Selon Euronews FR, l’Italie compte cinq grandes routes de randonnée transnationales certifiées par le Conseil de l’Europe, offrant une expérience de « slow travel » unique en Europe. Ces itinéraires, regroupés sous le nom d’Antichi Cammini d’Italia, traversent des paysages emblématiques et des territoires chargés d’histoire, menant pour la plupart à Rome.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq itinéraires transnationaux certifiés par le Conseil de l’Europe traversent l’Italie : Via Francigena, Via di Francesco, Cammino di San Benedetto, Romea Strata et Via Romea Germanica.
  • Ces routes totalisent plus de 8 000 kilomètres, avec des étapes allant de 300 à 4 000 kilomètres selon les itinéraires.
  • La Via Francigena, la plus ancienne, suit le tracé décrit par l’archevêque Sigeric en 990 après J.-C. et s’étend sur 1 000 kilomètres en 45 étapes.
  • La Romea Strata, certifiée en juin 2025, est la plus récente et la plus ambitieuse, avec 4 000 kilomètres à travers sept pays.
  • Ces itinéraires sont promus dans le cadre du projet « Antichi cammini d’Italia », financé par l’Union européenne et le ministère italien du Tourisme.

Des routes anciennes toujours parcourues, du Moyen Âge à aujourd’hui

L’attrait pour Rome ne date pas d’hier : depuis plus de mille ans, des pèlerins venus d’Angleterre, d’Allemagne, des pays baltes ou encore du bassin méditerranéen empruntent les mêmes chemins pour se rendre à la capitale italienne. Selon Euronews FR, ces routes ne servaient pas seulement à la dévotion religieuse, mais aussi au commerce et à l’échange d’idées à travers le continent. Aujourd’hui, cinq de ces itinéraires historiques, encore balisés et fréquentés, forment un réseau certifié par le Conseil de l’Europe.

Parmi eux, la Via Francigena, ou « route venant de France », est la plus reconnue. Elle suit le récit du voyage de Sigeric, archevêque de Canterbury, qui en 990 après J.-C. a consigné les 79 étapes de son retour de Rome vers l’Angleterre. Ce document médiéval est devenu le plan d’une des grandes routes de randonnée d’Europe, s’étendant sur 1 000 kilomètres en 45 étapes à travers la Vallée d’Aoste, le Piémont, la Lombardie, l’Émilie-Romagne, la Ligurie, la Toscane et le Latium.

Des parcours pour tous les goûts : histoire, spiritualité et paysages préservés

Chaque itinéraire propose une expérience distincte. La Via di Francesco, par exemple, retrace les pas de saint François d’Assise (1182-1226), dont la vie est intimement liée aux paysages du centre de l’Italie. Ce chemin, divisé en deux branches (nord et sud), totalise 300 kilomètres en 13 étapes depuis Rome, avec des étapes marquées par des sites sacrés comme Greccio, où fut créée la première crèche en 1223. Ceux qui complètent l’intégralité du parcours reçoivent le Testimonium, un certificat remis à la basilique Saint-François d’Assise.

Pour ceux qui recherchent le calme et la préservation des paysages, le Cammino di San Benedetto est un choix judicieux. Ce chemin, moins connu mais tout aussi riche, relie trois lieux clés de la vie de saint Benoît : Norcia (sa naissance), Subiaco (où il vécut trente ans) et Montecassino (où il fonda son abbaye). Sur 300 kilomètres en 16 étapes, il traverse l’Ombrie et le Latium, offrant des paysages parmi les plus préservés d’Italie, comme Subiaco, où fut installée la première imprimerie italienne en 1465.

La Romea Strata et la Via Romea Germanica : deux itinéraires ambitieux et récents

La Romea Strata est le plus récent des itinéraires certifiés : elle a obtenu sa désignation du Conseil de l’Europe le 17 juin 2025. Avec plus de 4 000 kilomètres à travers sept pays (Italie, Autriche, Tchéquie, Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie), elle recrée le réseau de routes utilisées par les pèlerins des pays baltes pour rejoindre Rome. En Italie, sa section principale couvre 1 000 kilomètres en 47 étapes, de Tarvisio au Latium, avant de rejoindre la Via Francigena pour l’arrivée à Rome.

La Via Romea Germanica, quant à elle, s’appuie sur le récit médiéval de l’abbé Albert de Stade, qui consigna en 1236 un itinéraire de 2 200 kilomètres depuis Stade (nord de l’Allemagne) jusqu’à Rome. En Italie, le parcours entre par le col du Brenner et s’étend sur 1 050 kilomètres, traversant des paysages emblématiques du Latium comme Bolsena et son lac volcanique, Viterbe, Sutri, ou encore Civita di Bagnoregio, une ville perchée sur une falaise de tuf érodé, restée presque inchangée depuis le Moyen Âge.

Le slow travel en Italie : une expérience culturelle et immersive

Ces cinq itinéraires sont désormais regroupés sous le label Antichi Cammini d’Italia, une initiative promue à l’international pour la première fois. Ce projet, coordonné par le ministère italien du Tourisme et l’agence ENIT, vise à positionner l’Italie comme une référence européenne du tourisme culturel lent. Selon Euronews FR, les voyageurs recherchent de plus en plus des expériences qui privilégient la lenteur et l’immersion, où chaque étape raconte une histoire et où la destination finale – Rome – s’apprivoise à pied.

« Ces routes ne mènent pas seulement à Rome, elles donnent une raison de s’y rendre à pied », souligne le rapport. Avec cinq itinéraires certifiés, des siècles de patrimoine et une destination finale incontournable, l’Italie offre une combinaison unique pour les amateurs de randonnée et de culture. La seule question reste : lequel de ces parcours choisir en premier ?

Et maintenant ?

Le projet « Antichi cammini d’Italia », financé par l’Union européenne dans le cadre du plan Next Generation EU, devrait bénéficier d’un soutien accru dans les années à venir. Une évaluation des retombées touristiques est prévue pour 2027, ce qui pourrait conduire à une extension du réseau ou à une intensification des promotions internationales. D’ici là, les randonneurs peuvent déjà se préparer à explorer ces itinéraires, certains déjà bien aménagés, d’autres encore en cours de développement.

Selon Euronews FR, l’engouement pour ces routes historiques reflète une tendance de fond : celle d’un tourisme plus respectueux des territoires, où le voyage compte autant que la destination. Rome, déjà une icône, pourrait ainsi devenir une expérience à vivre pas à pas.

Le Testimonium est remis aux randonneurs ayant complété l’intégralité des étapes de la Via di Francesco, que ce soit par la branche nord ou sud. Le certificat est délivré à la basilique Saint-François d’Assise, en présence des autorités locales.

La Romea Strata est un itinéraire exigeant, avec des étapes longues et des dénivelés importants, notamment dans sa section italienne. Elle est donc plutôt réservée aux randonneurs expérimentés, même si des tronçons plus courts peuvent être empruntés par des marcheurs occasionnels.