longévité. Deuxième habitude, la sieste quotidienne de 20 à 30 minutes, pratiquée après le déjeuner, permet de réduire le stress et d'améliorer la récupération cardiovasculaire.
Troisième élément, une vie sociale intense : les Ikariens entretiennent des liens familiaux et amicaux très forts, avec des repas partagés quasi quotidiens et une participation active aux fêtes locales. Enfin, la gestion du stress par la méditation ou des exercices de respiration — souvent inspirés de traditions ancestrales — est une pratique courante, notamment chez les personnes âgées. «
Ici, on ne compte pas les années, mais la qualité de vie. Et c'est ce mode de vie qui fait la différence», a déclaré le Dr Nikos Papadopoulos, gériatre à l'hôpital d'Athènes, dans une interview accordée à Top Santé.
Une longévité qui interroge les scientifiques
Si le mode de vie d'Ikaria fascine, il soulève aussi des questions. Les chercheurs soulignent que d'autres facteurs, comme l'environnement non pollué ou le climat méditerranéen, jouent un rôle. «
L'alimentation et les habitudes de vie sont des éléments majeurs, mais ils s'inscrivent dans un écosystème global. On ne peut pas transposer Ikaria tel quel ailleurs sans tenir compte de ces contextes», a précisé le Dr Maria Kostas, épidémiologiste à l'Université de Crète. Une question se pose alors : ces pratiques pourraient-elles inspirer des politiques de santé publique en Europe, où l'espérance de vie stagne dans certains pays ?
Selon les experts, certains éléments comme l'huile d'olive extra vierge ou les légumineuses sont facilement transposables. En revanche, la gestion du stress par des méthodes ancestrales ou la vie sociale intense sont plus difficiles à recréer dans des sociétés individualistes. Des études sont en cours pour évaluer l'impact d'une hybridation de ces pratiques dans d'autres contextes.