Le Parlement européen se penche sur la question de prolonger le délai accordé aux fabricants de produits cosmétiques pour retirer certaines substances dangereuses de leurs produits. Actuellement, les substances classées comme cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction doivent être retirées des cosmétiques sous 18 mois. Cependant, la Commission européenne propose d'étendre ce délai à cinq ans, suscitant des débats et des inquiétudes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement européen étudie la proposition de prolonger le délai de retrait des substances dangereuses des cosmétiques
  • Actuellement, les substances cancérigènes doivent être retirées des produits en 18 mois, mais la Commission européenne propose de porter ce délai à cinq ans
  • Des réactions mitigées sont observées, entre les préoccupations pour la santé publique et les besoins des industriels

Des délais rallongés pour plus de flexibilité

La proposition de la Commission européenne vise à offrir aux fabricants une dérogation significative pour faciliter la reformulation de leurs produits. Cette prolongation du délai suscite des critiques, notamment de la part de Pascal Canfin, eurodéputé Renew, qui souligne le risque pour la santé publique de conserver des produits officiellement reconnus comme cancérigènes dans les foyers malgré une utilisation quotidienne.

Pressions et enjeux

Pascal Canfin pointe du doigt l'influence des lobbys industriels face à une potentielle menace pour le secteur, alors que plusieurs substances couramment utilisées dans les cosmétiques sont en cours d'évaluation pour un possible classement cancérigène. Cette approche de prolonger les délais au lieu de modifier les formules des produits est critiquée comme inacceptable et dangereuse.

Positions divergentes

Les industriels, quant à eux, accueillent favorablement cette extension du délai, affirmant qu'18 mois ne sont pas suffisants pour effectuer des modifications substantielles. Brice Leclerc, directeur scientifique de la Fédération des entreprises de la beauté, souligne la nécessité de laisser aux fabricants le temps de mener des évaluations scientifiques et des reformulations adéquates pour assurer la sécurité des produits.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs, avec l'Agence européenne devant se prononcer sur la nocivité de plusieurs substances présentes dans la majorité des produits cosmétiques. Les implications de cette décision sur la santé publique et l'industrie seront surveillées de près.