Un groupe de pression installé au cœur des institutions européennes, financé en partie par des revenus liés au pétrole russe et engagé dans une opposition systématique aux politiques écologiques : c’est le portrait que dresse France 24 du MCC Brussels, un think tank bruxellois classé à l’extrême droite de l’échiquier politique. Selon l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, cette structure mène depuis plusieurs années une croisade contre ce qu’elle qualifie de « progressisme » environnemental, tout en bénéficiant de soutiens financiers controversés.

Ce qu'il faut retenir

  • Le MCC Brussels est un think tank bruxellois classé à l’extrême droite, selon France 24.
  • Il s’oppose activement aux politiques de transition écologique au sein de l’Union européenne.
  • Selon Le Canard enchaîné, une partie de ses financements proviendrait de dividendes liés au pétrole russe.
  • Le MCC Brussels est basé à Bruxelles, au cœur des institutions européennes, ce qui lui permet d’influencer les débats politiques.
  • Il se présente comme un contre-pouvoir face à ce qu’il qualifie de « progressisme » écologiste.

Un think tank controversé au cœur de l’UE

Installé à Bruxelles, épicentre des décisions européennes, le MCC Brussels se décrit comme un laboratoire d’idées dédié à la défense des valeurs traditionnelles et conservatrices. Selon France 24, ce cercle de réflexion se distingue par son opposition frontale aux mesures environnementales portées par les institutions de l’Union. Son influence s’exerce notamment à travers des prises de position publiques, des publications et des rencontres avec des décideurs politiques, ce qui lui confère une capacité d’action non négligeable dans les couloirs du pouvoir européen. — Autant dire que, pour ses détracteurs, il incarne une forme de lobbyisme anti-écologique au sein même des institutions qui façonnent les politiques climatiques du continent.

Ce positionnement s’inscrit dans une ligne idéologique claire : le MCC Brussels rejette ce qu’il considère comme une « dérive écologiste » au profit d’une approche économique et politique plus libérale, voire libertarienne. Ses membres et ses relais multiplient les interventions médiatiques pour critiquer les objectifs de neutralité carbone, les taxes sur le carbone ou encore les subventions aux énergies renouvelables. Une stratégie qui, selon ses opposants, vise à freiner l’ambition climatique de l’UE.

Des financements russes au cœur des soupçons

La principale source de financement du MCC Brussels reste à ce jour un sujet de controverse. Comme le rapporte Le Canard enchaîné, une partie de ses revenus proviendrait de dividendes liés au secteur pétrolier russe, via des intermédiaires financiers opaquant dans l’ombre. Cette information, difficile à vérifier de manière exhaustive, s’appuie sur des enquêtes journalistiques et des documents financiers partiellement accessibles. — Une dépendance financière qui pose question, d’autant que le think tank défend des positions alignées sur les intérêts géopolitiques de Moscou, notamment en matière de politique énergétique.

Interrogé par France 24, un porte-parole du MCC Brussels a nié toute collusion avec le Kremlin, affirmant que ses financements provenaient principalement de dons privés et de fondations conservatrices européennes. « Nos ressources sont transparentes et proviennent de soutiens individuels ou de think tanks alliés », a-t-il déclaré, sans pour autant fournir de liste détaillée de ses donateurs. Cette absence de transparence alimente les suspicions, d’autant que les liens entre certains cercles conservateurs européens et des acteurs russes sont régulièrement documentés par les services de renseignement.

Une opposition frontale à la transition écologique

Le MCC Brussels ne se contente pas de critiquer les politiques climatiques : il les combat activement. Ses membres interviennent régulièrement dans les médias pour dénoncer les « excès » de la transition verte, qu’ils jugent coûteuse et inefficace. Ils ont notamment milité contre le Pacte vert européen, l’interdiction des moteurs thermiques ou encore les quotas d’émissions pour les industries polluantes. — Une opposition qui trouve un écho auprès de certains groupes politiques au Parlement européen, notamment parmi les élus de la droite conservatrice et souverainiste.

« L’écologie punitive est une impasse économique et sociale », a affirmé Ivan Blot, l’un des fondateurs du MCC Brussels et ancien député européen du Front national. « Nous défendons une approche réaliste, fondée sur l’innovation technologique plutôt que sur des interdits idéologiques ». Ses prises de position, relayées par des médias proches de l’extrême droite, contribuent à polariser le débat sur l’avenir énergétique de l’Europe.

Et maintenant ?

La Commission européenne a annoncé qu’elle allait examiner les activités de lobbying des think tanks opérant à Bruxelles, avec une attention particulière portée aux conflits d’intérêts et aux financements opaques. Une consultation publique est prévue pour la fin de l’été 2026, avec une possible révision du registre de transparence des lobbies. Dans l’immédiat, le MCC Brussels continue de peser sur les débats, notamment via des alliances avec des partis eurosceptiques qui pourraient freiner l’adoption de nouvelles mesures climatiques d’ici la fin du mandat de l’actuelle législature, en 2029.

Cette affaire soulève une question de fond : jusqu’où peut-on tolérer des groupes de pression dont les financements et les positions politiques s’écartent des principes démocratiques et écologiques portés par l’Union ? Pour l’heure, la réponse reste incertaine, mais les prochains mois pourraient apporter des éléments de clarification.