Une nouvelle suspicion d'effet secondaire grave a été portée à la connaissance des autorités sanitaires et des professionnels de santé concernant les injections à base de sémaglutide, commercialisées notamment sous le nom d'Ozempic. Selon Top Santé, des médecins ont alerté sur un risque rare mais potentiel d'atteinte du nerf optique, une complication qui pourrait toucher les patients traités pour la perte de poids. Cette mise en garde intervient dans un contexte où ces traitements, initialement conçus pour le diabète de type 2, connaissent un usage croissant dans la gestion de l'obésité.
Ce qu'il faut retenir
- Une atteinte rare du nerf optique, appelée neuropathie optique ischémique, est suspectée en lien avec les injections de sémaglutide, dont Ozempic est l'un des représentants.
- L'Agence européenne du médicament (EMA) a pris position sur cette question, confirmant l'existence d'un signal de sécurité.
- Les médecins appellent à une vigilance accrue, tout en insistant sur la nécessité de ne pas interrompre brutalement un traitement en cours sans avis médical.
Un risque identifié par des professionnels de santé
Les premiers signaux d'alerte sont venus de médecins qui ont observé des cas de neuropathie optique ischémique chez des patients traités par sémaglutide. Selon Top Santé, cette complication, bien que rare, se caractérise par une baisse brutale de la vision, parfois unilatérale, pouvant conduire à une perte de vision permanente si elle n'est pas prise en charge rapidement. Les cas rapportés concernent des patients traités pour la perte de poids, une indication non encore validée par toutes les autorités sanitaires pour ce type de molécule.
La suspicion porte sur l'Ozempic et d'autres médicaments à base de sémaglutide, comme le Wegovy, également utilisé dans la prise en charge de l'obésité. Top Santé précise que ces traitements agissent en imitant l'action d'une hormone naturelle, la GLP-1, qui régule la glycémie et la sensation de satiété. Leur popularité s'est accrue ces dernières années en raison de leur efficacité démontrée dans la perte de poids, mais leurs effets secondaires à long terme restent encore en cours d'évaluation.
L'EMA confirme l'existence d'un signal de sécurité
Face à ces signalements, l'Agence européenne du médicament (EMA) a décidé d'ouvrir une enquête pour évaluer le lien de causalité entre les injections de sémaglutide et les cas de neuropathie optique ischémique. Dans un communiqué publié en juin 2026, l'agence a indiqué que « plusieurs cas ont été rapportés » et que cette complication « pourrait être un effet indésirable potentiel » de ces traitements. L'EMA a ajouté qu'elle travaillait en étroite collaboration avec les autres autorités sanitaires, dont l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en France, pour affiner l'analyse des données disponibles.
Cette décision intervient alors que les prescriptions d'Ozempic et de ses génériques explosent en Europe, portées par la demande croissante pour des solutions contre l'obésité. Selon les dernières données disponibles, plus de 5 millions de patients en Europe utiliseraient ces traitements, principalement des femmes âgées de 30 à 60 ans. L'EMA a d'ores et déjà recommandé aux professionnels de santé de surveiller attentivement l'apparition de symptômes visuels chez leurs patients sous sémaglutide et d'envisager une suspension du traitement en cas de doute.
Comment réagir sans paniquer ?
Face à cette nouvelle suspicion, les autorités sanitaires et les sociétés savantes insistent sur la nécessité de ne pas céder à la panique. Les médecins recommandent aux patients sous Ozempic ou Wegovy de consulter leur praticien en cas de troubles visuels soudains, tels qu'une vision floue, une perte de vision partielle ou des douleurs oculaires. « Il est essentiel de ne pas arrêter son traitement sans avis médical », a souligné le Dr. Martin Dubois, ophtalmologiste et membre de la Société française d'ophtalmologie. « Une interruption brutale pourrait aggraver certains symptômes ou entraîner une reprise de poids rapide, surtout dans le cadre d'un traitement pour l'obésité. »
Les experts rappellent que le risque de neuropathie optique ischémique reste rare et que les bénéfices des traitements par sémaglutide dans la gestion du diabète et de l'obésité continuent de justifier leur utilisation sous surveillance médicale. Ils encouragent les patients à discuter avec leur médecin des bénéfices et des risques spécifiques à leur situation. Top Santé rappelle également que ces médicaments ne sont pas anodins : ils peuvent entraîner des effets secondaires digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) ou des risques d'hypoglycémie en cas d'association avec d'autres antidiabétiques.
Cette situation illustre les défis posés par l'utilisation croissante de médicaments initialement conçus pour une pathologie donnée, mais détournés vers d'autres usages, comme la perte de poids. Elle rappelle aussi l'importance de la surveillance post-commercialisation pour identifier des effets indésirables rares mais graves.
Les symptômes incluent une baisse brutale de la vision, souvent unilatérale, une vision floue ou déformée, ainsi que des douleurs oculaires. En cas d'apparition de ces signes, il est impératif de consulter rapidement un ophtalmologiste.
Non. Il est fortement déconseillé d'arrêter son traitement sans avis médical. Une interruption brutale pourrait entraîner une reprise de poids ou aggraver certains symptômes. Consultez votre médecin pour évaluer la situation au cas par cas.