Un homme a délibérément foncé ce jeudi 14 mai 2026 sur un rassemblement silencieux de manifestants antigouvernement à Belgrade, selon Libération. L’incident s’est produit lors d’une marche organisée par des opposants au président nationaliste Aleksandar Vučić, dans un contexte de tensions politiques persistantes en Serbie.

Ce qu'il faut retenir

  • Un automobiliste a percuté un participant nonagénaire lors d’un rassemblement antigouvernement à Belgrade, ce 14 mai 2026.
  • L’homme, interpellé par les forces de l’ordre, a été placé en garde à vue pour tentative d’homicide.
  • Les manifestants dénonçaient la corruption endémique et le régime de Vučić, au pouvoir depuis plus d’une décennie.
  • Les attaques contre les opposants politiques se multiplient en Serbie, un phénomène récurrent ces dernières années.

L’incident s’est déroulé en début de soirée dans le centre-ville de Belgrade, où plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies pour une marche silencieuse. Selon les premiers éléments rapportés par Libération, un véhicule a brusquement quitté la file de circulation avant de percuter délibérément un groupe de manifestants. Parmi les victimes, un homme de 92 ans a été grièvement blessé et transporté en urgence absolue à l’hôpital universitaire de Belgrade.

Le conducteur, un homme d’une quarantaine d’années, a été maîtrisé par des passants avant l’arrivée des forces de l’ordre. Il a été placé en garde à vue pour tentative d’homicide, comme l’a confirmé le parquet de Belgrade. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les éventuels mobiles de l’agresseur, mais l’hypothèse d’un acte politique est privilégiée, compte tenu du contexte.

Un climat politique tendu en Serbie

Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues entre le pouvoir en place et l’opposition. Depuis des années, le président Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 2012 (d’abord comme Premier ministre puis comme président depuis 2017), fait face à des critiques récurrentes sur la corruption, la restriction des libertés et le contrôle des médias. Les manifestations antigouvernementales se multiplient, souvent réprimées par la police.

Comme le rappelle Libération, les attaques contre les opposants ne sont pas rares en Serbie. En 2023, plusieurs militants et journalistes avaient été victimes d’agressions physiques ou de tentatives d’intimidation. Les ONG locales dénoncent une « culture de l’impunité » favorisant ces violences, alors que les enquêtes aboutissent rarement à des condamnations.

Réactions et suites judiciaires

Le parquet de Belgrade a ouvert une enquête pour « tentative d’homicide » et « violences en réunion ». Le procureur a indiqué que toutes les pistes seraient explorées, y compris celle d’un acte prémédité lié à l’engagement politique de la victime. Dans l’immédiat, l’état de santé de l’homme de 92 ans, hospitalisé en urgence, n’a pas été précisé par les autorités médicales.

De son côté, l’opposition a dénoncé une « escalade de la violence » et exigé des garanties pour la sécurité des manifestants.

« Ces attaques visent à faire taire la contestation, mais elles ne feront que renforcer notre détermination », a déclaré une porte-parole du principal parti d’opposition, citée par Libération.

Et maintenant ?

L’enquête devrait se poursuivre dans les prochains jours, avec des auditions supplémentaires et une analyse des images de vidéosurveillance. Si le mobile politique est confirmé, l’affaire pourrait relancer les débats sur la liberté de manifester en Serbie. Une nouvelle marche est prévue ce week-end à Belgrade, malgré les risques persistants.

Les autorités n’ont pas encore annoncé de mesures spécifiques pour renforcer la protection des manifestants. La situation reste sous haute surveillance, alors que la tension politique continue de monter dans le pays.

Aleksandar Vučić est le président serbe depuis 2017, après avoir été Premier ministre de 2012 à 2017. Son mandat est marqué par des accusations de corruption, de restriction des libertés de la presse et de répression des opposants. Les manifestations antigouvernementales dénoncent notamment sa gestion des médias, contrôlés selon elles par des proches du pouvoir, et son rapprochement avec la Russie.