Une épice en forme d’étoile, longtemps cantonnée à la cuisine asiatique, suscite désormais l’intérêt des chercheurs et des patients pour ses propriétés anti-inflammatoires et son potentiel à soutenir la santé des articulations et des os, rapporte Top Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • L’anis étoilé, ou badiane de Chine, est de plus en plus étudié pour ses effets sur les douleurs articulaires et l’inflammation.
  • Cette épice contient de l’acide shikimique, un composé aux propriétés anti-inflammatoires reconnues.
  • Des études préliminaires suggèrent un rôle possible dans la prévention de la perte osseuse, notamment chez les personnes âgées.
  • Son utilisation reste cependant encadrée, les preuves cliniques définitives faisant encore défaut.
  • Les experts recommandent la prudence et une consultation médicale avant toute supplémentation.

Selon Top Santé, l’anis étoilé, reconnaissable à sa forme caractéristique en étoile à huit branches, n’est plus seulement un ingrédient culinaire. Cette épice, originaire d’Asie du Sud-Est et largement utilisée dans la cuisine chinoise ou vietnamienne, attire désormais l’attention des spécialistes de la santé pour ses vertus thérapeutiques potentielles. Parmi ses composants actifs, l’acide shikimique — également présent dans le ginkgo biloba ou certaines plantes médicinales — suscite un intérêt particulier pour ses propriétés anti-inflammatoires.

Les douleurs articulaires, qu’elles soient liées à l’arthrose, à la polyarthrite rhumatoïde ou simplement à l’usure naturelle du temps, représentent un enjeu de santé publique. En France, près de 10 millions de personnes souffriraient d’arthrose, selon les estimations de l’Assurance Maladie. Face à ce constat, les approches alternatives gagnent en popularité, et l’anis étoilé figure désormais parmi les solutions naturelles plébiscitées. Dr. Sophie Lambert, rhumatologue à l’hôpital Cochin à Paris, explique : « Les premières études in vitro et sur modèles animaux montrent un effet inhibiteur sur certaines enzymes pro-inflammatoires, comme les cyclooxygénases (COX), similaires à ceux des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), mais avec une toxicité moindre. Cela ouvre des perspectives intéressantes, même si les données chez l’humain restent limitées. »

Au-delà de ses effets sur les articulations, l’anis étoilé pourrait également jouer un rôle dans la préservation de la densité osseuse. Une étude publiée en 2024 dans le Journal of Medicinal Food a observé une réduction de la résorption osseuse chez des modèles animaux supplémentés en extrait d’anis étoilé. Ces résultats, bien que préliminaires, suggèrent un potentiel dans la prévention de l’ostéoporose, une pathologie qui touche près d’3 millions de Français, majoritairement des femmes après 65 ans. Cependant, les mécanismes exacts restent à élucider, et les essais cliniques sur l’homme n’ont pas encore été menés à grande échelle.

Une utilisation traditionnelle revisitée par la science

L’anis étoilé n’est pas une découverte récente. Utilisé depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise pour traiter les douleurs digestives et les inflammations, il est aujourd’hui réévalué à l’aune des méthodes scientifiques modernes. Selon Top Santé, son efficacité contre les douleurs articulaires s’expliquerait en partie par sa teneur élevée en flavonoïdes et en polyphénols, des antioxydants connus pour moduler la réponse inflammatoire de l’organisme. Une étude menée par l’Université de Nanjing en Chine, publiée en 2023, a montré que l’administration d’un extrait d’anis étoilé à des rats souffrant d’arthrite réduisait significativement le gonflement des articulations et la production de marqueurs inflammatoires comme l’IL-6.

Pour les patients en quête de solutions naturelles, l’anis étoilé se présente sous plusieurs formes : en infusion, en gélules, en poudre ou en huile essentielle. Cependant, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que son usage doit être encadré. En effet, à haute dose, l’huile essentielle d’anis étoilé peut présenter des risques de toxicité, notamment pour le foie. Par ailleurs, son effet anticoagulant potentiel pourrait interagir avec certains médicaments, comme les antivitamines K. Dr. Marc Dubois, pharmacologue au CHU de Lyon, précise : « La posologie recommandée ne doit pas excéder 3 g d’anis étoilé par jour en usage culinaire ou en complément alimentaire. En cas de doute, une consultation avec un professionnel de santé est indispensable, surtout pour les personnes sous traitement ou souffrant de pathologies chroniques. »

Et maintenant ?

Plusieurs essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité de l’anis étoilé chez l’humain, notamment dans la prise en charge de l’arthrose et de l’ostéoporose. Une étude coordonnée par l’INSERM et prévue pour s’achever en décembre 2026 devrait apporter des réponses plus tangibles sur son utilisation thérapeutique. En attendant, les experts appellent à la prudence et recommandent de privilégier une alimentation équilibrée plutôt qu’une supplémentation massive. Les prochains mois pourraient donc être décisifs pour confirmer — ou infirmer — les espoirs placés dans cette épice millénaire.

Face à l’engouement croissant pour les solutions naturelles, Top Santé rappelle que l’anis étoilé ne saurait remplacer un traitement médical adapté. Son intégration dans une démarche de santé globale doit s’accompagner d’un suivi rigoureux, afin d’en maximiser les bénéfices tout en limitant les risques.