Les craintes liées aux longs trajets en voiture électrique s’estompent chez leurs utilisateurs, comme le révèle une étude récente menée par Bip & Go. Réalisée auprès de propriétaires de véhicules électriques, cette enquête montre que l’appréhension initiale face aux déplacements sur route a fortement diminué, notamment grâce à une meilleure perception du réseau de recharge.

Ce qu'il faut retenir

  • 85 % des propriétaires de voitures électriques interrogés déclarent ne plus craindre les longs trajets, contre seulement 30 % il y a trois ans.
  • Le développement des bornes de recharge rapide a joué un rôle clé dans cette évolution.
  • L’étude souligne que les conducteurs les plus expérimentés sont désormais ceux qui recommandent le plus ce mode de transport.
  • Les craintes initiales portaient principalement sur l’autonomie et la disponibilité des stations de recharge.

Selon Frandroid, qui relaie cette étude, les résultats confirment un changement de paradigme dans l’usage des véhicules électriques. Autrefois perçues comme contraignantes pour les voyages, ces automobiles sont désormais considérées comme une alternative viable, voire préférable, aux modèles thermiques. Cette transformation s’explique en grande partie par l’amélioration des infrastructures et la généralisation des technologies de recharge.

L’enquête de Bip & Go, spécialiste des solutions de mobilité, met en lumière un phénomène de rattrapage entre la perception des propriétaires et celle des non-propriétaires. « Les personnes qui n’ont jamais possédé de voiture électrique ont tendance à surestimer les difficultés liées à la recharge », a expliqué Jean Martin, porte-parole de l’entreprise, lors d’une interview accordée à Frandroid. « Les chiffres montrent que l’expérience concrète réduit considérablement ces appréhensions. »

Parmi les facteurs ayant contribué à ce revirement, l’étude cite l’augmentation du nombre de bornes rapides en France et en Europe. Entre 2023 et 2025, le nombre de stations de recharge publiques a progressé de 40 %, permettant aux conducteurs de planifier leurs trajets avec plus de sérénité. Bref, autant dire que l’écosystème s’est adapté à la demande, réduisant les incertitudes autrefois associées aux véhicules électriques.

Côté usages, l’étude révèle que les propriétaires les plus expérimentés — ceux ayant roulé plus de 20 000 kilomètres avec leur véhicule électrique — sont désormais ceux qui en font la meilleure publicité. « Ce sont eux qui incitent leur entourage à franchir le pas », a précisé Jean Martin. « Leur retour d’expérience est souvent plus convaincant que les campagnes publicitaires des constructeurs. »

Et maintenant ?

Si la tendance se confirme, les constructeurs automobiles pourraient accélérer le développement de modèles encore plus autonomes et mieux équipés en termes de recharge. Les prochaines échéances à surveiller concernent notamment l’extension des bornes ultra-rapides sur les grands axes routiers, prévue pour 2027. Reste à voir si cette dynamique suffira à convaincre les réticents de passer à l’électrique, alors que le marché continue de se segmenter entre véhicules d’entrée de gamme et modèles haut de gamme.

Les résultats de l’étude Bip & Go, relayés par Frandroid, ouvrent également des perspectives sur l’évolution des comportements de mobilité. Avec l’arrivée de nouveaux acteurs et l’amélioration constante des technologies, le marché des voitures électriques pourrait bien entrer dans une phase de maturation accélérée. Pour les consommateurs, cela signifie davantage de choix et une accessibilité accrue, mais aussi une nécessité de s’informer pour éviter les mauvaises surprises.

Reste une question en suspens : cette tendance à la baisse des craintes se maintiendra-t-elle à mesure que les véhicules électriques deviendront majoritaires sur les routes ? Seul l’avenir nous le dira, mais une chose est sûre : l’expérience des premiers utilisateurs joue un rôle central dans cette transition.

Selon l’étude, les principaux freins persistent chez les non-propriétaires et concernent principalement le coût initial d’achat, l’autonomie perçue comme insuffisante pour les longs trajets, et l’inquiétude quant à la disponibilité des bornes de recharge dans certaines régions. Ces craintes restent plus marquées chez les personnes n’ayant jamais conduit de véhicule électrique.