Avec seulement le prix d’un petit appartement parisien, des milliers de Français accèdent désormais à des résidences haut de gamme sur la Costa Blanca, dotées de piscines, salles de sport et services de conciergerie, à quelques minutes des plages espagnoles. Selon Capital, cette côte méditerranéenne attire désormais une clientèle diversifiée, allant des investisseurs en quête de rendement aux retraités préparant leur installation définitive.

Ce qu'il faut retenir

  • Le prix moyen au m² à Denia atteint 3 300 euros en 2026, contre plus de 9 000 euros à Paris selon les Notaires du Grand Paris
  • Les résidences neuves avec équipements intégrés (piscine, salle de sport, conciergerie) séduisent particulièrement les acheteurs français
  • Les acquisitions sans crédit restent fréquentes, notamment pour des budgets entre 150 000 et 200 000 euros
  • Le marché espagnol compte des risques liés à l’urbanisme et aux licences de location touristique, désormais plus difficiles à obtenir
  • L’Espagne se classe parmi les destinations préférées des expatriés européens selon le classement InterNations 2025

L’attrait pour la Costa Blanca s’explique avant tout par un écart de prix spectaculaire avec le marché français. À Denia, station balnéaire située entre Valence et Alicante, le prix moyen au mètre carré s’élève à 3 300 euros en 2026, d’après le portail immobilier espagnol Idealista. À titre de comparaison, les Notaires du Grand Paris enregistrent un prix moyen supérieur à 9 000 euros au m² dans la capitale française.

Les nouvelles résidences construites sur la Costa Blanca proposent des prestations autrefois réservées à une élite : piscines communautaires, salles de sport, espaces extérieurs paysagers et services de conciergerie. « On trouve encore des appartements entre 3 000 et 4 000 euros du mètre carré à proximité de la mer, avec piscine, parking et concierge », précise Vincent Jos, agent immobilier entre Paris et la Costa Blanca. Selon lui, « les prix restent très inférieurs à ceux du littoral français, malgré des équipements comparables ».

Les profils des acheteurs français ont évolué. Vincent Jos explique que « la majorité de ma clientèle française recherche avant tout une résidence secondaire ». Beaucoup acquièrent un bien qu’ils occupent quelques semaines par an, avant de le louer le reste du temps via une conciergerie locale. À côté de ces investisseurs, les futurs retraités sont de plus en plus nombreux à préparer leur installation définitive en Espagne. « Ils préparent leurs beaux jours et leur future résidence principale pour la retraite », résume le professionnel.

Cet engouement s’inscrit dans un contexte plus large favorable à l’Espagne. Le classement 2025 d’InterNations place le pays parmi les destinations préférées des expatriés européens, grâce à son climat, sa qualité de vie et un coût de la vie souvent jugé plus abordable qu’en France ou dans plusieurs pays d’Europe du Nord. Les résidences secondaires et les investissements étrangers sur le littoral méditerranéen espagnol ont ainsi connu une forte croissance ces dernières années.

Des modes de financement variés, mais des règles à maîtriser

Sur la Costa Blanca, les acquisitions réalisées sans crédit restent très fréquentes. « Les achats entre 150 000 et 200 000 euros sont souvent financés comptant pour des appartements proches de la mer », observe Vincent Jos. Les retraités qui vendent leur résidence principale en France réinjectent régulièrement le capital dans leur futur logement espagnol. D’autres passent par une banque française, qui prend généralement une garantie sur un bien détenu en France pour financer l’achat en Espagne.

Les banques espagnoles financent également les non-résidents, mais exigent souvent un apport minimum de 30 %. « La banque espagnole mandate aussi un expert immobilier pour vérifier la valeur réelle du bien avant d’accorder le financement », précise l’agent immobilier. Les acheteurs doivent également obtenir un NIE, le numéro d’identification indispensable pour acheter un bien en Espagne. Ce document, délivré par les autorités espagnoles, est obligatoire pour toutes les transactions immobilières.

Un marché attractif, mais semé d’embûches

Derrière les résidences avec piscine et les prix attractifs se cachent plusieurs pièges. « Dans les années 1980 et 1990, beaucoup de constructions ont été réalisées sans respecter totalement les règles d’urbanisme », explique Vincent Jos. Certaines extensions ou constructions illégales ne sont découvertes qu’au moment de la revente, avec à la clé des régularisations parfois complexes. Ces irrégularités peuvent entraîner des surcoûts ou des litiges avec les promoteurs.

La location touristique est devenue un autre point de vigilance majeur. « Le principal risque reste d’acheter un bien qui ne pourra finalement pas être exploité en location saisonnière », alerte l’agent immobilier. Sur certaines zones de la Costa Blanca, obtenir une licence touristique relève désormais du parcours du combattant. Certains promoteurs négocient directement avec les communes pour sécuriser ces autorisations avant même la commercialisation des programmes neufs.

Ces restrictions s’inscrivent dans une volonté des autorités espagnoles de reprendre la main sur un marché immobilier de plus en plus sous pression. L’afflux d’investisseurs étrangers et l’explosion des résidences secondaires sur le littoral méditerranéen ont en effet poussé les pouvoirs publics à durcir les règles. Objectif : éviter une spéculation excessive et préserver l’accès au logement pour les résidents locaux.

Et maintenant ?

Les experts anticipent une poursuite de l’attractivité de la Costa Blanca en 2026, portée par la recherche de rendement et la quête de qualité de vie. Cependant, les nouvelles réglementations sur les licences de location touristique pourraient freiner certains investissements. Les prochaines élections municipales espagnoles, prévues en 2027, pourraient également influencer les politiques locales en matière d’urbanisme et de tourisme. Les acheteurs potentiels sont donc invités à se renseigner en amont sur les spécificités réglementaires de chaque commune.

Pour les Français souhaitant investir dans l’immobilier espagnol, la prudence reste de mise. Si les prix et le cadre de vie séduisent, les risques juridiques et administratifs nécessitent une préparation minutieuse. Les professionnels du secteur recommandent de faire appel à des experts locaux pour sécuriser les transactions et éviter les mauvaises surprises.

Outre le prix d’achat, les frais annexes incluent généralement les taxes (ITP pour les résidences existantes, TVA et droits d’enregistrement pour le neuf), les honoraires de notaire, les frais d’agence et les coûts liés à l’obtention du NIE. Ces frais représentent entre 10 et 15 % du prix d’achat selon les cas.

Oui, tout bien immobilier détenu à l’étranger doit être déclaré en France. Les revenus locatifs perçus en Espagne sont imposables en France, après déduction des éventuels frais (gestion, entretien). Une convention fiscale entre la France et l’Espagne permet d’éviter une double imposition.