Paris se positionne comme candidate pour accueillir les épreuves féminines de hockey sur glace des Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030, a annoncé mardi la société Paris Entertainment Company, exploitante des salles Accor Arena et Adidas Arena. Une démarche qui s’inscrit dans le prolongement de la candidature parisienne pour le tournoi masculin, déjà en cours d’examen par le Comité d’organisation des Jeux (Cojop).
Selon Le Figaro, cette initiative fait suite à un revirement du projet initial « Alpes 2030 », initialement prévu pour concentrer l’ensemble des épreuves de glace à Nice. Un choix qui a été abandonné après l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice en mars dernier, ce dernier s’étant opposé à l’installation d’une patinoire temporaire au stade Allianz Riviera.
Ce qu'il faut retenir
- Paris propose d’accueillir 35 matchs à l’Accor Arena et 25 à l’Adidas Arena pour le tournoi féminin de hockey sur glace.
- L’Accor Arena pourrait accueillir jusqu’à 14 000 spectateurs, tandis que l’Adidas Arena aurait une jauge d’environ 6 000 à 6 200 places.
- Le coût d’organisation est estimé à plus de 4 millions d’euros par salle, hors ressources humaines.
- Le Cojop doit finaliser d’ici fin juin la carte des sites olympiques, incluant notamment la répartition des épreuves de ski alpin.
Un projet parisien qui s’inscrit dans la continuité des Jeux de Paris 2024
La candidature parisienne pour le hockey féminin s’appuie sur une stratégie déjà éprouvée lors des Jeux de Milan-Cortina 2026, où les tournois masculin et féminin étaient organisés dans deux salles distinctes. Marie Barsacq, directrice générale de Paris Entertainment Company et ancienne ministre des Sports, a souligné cette approche : « On s’appuie sur le même modèle que les Jeux de Milan Cortina 2026, qui mixe les tournois féminin et masculin sur les deux salles exploitées par l’entreprise. »
L’exécutif parisien mise sur une répartition claire des affiches : les matchs les plus attractifs pourraient être programmés à l’Accor Arena, tandis que les rencontres plus confidentielles se tiendraient à l’Adidas Arena. Une organisation qui permettrait, selon elle, de maximiser l’audience et l’expérience des spectateurs.
Un coût maîtrisé, mais des défis logistiques à anticiper
Marie Barsacq a précisé que le budget prévu pour chaque enceinte s’élève à « un peu plus de 4 millions d’euros », sans inclure les ressources humaines nécessaires à l’événement. Une enveloppe qui reste raisonnable au regard de l’envergure d’une compétition olympique, mais qui pourrait évoluer en fonction des exigences du Cojop.
L’Accor Arena, située dans le quartier de Bercy, et l’Adidas Arena, porte de la Chapelle, offrent des capacités complémentaires. La première, avec ses 14 000 places, pourrait accueillir les finales ou les matchs phares, tandis que la seconde, plus intimiste, conviendrait aux rencontres de phase de groupes ou aux affiches moins médiatisées. Cette dualité permettrait de diversifier l’offre et de toucher un public plus large.
Le Cojop réorganise le calendrier des sites olympiques
Le projet initial d’Alpes 2030 prévoyait de regrouper l’ensemble des épreuves de glace à Nice, une ville déjà équipée d’infrastructures permanentes comme la patinoire Jean Bouin. Cependant, le refus d’Éric Ciotti d’accueillir une patinoire temporaire au stade Allianz Riviera a contraint le Cojop à revoir sa copie. Fin avril, l’instance a lancé un appel à candidatures pour étudier la mobilisation d’équipements existants, notamment à Lyon et Paris.
Deux candidats se sont officiellement positionnés : la LDLC Arena près de Lyon, et Paris Entertainment Company pour les deux arènes de la capitale. Cette dernière a déposé une « candidature spontanée » pour le tournoi féminin, tout en maintenant sa proposition pour le tournoi masculin. Une démarche qui reflète la volonté de Paris de jouer un rôle central dans l’organisation des Jeux, au-delà de leur dimension strictement alpine.
« Notre candidature s’inscrit dans la volonté que nous partageons avec la Ville de Paris de contribuer à la réussite des Jeux. Nous avons cette expérience d’avoir organisé les Jeux en 2024. (...) Nous avons l’opportunité de pouvoir dépasser la dimension alpine du projet et d’avoir une dimension plus nationale. »
— Marie Barsacq, directrice générale de Paris Entertainment Company
Une répartition des épreuves de ski alpin encore en suspens
Si le hockey sur glace trouve progressivement ses sites d’accueil, d’autres disciplines restent en discussion. Le Cojop doit notamment trancher sur la répartition des épreuves de ski alpin entre Courchevel, Val d’Isère et Méribel, ainsi que sur l’emplacement des sites paralympiques. Ces décisions, attendues d’ici fin juin, seront cruciales pour finaliser la carte globale des Jeux. En parallèle, le Comité international olympique (CIO) a récemment fermé la porte à l’ajout d’épreuves d’été dans le programme des Alpes 2030, confirmant ainsi le caractère strictement hivernal de cette édition. Une décision qui limite les possibilités d’extension, mais qui garantit une cohérence avec l’esprit des Jeux olympiques d’hiver.
Une chose est sûre : la pression est forte pour que les Alpes 2030 deviennent un modèle d’organisation, à l’image des Jeux de Paris 2024, qui avaient marqué les esprits par leur innovation et leur accessibilité. Pour Marie Barsacq, l’enjeu dépasse la simple logistique : il s’agit de démontrer que la France peut allier performance sportive et héritage durable.
D’ici l’été, les décisions clés du Cojop donneront un aperçu plus précis du visage final de ces Jeux. En attendant, Paris continue de peaufiner sa candidature, prête à accueillir les meilleures hockeyeuses du monde dans ses arènes emblématiques.
Le projet initial prévoyait d’installer une patinoire temporaire au stade Allianz Riviera de Nice pour accueillir les épreuves de hockey masculin. Cependant, après l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice en mars 2026, ce dernier a refusé cette solution, contraignant le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) à reconsidérer la répartition des sites.
Outre Paris, la LDLC Arena près de Lyon s’est officiellement portée candidate pour accueillir les épreuves de hockey masculin. Aucune autre candidature n’a été officiellement dévoilée à ce stade pour le tournoi féminin.