L’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne en 2007 a marqué le début d’une relation complexe avec Bruxelles. Selon BFM Business, les tensions récurrentes entre Bucarest et les institutions européennes pourraient désormais atteindre un nouveau seuil, au point de faire de la Roumanie un « nouveau cauchemar » pour l’exécutif bruxellois. Entre réformes judiciaires contestées, pressions migratoires et divergences politiques, les désaccords s’accumulent.
Ce qu'il faut retenir
- Réformes judiciaires : La Roumanie a été plusieurs fois rappelée à l’ordre pour ses tentatives de modification du système judiciaire, jugées contraires aux standards européens.
- Pressions migratoires : Le pays reste un point de passage majeur pour les migrants en route vers l’Europe de l’Ouest, posant des défis en termes de gestion des frontières et de solidarité européenne.
- Divergences politiques : Les gouvernements roumains successifs, souvent instables, ont multiplié les tensions avec la Commission européenne sur des sujets comme l’État de droit ou la corruption.
- Sanctions possibles : Bruxelles pourrait envisager des mesures coercitives, comme le gel de fonds européens, en cas de non-respect des engagements pris lors de l’adhésion.
Des réformes judiciaires sous haute surveillance
Depuis plusieurs années, la Roumanie est dans le collimateur de la Commission européenne pour ses réformes du système judiciaire. En 2025, le gouvernement roumain a tenté d’adopter des modifications controversées de la loi sur la justice, perçues comme une tentative de contrôle politique des magistrats. Ces projets ont été vivement critiqués par des institutions comme le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, qui y voient une atteinte à l’indépendance de la justice. « La Roumanie doit respecter pleinement les principes de l’État de droit, sans quoi des sanctions pourraient être envisagées », a rappelé un porte-parole de la Commission en mars 2026.
Un rôle clé dans la gestion des migrations
La Roumanie occupe une position géographique stratégique, à la frontière entre l’Ukraine et l’espace Schengen. En 2025, le pays a enregistré une hausse de 40 % des passages migratoires irréguliers, selon les données d’Europol. Face à cette pression, Bucarest a demandé un soutien accru de l’UE pour renforcer ses frontières, tout en critiquant le manque de solidarité de certains États membres. « Nous faisons notre part, mais l’Europe doit assumer ses responsabilités », a déclaré le ministre roumain de l’Intérieur en avril 2026. Cette situation a ravivé les tensions avec des pays comme la Hongrie ou la Pologne, hostiles à une politique migratoire commune.
Des tensions politiques récurrentes
Les relations entre la Roumanie et Bruxelles sont également compliquées par des divergences politiques. Le gouvernement roumain, dirigé depuis 2024 par une coalition fragile, a multiplié les critiques contre les institutions européennes, accusées de ne pas tenir leurs promesses en matière d’investissements ou de fonds de cohésion. En 2025, Bucarest a bloqué temporairement l’adoption d’un paquet législatif européen sur la transition écologique, arguant que les objectifs fixés étaient irréalistes pour son économie. « L’UE doit comprendre que la Roumanie a des besoins spécifiques », a justifié le Premier ministre roumain lors d’un sommet à Bruxelles en février 2026.
Pour l’instant, la balle est dans le camp de Bucarest. La question reste entière : la Roumanie parviendra-t-elle à concilier ses ambitions nationales avec les exigences européennes ?
Selon les traités européens, la Commission peut proposer le gel de fonds structurels, comme ceux du plan de relance post-Covid ou des fonds de cohésion. En 2023, la Pologne et la Hongrie ont déjà été ciblées par de telles mesures. En Roumanie, jusqu’à 3,5 milliards d’euros pourraient être bloqués en 2027 si les réformes ne sont pas menées à bien.