La Bourse de Téhéran a repris ses activités ce mardi 19 mai, mettant fin à près de 80 jours d’interruption consécutifs au conflit déclenché fin février entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Selon BFM Bourse, cette réouverture marque la fin de la plus longue fermeture de son histoire depuis sa création avant la Révolution islamique de 1979.
Dès le 28 février, la Bourse de Téhéran avait suspendu ses opérations au lendemain du début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, en réaction notamment à la mort du Guide suprême Ali Khamenei lors des premiers échanges. Initialement prévue pour une semaine, la fermeture avait été prolongée en raison des dégâts causés par les hostilités, avant un cessez-le-feu intervenu le 8 avril.
Ce qu'il faut retenir
- La Bourse de Téhéran a rouvert ce 19 mai 2026, après 80 jours de fermeture, la plus longue de son histoire.
- La réouverture intervient après un conflit ayant opposé les États-Unis et Israël à l’Iran du 28 février au 8 avril 2026.
- Plus de 40 valeurs boursières restent suspendues, notamment dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie.
- Les infrastructures industrielles, dont des usines sidérurgiques, ont subi des dommages pendant les frappes.
- La Bourse iranienne fonctionne en marge du système financier international en raison des sanctions internationales.
Une reprise sous haute surveillance
Les premières transactions boursières ont débuté ce matin à Téhéran, comme l’a annoncé l’agence officielle Irna. Cette réouverture intervient dans un contexte économique déjà fragilisé par des décennies de sanctions internationales et de restrictions aux investissements étrangers. « Les premières transactions boursières ont débuté ce matin (mardi) à Téhéran », a confirmé Irna, citant les autorités locales.
Cependant, plus de 40 entreprises voient leurs actions encore suspendues, en raison des dégâts subis lors du conflit. Selon Irna, ces sociétés appartiennent principalement aux secteurs de la chimie et de la métallurgie de base, deux industries particulièrement exposées aux frappes aériennes. Le journal économique Donya-yé Eghtessade souligne que cette fermeture prolongée constitue un record dans l’histoire de la Bourse iranienne.
Des infrastructures économiques endommagées
Les frappes menées entre le 28 février et le 8 avril ont ciblé non seulement des infrastructures militaires, mais aussi des sites industriels stratégiques. Des usines sidérurgiques et des complexes chimiques ont été partiellement détruits ou endommagés, ce qui a perturbé l’ensemble de la chaîne de production nationale. « De nombreuses infrastructures industrielles ont été touchées, notamment dans les secteurs clés de l’économie iranienne », a indiqué Irna.
Cette situation pourrait impacter la reprise économique à court terme, alors que le pays tente de se relever après des semaines de conflit et de tensions géopolitiques accrues. La Bourse de Téhéran, déjà isolée du système financier mondial en raison des sanctions, se retrouve aujourd’hui dans une position encore plus précaire.
Un marché financier sous contraintes structurelles
Contrairement aux grandes places financières mondiales, la Bourse de Téhéran fonctionne en marge du système économique international. Les restrictions imposées par les sanctions américaines et européennes depuis des décennies limitent fortement les échanges avec l’étranger et découragent les investissements directs. « La Bourse iranienne reste largement coupée des flux financiers internationaux », a rappelé BFM Bourse.
Cette situation a été aggravée par le récent conflit, qui a accentué l’isolement économique du pays. Les entreprises iraniennes, déjà contraintes par des restrictions commerciales, doivent désormais faire face à des capacités de production réduites et à des chaînes d’approvisionnement perturbées. La réouverture de la Bourse intervient donc dans un environnement économique particulièrement complexe.
Cette réouverture intervient alors que les tensions géopolitiques dans la région restent élevées. La situation économique de l’Iran pourrait donc évoluer rapidement, en fonction de l’évolution des relations internationales et de la reconstruction des infrastructures endommagées.
Les autorités boursières devront d’abord évaluer l’état des entreprises suspendues, notamment dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie. Une reprise progressive des cotations est attendue, mais aucune date précise n’a encore été communiquée. La reconstruction des infrastructures endommagées pendant le conflit constituera également une priorité pour relancer l’activité économique.