Selon Le Monde, les recettes générées par les salles de cinéma à l’échelle mondiale peinent à retrouver leur niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Malgré la multiplication des initiatives pour attirer le public, les exploitants de salles misent sur des concepts originaux pour séduire les spectateurs et relancer une fréquentation en demi-teinte.
Ce qu'il faut retenir
- Les recettes mondiales des salles de cinéma en 2025-2026 restent inférieures de 25 à 30 % à leur niveau de 2019, selon les dernières estimations de l’industrie.
- Les exploitants expérimentent des formules inédites, comme des séances réservées aux amateurs de tricot ou de yoga, pour diversifier leur offre et fidéliser leur audience.
- Les blockbusters, bien que toujours performants, ne suffisent plus à combler le déficit de fréquentation par rapport à la période pré-pandémique.
Une fréquentation toujours en retrait malgré les efforts
Trois ans après la fin des restrictions sanitaires, le secteur cinématographique mondial n’a pas retrouvé sa dynamique d’avant 2020. Le Monde souligne que les recettes globales, tous continents confondus, stagnent à des niveaux significativement inférieurs à ceux enregistrés avant la crise sanitaire. En Europe comme en Amérique du Nord, les salles peinent à retrouver une fréquentation comparable, malgré des programmes culturels de plus en plus variés. Les exploitants misent ainsi sur l’innovation pour reconquérir un public parfois réticent à se rendre dans les salles traditionnelles.
Les initiatives testées par les cinémas ces derniers mois reflètent cette volonté de se réinventer. Parmi les expériences les plus marquantes, on trouve des séances dédiées à des activités comme le tricot ou le yoga, organisées en collaboration avec des associations locales. Ces événements, souvent organisés en dehors des horaires classiques, visent à toucher de nouveaux publics tout en créant une expérience sociale autour de la projection de films. D’autres salles ont opté pour des tarifs réduits en journée ou des abonnements mensuels pour inciter à une fréquentation régulière.
Des stratégies de diversification pour pallier le manque à gagner
Face à cette situation, les professionnels du secteur multiplient les initiatives pour compenser la baisse de fréquentation. Certaines salles proposent désormais des espaces de restauration étoffés, transformant l’expérience cinématographique en un véritable moment de détente. D’autres misent sur des partenariats avec des plateformes de streaming ou des influenceurs pour toucher un public plus jeune. Le Monde indique que ces stratégies, bien que créatives, peinent encore à inverser la tendance.
Un exploitant parisien, interrogé par Le Monde, a déclaré : « Nous avons testé des séances yoga le matin, suivies d’un film en avant-soirée. L’idée était de toucher un public différent, mais les résultats restent mitigés. Les habitués reviennent, mais les nouveaux spectateurs se font encore attendre. » Les salles indépendantes, en particulier, subissent de plein fouet cette situation, faute de budgets suffisants pour financer des campagnes marketing ambitieuses. Les grands groupes, eux, misent sur des productions à gros budget pour attirer les foules, mais ces dernières années, même les franchises les plus populaires peinent à remplir les salles comme par le passé.
Un secteur en quête de résilience
Malgré ces défis, certains signes encourageants émergent. Les salles de cinéma en Asie, par exemple, affichent une reprise plus marquée, portée par des productions locales à succès. En Europe, des festivals et des rétrospectives attirent à nouveau des foules, prouvant que le public n’a pas totalement déserté les écrans. Le Monde rappelle que le cinéma reste un loisir culturel majeur, mais que son avenir dépendra de la capacité des exploitants à s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation.
Pour l’instant, aucune date précise n’est avancée pour un retour à la normale. Les professionnels du secteur tablent sur une amélioration progressive, mais la route reste longue avant que les salles de cinéma ne retrouvent leur lustre d’avant la pandémie.
La question se pose désormais : ces innovations suffiront-elles à pérenniser le modèle économique des salles, ou faut-il s’attendre à une nouvelle vague de fermetures dans les années à venir ?
Selon Le Monde, l’Europe et l’Amérique du Nord enregistrent les plus fortes baisses de fréquentation, avec des recettes inférieures de 25 à 30 % par rapport à 2019. En revanche, certains pays asiatiques, comme la Chine et le Japon, montrent des signes de reprise plus marqués.