La dernière publication mensuelle de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) alerte sur une crise sans précédent dans le secteur pétrolier. En mars, la production mondiale de pétrole a chuté de plus de 10 millions de barils par jour en raison du conflit entre Washington et Téhéran, qui a paralysé les voies de transit, réduisant les expéditions de 20 millions de barils par jour en février à seulement 3,8 millions début avril.
Ce qu'il faut retenir
- Chute historique de la production mondiale de pétrole
- Le Brent atteint 130 dollars le baril
- Anticipation d'une contraction de la demande de 80 000 barils par jour en 2026
Un marché pétrolier sous tension extrême
La montée des prix du Brent de la mer du Nord à 130 dollars le baril reflète la situation tendue du marché. Malgré un léger répit offert par un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran, l'AIE reste prudente quant à une résolution durable du conflit. Un blocus américain imminent sur les navires entrant dans les ports iraniens représente un risque supplémentaire, alimentant les craintes d'un scénario de "conflit prolongé" aux conséquences graves pour les marchés mondiaux de l'énergie.
Impact sur l'OPEP+ et la demande mondiale
Les données de production de l'OPEP+ ont révélé des chutes significatives, avec une offre totale en recul de 9,4 millions de barils par jour en un mois. L'Arabie saoudite, l'Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis ont tous subi des baisses drastiques. La rareté du brut a entraîné une "destruction de la demande", notamment dans les secteurs de la pétrochimie et de l'aviation, avec une chute de la demande mondiale de 2,3 millions de barils par jour supplémentaires en avril.
Préoccupations sur les stocks et les coûts de raffinage
La diminution des stocks pétroliers dans le monde, combinée à des coûts de raffinage record, soulève des inquiétudes. Les raffineurs luttent pour s'approvisionner, tandis que la demande de distillats moyens atteint des sommets inédits, dépassant les 290 dollars le baril à Singapour. La pression sur les marges de raffinage et la nécessité pour de nombreux pays de puiser massivement dans leurs réserves nationales soulignent l'urgence de la situation.
