L’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, poursuit désormais une carrière de peintre, comme il l’a révélé ce mercredi 17 juin 2026 sur les ondes de France Inter. Deux expositions parisiennes sont au cœur de cette actualité artistique, selon Franceinfo – Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Laurent Fabius expose ses toiles dans deux galeries parisiennes jusqu’à fin juillet 2026
- Il déclare : « Quand vous gouvernez, il y a une série de contraintes considérables. Devant la toile, la seule limite, c’est votre talent »
- Il a commencé à peindre il y a 15 ans, encouragé par sa compagne et le peintre Pierre Soulages
- Fabius appelle à la prudence sur l’accord récent entre les États-Unis et l’Iran, le qualifiant de « circonstanciel »
- L’accord du 15 juin 2026 fait une page et demie, contre 159 pages pour l’accord de Vienne de 2015
Deux expositions parisiennes pour l’ancien Premier ministre
Laurent Fabius présente ses œuvres dans deux galeries de la capitale. La première, « Libre », est visible à la galerie Joseph jusqu’au 21 juin. La seconde, intitulée « Absolument Art », se tiendra à la galerie Art Absolument du 17 juin au 25 juillet. L’ancien chef du gouvernement, aujourd’hui âgé de 70 ans, a choisi de partager cette facette méconnue de son parcours lors d’un entretien accordé à France Inter.
« Quand vous gouvernez, il y a une série de contraintes considérables. Devant la toile, la seule limite, c’est votre talent », a-t-il expliqué. Cette distinction entre l’exercice du pouvoir et la création artistique illustre selon lui la liberté que procure la peinture. « Si vous prenez de mauvaises décisions en politique, cela a des conséquences négatives pour beaucoup de gens. Mais si c’est mauvais en peinture, ça n’a des conséquences que pour vous-mêmes », a-t-il précisé.
Un parcours artistique entamé il y a quinze ans
Laurent Fabius reconnaît s’adonner à la peinture « depuis longtemps », mais avoir attendu la fin de ses fonctions officielles pour s’y consacrer pleinement. « Je ne voulais pas mélanger les genres », a-t-il confié, évoquant une certaine « vieille école ». Son initiation artistique remonte à son enfance, baignée dans un environnement où l’art occupait une place centrale. Tout a commencé il y a quinze ans, lorsque sa compagne lui a offert un nécessaire de peinture. « Pierre Soulages a eu la générosité de ne pas me décourager », a-t-il raconté, saluant l’encouragement du maître de l’abstraction.
Ses toiles, exposées pour la première fois dans ces galeries parisiennes, témoignent de cette passion désormais assumée. Fabius évoque avec plaisir « l’échange d’émotions » que procure la peinture, une activité qu’il présente comme un contrepoint apaisant à sa carrière politique marquée par des décisions lourdes de conséquences.
Fabius prudent sur l’accord États-Unis-Iran
L’ancien ministre des Affaires étrangères n’a pas manqué de commenter l’actualité internationale lors de son passage à l’antenne. Dimanche 15 juin 2026, un accord avait été trouvé entre Washington et Téhéran pour mettre fin aux hostilités. Fabius, qui a négocié l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien en 2015, appelle à la prudence. « De ce que je lis, ce n’est pas un traité de paix mais un accord circonstanciel au maximum », a-t-il jugé.
Il a souligné que « la cessation des hostilités, c’est mieux que les hostilités », tout en rappelant que chaque détail d’un tel accord doit être précisément défini. À titre de comparaison, il a noté que l’accord du 15 juin ne fait « qu’une page et demie », contre les 159 pages de l’accord de Vienne. « Un traité de cette importance ne peut être réduit à quelques lignes », a-t-il estimé.
La carrière artistique de Fabius s’inscrit dans une trajectoire où politique et culture se croisent, comme en témoigne son parcours. Si l’art lui offre une liberté nouvelle, son expérience passée continue de nourrir ses réflexions sur l’exercice du pouvoir et ses limites.
C’est le peintre Pierre Soulages qui l’a encouragé à poursuivre cette voie, selon les propos de Laurent Fabius lui-même.
Il explique que les mauvaises décisions en politique ont des répercussions sur un grand nombre de personnes, alors que les échecs artistiques n’affectent que l’artiste lui-même.