Alors que les organisateurs de l’Avondvierdaagse, la « promenade du soir de quatre jours », enregistrent cette année des records de participation dans de nombreuses localités des Pays-Bas, la question revient sur le devant de la scène : cette tradition, qui rassemble enfants et familles autour de marches nocturnes, serait-elle l’un des facteurs expliquant le classement des jeunes Néerlandais parmi les plus heureux au monde ? Selon Courrier International, cette initiative, qui a repris de plus belle après la pandémie de Covid-19, séduit désormais des milliers de participants chaque soir dans des dizaines de communes.
Ce qu'il faut retenir
- 5 à 10 kilomètres : c’est la distance des parcours proposés aux enfants lors de l’Avondvierdaagse, organisés quatre soirs consécutifs entre mai et septembre.
- Plusieurs milliers de marcheurs par localité : cette année, l’événement a battu des records de participation, selon Algemeen Dagblad.
- Une médaille pour les participants : ceux qui terminent les quatre jours reçoivent une récompense, renforçant la motivation des enfants.
- Premiers au classement du bien-être : les enfants néerlandais occupent la première place du classement de l’Unicef en 2026, devant 44 pays occidentaux, notamment grâce à leur santé mentale et leur bien-être général.
- Une tradition née au début du XXe siècle : initialement à vocation militaire, elle est devenue une promenade populaire avant d’être interdite pendant la Seconde Guerre mondiale par l’occupant allemand.
- Un défi logistique pour les parents : entre horaires inadaptés et gestion des enfants, certains y voient une corvée plutôt qu’un plaisir.
L’Avondvierdaagse, qui se tient dans de nombreuses villes des Pays-Bas entre mai et septembre, est bien plus qu’une simple marche. Selon Algemeen Dagblad, « presque partout », les organisateurs locaux ont enregistré cette année des records de participation, avec des milliers de participants chaque soir. Les enfants, accompagnés de leurs (grands-)parents, parcourent entre 5 et 10 kilomètres sur des tracés conçus pour découvrir leur quartier. À l’issue des quatre soirs, ceux qui relèvent le défi reçoivent une médaille, symbole de leur persévérance. Une tradition qui, après avoir été interrompue par la pandémie, semble aujourd’hui plus vivace que jamais.
Selon la Fédération royale de marche (KWbN), l’Avondvierdaagse s’inscrit dans une démarche bien plus large que le simple exercice physique. « Elle est devenue un moyen de motiver les enfants à apprécier le grand air et à associer l’activité physique à quelque chose de positif », explique Arno Van Gemert, représentant de la KWbN, cité par The Guardian. Cette année encore, les enfants néerlandais ont été classés premiers par l’Unicef dans le classement du bien-être parmi 44 pays occidentaux, un résultat que certains attribuent en partie à cette tradition. « Les enfants néerlandais sont systématiquement parmi les plus heureux au monde », souligne le quotidien britannique, qui consacre un article enthousiaste à l’Avondvierdaagse cette semaine.
Une tradition aux origines militaires, devenue phénomène social
L’histoire de l’Avondvierdaagse remonte au début du XXe siècle, lorsque des marches diurnes étaient organisées à des fins militaires. Dans les années 1920, la pratique s’est démocratisée avant d’être interdite par l’occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, qui y voyait un foyer de résistance. « Pour contourner cette interdiction, les organisateurs ont déplacé les marches en soirée à partir de 1940, mais cette alternative a également été prohibée », précise NRC. Après la guerre, les communes ont repris l’organisation officielle de l’événement, avant que les écoles ne s’y joignent à partir des années 1980. Aujourd’hui, cette tradition incarne un certain « esprit néerlandais » : allier amour des activités en extérieur, quelle que soit la météo, et organisation collective efficace.
Entre bien-être et contraintes, les parents partagés
Si certains y voient une source de bonheur pour les enfants, d’autres, comme une journaliste de NRC, en gardent un souvenir moins glorieux. Enfant, elle percevait ces marches comme une corvée. Devenue parent, elle les décrit désormais comme « un cauchemar logistique ». Entre horaires inadaptés – « trop tôt pour dîner tranquillement après le travail, trop tard pour coucher les plus petits à l’heure » – et gestion d’une « nuée d’oiseaux » d’enfants surexcités, la réalité est parfois bien loin de l’idéal. Sans compter « le concours à celui qui aura les bonbons les plus alléchants », qui laisse dubitatif quant aux bénéfices santé de l’opération.
Pourtant, malgré ces critiques, l’Avondvierdaagse reste un pilier de la vie sociale néerlandaise. Elle permet aux familles de se retrouver, de découvrir leur environnement local et de partager un moment hors des écrans. « Cette tradition rassemble les gens d’une façon simple et saine », rappelle Arno Van Gemert. Un équilibre subtil entre plaisir et contrainte, entre tradition et modernité, qui continue de séduire des générations de Néerlandais.
Reste à voir si d’autres pays oseront s’inspirer de ce modèle pour promouvoir le bien-être des jeunes générations. Une question que The Guardian soulève dans son article, invitant à une réflexion plus large sur les traditions locales et leur impact sur le bonheur des enfants.