L’un des chantiers les plus emblématiques au monde touche à sa fin. Selon France 24, le pape François inaugurera ce soir la dix-huitième tour de la basilique de la Sagrada Familia, située à Barcelone, marquant une étape historique après 144 ans de travaux ininterrompus. Avec ses 172,5 mètres de hauteur, cette tour deviendra la plus haute du monde, surpassant même la cathédrale de Cologne en Allemagne.
Ce qu'il faut retenir
- La Sagrada Familia, œuvre inachevée d’Antonio Gaudí, est en construction depuis 1882.
- Le pape François inaugurera ce 10 juin 2026 la dix-huitième tour, la plus haute jamais construite.
- Cette basilique est déjà l’une des plus visitées d’Europe, avec plus de 4,5 millions de visiteurs par an.
- Surnommée la « Bible de pierre », elle incarne l’architecture moderniste catalane.
- L’achèvement total du monument est désormais prévu pour 2026, selon les dernières estimations.
Un chantier lancé il y a près d’un siècle et demi
Initié en 1882 sous l’impulsion de l’architecte Josep Maria Bocabella, le projet de la Sagrada Familia a été confié dès 1883 à Antoni Gaudí. L’artiste catalan, figure majeure du modernisme, y consacrera 43 ans de sa vie, jusqu’à sa mort en 1926, laissant un chantier inachevé. Depuis, des générations d’architectes se sont succédé pour donner vie à sa vision. Selon France 24, vingt-six ans seulement après la mort de Gaudí, la construction s’était déjà arrêtée, faute de fonds suffisants. Les travaux ne reprendront pleinement qu’au début des années 1950.
Un symbole architectural et spirituel
La Sagrada Familia n’est pas seulement un chef-d’œuvre architectural. Elle incarne aussi une dimension spirituelle profonde. Gaudí, profondément croyant, souhaitait que chaque détail de l’édifice reflète des récits bibliques. La basilique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005, est aujourd’hui un symbole de Barcelone et de la Catalogne.
« La Sagrada Familia est une œuvre qui dépasse l’art pour devenir une prière en pierre », a souligné Anaïs Bertrand, correspondante du Journal des arts en Espagne, interrogée par France 24. Elle a ajouté : « Chaque tour, chaque colonne raconte une histoire, une foi. »
Les défis d’un chantier hors norme
Construire une telle cathédrale dans un milieu urbain dense n’a pas été sans défis. Les travaux ont été interrompus à plusieurs reprises, notamment pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), au cours de laquelle une partie des plans originaux et des maquettes de Gaudí furent détruits. Aujourd’hui, grâce aux technologies modernes, comme l’impression 3D et la modélisation numérique, les architectes peuvent avancer plus rapidement. Pourtant, le chantier reste un défi logistique : plus de 3 000 ouvriers interviennent quotidiennement, et le budget annuel s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros, principalement financé par les dons des visiteurs.
Un achèvement imminent mais pas total
Si l’inauguration de la dix-huitième tour marque une étape majeure, elle ne signifie pas pour autant l’achèvement complet du monument. Selon les dernières annonces, la construction devrait être entièrement terminée d’ici fin 2026. Cependant, certains éléments, comme les façades restantes ou les détails décoratifs, pourraient nécessiter des années supplémentaires. Les responsables du projet estiment que la basilique sera prête à accueillir pleinement les fidèles et les touristes d’ici 2027. Une fois achevée, elle comptera dix-huit tours — dont six pour les apôtres, quatre pour les évangélistes, une pour la Vierge Marie, et une centrale dédiée au Christ, culminant à 172,5 mètres.
Pour les amateurs d’architecture et de patrimoine, cette inauguration représente bien plus qu’un simple achèvement de chantier. Elle scelle le rêve d’un génie visionnaire, dont l’œuvre continue de fasciner le monde entier, près d’un siècle après sa mort.
Plusieurs facteurs expliquent cette durée exceptionnelle. D’abord, les plans initiaux de Gaudí ont été partiellement détruits pendant la guerre civile espagnole, ralentissant considérablement les travaux. Ensuite, le chantier a toujours été financé par des dons privés et des entrées payantes, ce qui a limité les budgets disponibles. Enfin, les techniques de construction innovantes pour l’époque, comme les structures en voûte inversée, ont nécessité des décennies de recherche et d’ajustements.