Depuis le 2 mars 2026, à la suite des frappes du Hezbollah sur Israël, l’État hébreu mène une campagne de bombardements systématiques dans le sud du Liban. Une approche qualifiée par plusieurs observateurs de « politique de la terre brûlée », comparable à celle observée dans la bande de Gaza ces dernières années. Cette escalade militaire, rapportée par Ouest France, s’inscrit dans un contexte régional déjà profondément marqué par les tensions israélo-libanaises.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le 2 mars 2026, l’État hébreu multiplie les frappes aériennes et terrestres dans le sud-Liban, détruisant des infrastructures civiles et militaires.
  • Les méthodes employées évoquent une stratégie de « terre brûlée », similaire à celle utilisée dans la bande de Gaza.
  • Le Hezbollah a riposté à partir du territoire libanais, déclenchant une spirale de violences qui s’étend depuis plusieurs mois.
  • Les bombardements ont déjà causé d’importants dégâts matériels et humains, selon les premières estimations disponibles.

Une réponse militaire israélienne d’une intensité inédite

L’armée israélienne a intensifié ses opérations dans le sud-Liban après les attaques du Hezbollah du 2 mars, ciblant des positions militaires mais aussi des zones résidentielles. Les frappes, qualifiées de « ciblées » par les autorités israéliennes, ont détruit des villages entiers, des routes et des infrastructures essentielles. Selon Ouest France, cette campagne vise à rendre la région « invivable », une stratégie déjà documentée lors des conflits précédents dans la région.

Les images satellites et les témoignages recueillis sur place montrent l’ampleur des destructions : des centaines de bâtiments réduits en cendres, des terres agricoles ravagées et des réseaux routiers coupés. Les autorités libanaises estiment que plus de 50 000 personnes ont été déplacées depuis le début des hostilités. — autant dire que la crise humanitaire prend une tournure alarmante.

Un parallèle inquiétant avec la bande de Gaza

Les observateurs internationaux soulignent les similitudes entre la situation actuelle au Liban et celle vécue à Gaza ces dernières années. Des experts en géopolitique, cités par Ouest France, parlent d’une « doctrine de la destruction systématique », où les infrastructures civiles sont délibérément ciblées pour affaiblir l’ennemi. « La stratégie israélienne au Liban rappelle celle appliquée à Gaza, où des quartiers entiers ont été rasés sous prétexte de neutraliser des positions ennemies », explique un analyste militaire.

Cette approche interroge la communauté internationale, déjà critique à l’égard des méthodes utilisées par Israël dans les territoires palestiniens. L’ONU a appelé à plusieurs reprises au respect du droit international humanitaire, sans obtenir de réponse concrète pour l’instant.

« Quand on parle de rendre une zone invivable, on ne parle plus de guerre conventionnelle, mais de punition collective. » — Un responsable de l’ONG Human Rights Watch, sous couvert d’anonymat

Le Hezbollah et le Liban sous pression

Le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, a joué un rôle central dans cette escalade. Depuis le début de l’année, ses combattants ont lancé des roquettes et des drones vers le nord d’Israël, provoquant des représailles israéliennes massives. Le gouvernement libanais, déjà fragilisé par une crise économique et politique, se trouve aujourd’hui dans une position délicate. Il tente de négocier une trêve, mais les exigences israéliennes — notamment le retrait du Hezbollah au-delà du fleuve Litani — semblent hors de portée.

Les habitants du sud-Liban, pris entre deux feux, paient le prix fort. « On ne sait plus où aller. Les abris sont détruits, et les hôpitaux sont saturés », témoigne un médecin de la ville de Tyr, interrogé par Ouest France. Les Nations unies ont lancé un appel aux dons pour faire face à la crise humanitaire, mais les fonds restent insuffisants.

Et maintenant ?

La situation reste extrêmement volatile. Les négociations indirectes, médiatisées par des pays tiers comme la France ou l’Égypte, pourraient aboutir à une trêve d’ici la fin du mois de juin. Cependant, aucun calendrier précis n’a été annoncé, et les frappes continuent de s’intensifier dans certaines zones. Les experts craignent une extension du conflit si aucune solution politique n’émerge rapidement. Quant aux populations civiles, elles devraient continuer à subir les conséquences de cette guerre sans fin.

Face à l’ampleur des destructions, la question se pose : jusqu’où Israël est-il prêt à aller pour affaiblir le Hezbollah ? La réponse pourrait bien définir l’avenir du sud-Liban pour les années à venir.

Le sud-Liban est une zone stratégique pour le Hezbollah, qui y dispose de nombreuses positions militaires et de bases logistiques. Israël vise à neutraliser ces infrastructures et à empêcher toute nouvelle attaque depuis ce territoire. Cette région abrite également une partie importante de la population chiite, base sociale et politique du groupe armé.