L’entreprise d’événementiel Le Canon français, spécialisée dans l’organisation de banquets festifs à travers l’Hexagone, s’est retrouvée au cœur d’une polémique alimentée par une partie de la gauche et certains médias. Depuis plus d’un an, cette structure est partiellement financée par Odyssée Impact, un fonds d’investissement créé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, actionnaire minoritaire à hauteur de 30 %. Les critiques, initialement modérées, se sont intensifiées, ciblant désormais l’entreprise elle-même, ses clients et ses participants, comme le rapporte Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • 30 % du capital du Canon français sont détenus par le fonds Odyssée Impact, dirigé par Pierre-Édouard Stérin, selon Le Figaro.
  • Les banquets organisés par l’entreprise sont accusés de rassembler des profils politiques variés, allant des électeurs du Rassemblement National à des sympathisants néonazis.
  • Les attaques contre Le Canon français se multiplient depuis un an, avec des pétitions militantes, des appels au boycott et des reportages à charge dans certains médias.
  • Dans l’Allier, la découverte du lien entre Stérin et un événement local a suscité une vive polémique autour d’un spectacle inspiré du Puy-du-Fou.
  • À Aix-en-Provence, des syndicats antifascistes tentent d’annuler une représentation liée à Notre-Dame de Paris, évoquant des risques de dérives politiques.

Un modèle économique et des critiques qui s’amplifient

Le Canon français se présente comme une entreprise dédiée à l’organisation de banquets festifs, mêlant convivialité et références culturelles franchouillardes. Pourtant, depuis que son financement partiel par Odyssée Impact a été révélé, l’entreprise est devenue la cible récurrente de critiques. Ces attaques, portées notamment par La France insoumise et certains titres de presse, visent à la fois le modèle économique de l’entreprise et les profils de ses participants.

Pierre-Édouard Stérin, figure médiatique conservatrice, est régulièrement décrit comme une « bête noire » par ses détracteurs. Son implication, même minoritaire, dans le capital du Canon français a suffi à déclencher une vague de contestations. Les organisateurs des banquets sont désormais régulièrement accusés d’accueillir des publics aux sympathies politiques radicales, allant des électeurs du RN aux milieux néonazis.

Des polémiques locales qui s’ajoutent à la controverse nationale

Les tensions autour du Canon français ne se limitent pas aux débats médiatiques. Dans l’Allier, la révélation du financement de Stérin a provoqué une levée de boucliers contre un événement local inspiré du Puy-du-Fou. Les opposants dénoncent un « manque de transparence » et une « récupération politique » du spectacle. La polémique a pris une telle ampleur que les organisateurs ont dû justifier publiquement leur choix de partenariat.

À Aix-en-Provence, c’est un spectacle dédié à Notre-Dame de Paris qui cristallise les tensions. Des syndicats antifascistes ont saisi la justice pour tenter d’annuler l’événement, invoquant des risques de dérives. La mobilisation s’appuie sur des craintes de récupération politique, bien que les organisateurs aient toujours défendu la neutralité de leur manifestation culturelle.

Une polarisation qui dépasse les simples clivages politiques

La controverse autour du Canon français illustre une fracture plus large dans le paysage politique et médiatique français. D’un côté, ses défenseurs mettent en avant le caractère festif et apolitique de ses événements, soulignant que les participants viennent d’horizons variés. De l’autre, ses détracteurs y voient une « machine à normaliser l’extrême droite », un argument qu’ils étayent par des exemples de participants ou d’intervenants controversés lors de précédents banquets.

La polémique a aussi révélé une stratégie assumée de certains militants : multiplier les pressions pour forcer l’entreprise à rompre tout lien avec Stérin. Des appels au boycott ont été lancés sur les réseaux sociaux, tandis que des pétitions circulent pour exiger la fin du financement par Odyssée Impact. Pour l’instant, l’entreprise n’a pas cédé à ces pressions, mais la pression médiatique et politique reste constante.

« Depuis un peu plus d’un an, l’entreprise est en partie financée par Odyssée Impact, un fonds d’investissement créé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin. Depuis, plus rien ne lui a été épargné. » — Le Figaro

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’avenir du Canon français. Plusieurs recours juridiques sont en cours, notamment à Aix-en-Provence, où la justice devra trancher sur la légitimité des demandes d’annulation des spectacles. Par ailleurs, la mobilisation militante contre l’entreprise devrait s’intensifier, avec de nouvelles pétitions et des actions ciblées lors de ses événements.

Côté organisateurs, la stratégie reste la même : maintenir leurs activités tout en répondant aux critiques par des arguments de transparence et de neutralité politique. Reste à voir si cette position suffira à apaiser les tensions, ou si la polémique prendra une nouvelle ampleur dans les mois à venir.

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des différentes parties à engager un dialogue constructif, ou au contraire, à radicaliser leurs positions. Une chose est sûre : le débat autour du Canon français et de ses financeurs s’inscrit dans une dynamique plus large de polarisation politique et culturelle en France.

Pierre-Édouard Stérin est un milliardaire français, connu pour ses positions conservatrices. Il est le fondateur du fonds d’investissement Odyssée Impact, qui détient 30 % du capital du Canon français. Son implication dans l’entreprise, même minoritaire, a déclenché une vague de critiques, certains accusant ses événements de rassembler des profils politiques radicaux.