Les infections sexuellement transmissibles (IST) battent des records en Europe, selon les dernières données publiées jeudi 21 mai 2026 par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). En 2024, le nombre de cas de gonorrhée a atteint 106 331, soit une augmentation de près de 300 % en dix ans, tandis que les cas de syphilis ont plus que doublé, s’élevant à 45 577. Ces chiffres, révélés par Franceinfo - Santé, illustrent une propagation alarmante de ces infections, avec des conséquences graves pour la santé publique.

Ce qu'il faut retenir

  • 106 331 cas de gonorrhée enregistrés en Europe en 2024, en hausse de près de 300 % depuis 2014.
  • 45 577 cas de syphilis signalés, soit plus du double en dix ans.
  • La syphilis congénitale, transmise aux nouveau-nés, a presque doublé entre 2023 et 2024.
  • La chlamydia reste l’IST la plus fréquente, avec 213 443 cas déclarés.
  • Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont le groupe le plus touché.
  • L’ECDC appelle à des mesures urgentes pour renforcer le dépistage et la prévention.

Une hausse généralisée des IST en Europe

Les rapports publiés par l’ECDC jeudi 21 mai 2026 confirment une tendance inquiétante : les IST d’origine bactérienne, comme la gonorrhée et la syphilis, atteignent des niveaux sans précédent depuis plus de dix ans. Ces infections, si elles ne sont pas traitées, peuvent entraîner des complications graves, telles que des douleurs chroniques, l’infertilité, ou encore des problèmes cardiaques et neurologiques dans le cas de la syphilis. Bruno Ciancio, chef d’unité à l’ECDC, a souligné dans un communiqué que « les infections sexuellement transmissibles sont en hausse depuis dix ans et ont atteint des niveaux records en 2024 ».

Le nombre de cas de chlamydia, bien que toujours dominant parmi les IST, reste stable avec 213 443 déclarations en 2024. Cependant, c’est la progression fulgurante de la syphilis congénitale qui suscite le plus d’inquiétudes. Entre 2023 et 2024, les cas ont presque doublé, passant à un niveau qui n’avait plus été observé depuis des décennies. Cette infection, transmise directement aux nouveau-nés, peut entraîner des complications à vie pour l’enfant.

Les populations les plus vulnérables face à cette épidémie

Certains groupes de population sont plus exposés que d’autres. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes restent les plus touchés par la gonorrhée et la syphilis, avec des hausses marquées sur le long terme. Côté hétérosexuel, la syphilis progresse particulièrement chez les femmes en âge de procréer, ce qui explique en partie l’augmentation des cas de syphilis congénitale. Ces disparités soulignent l’urgence d’adapter les stratégies de prévention et de dépistage en fonction des populations cibles.

Bruno Ciancio a également rappelé que « le plus inquiétant est l’explosion des cas de syphilis congénitale ». Cette situation met en lumière les lacunes persistantes dans l’accès aux soins et l’efficacité des campagnes de prévention. Sans traitement adapté, ces infections peuvent laisser des séquelles irréversibles, tant pour les adultes que pour les enfants. L’ECDC insiste sur la nécessité d’utiliser des préservatifs, seule méthode efficace pour limiter la transmission.

Des lacunes persistantes en matière de dépistage et de prévention

Selon les experts, la hausse des IST en Europe s’explique en grande partie par des défaillances dans les systèmes de dépistage et de prévention. Dans plusieurs pays, les services de santé publique peinent à suivre le rythme de la propagation, notamment en raison de budgets insuffisants ou de structures inadaptées. L’ECDC a pointé du doigt « des lacunes croissantes en matière de dépistage et de prévention », appelant les États membres à investir d’urgence dans des solutions accessibles.

Pour inverser la tendance, l’agence européenne recommande plusieurs mesures : faciliter l’accès aux tests, garantir un traitement rapide, et mettre en place des systèmes d’alerte plus efficaces pour tracer les partenaires exposés. Sans une réponse coordonnée, les conséquences pourraient s’aggraver, notamment en creusant les inégalités d’accès aux soins et en aggravant les problèmes de santé publique. « Les stratégies nationales doivent être mises à jour de toute urgence », a insisté l’ECDC dans son communiqué.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer la réaction des autorités sanitaires européennes. Les États membres ont été exhortés à présenter des plans concrets d’ici la fin de l’année 2026, avec un accent particulier sur le renforcement des campagnes de sensibilisation et l’amélioration de l’accès aux préservatifs. Si aucune mesure forte n’est prise, les experts craignent une poursuite de la hausse des cas, avec des répercussions durables sur la santé reproductive des populations.

Reste à voir si les gouvernements parviendront à mobiliser les ressources nécessaires pour endiguer cette épidémie. Une chose est sûre : le statu quo n’est plus une option. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et les risques pour la santé publique sont trop importants pour être ignorés.

Selon les données de l’ECDC, la gonorrhée et la syphilis sont les deux infections qui enregistrent les hausses les plus marquées, avec respectivement 106 331 et 45 577 cas en 2024. La syphilis congénitale, bien que moins fréquente, suscite une inquiétude particulière en raison de son augmentation de près de 100 % entre 2023 et 2024.

Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs, notamment la progression de la syphilis chez les femmes en âge de procréer et des lacunes dans le dépistage prénatal. L’ECDC souligne que les systèmes de surveillance et d’alerte des partenaires doivent être renforcés pour éviter la transmission aux nouveau-nés.