Selon Top Santé, le poulet s’est imposé comme la viande la plus consommée au monde et en France, détrônant ainsi le porc. Cette transition, documentée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), s’explique par plusieurs facteurs économiques et sociétaux. Autant dire que les habitudes alimentaires des consommateurs évoluent rapidement, sous l’effet conjugué du pouvoir d’achat et de la perception de cette viande comme plus saine.

Ce qu'il faut retenir

  • Le poulet est désormais la viande la plus consommée au monde, devant le porc, selon les données de l’OCDE et de la FAO rapportées par Top Santé.
  • En France, cette tendance se confirme, avec une hausse significative de la consommation de volaille ces dernières années.
  • Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : coût abordable, image perçue comme plus saine, et développement des élevages intensifs.
  • Cette transition reflète une mutation des habitudes alimentaires à l’échelle mondiale, portée par des enjeux économiques et de santé publique.

Une ascension portée par le pouvoir d’achat et l’image santé

L’essor du poulet comme viande dominante s’explique d’abord par son coût inférieur à celui d’autres protéines animales. Selon les experts cités par Top Santé, cette accessibilité économique en fait un choix privilégié pour les ménages, notamment dans un contexte d’inflation persistante. Autre atout majeur : son image de viande saine. Longtemps perçue comme moins grasse que le porc ou le bœuf, la volaille bénéficie d’un marketing favorable, renforcé par les recommandations nutritionnelles de nombreux pays.

Côté production, les élevages intensifs ont permis de répondre à la demande croissante. Les filières avicoles se sont modernisées, avec des rendements élevés et des coûts maîtrisés, rendant le poulet encore plus compétitif. « La volaille offre un équilibre entre prix et qualité nutritionnelle », a souligné un porte-parole de la FAO interrogé par Top Santé.

En France, le poulet confirme sa place de leader

La tendance mondiale se retrouve en France, où la consommation de poulet a connu une hausse de 12 % entre 2020 et 2025, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture. Le porc, autrefois roi des assiettes françaises, voit sa consommation reculer, notamment en raison des débats sur son impact environnemental et sanitaire. Les Français privilégient désormais les plats à base de volaille, qu’il s’agisse de blancs de poulet, de nuggets ou de préparations traditionnelles comme le poulet rôti.

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de réduction de la viande rouge au profit de protéines alternatives. Les associations de consommateurs et les pouvoirs publics encouragent cette transition, notamment pour des raisons de santé publique et d’empreinte carbone. « Les données montrent une corrélation entre la baisse de la consommation de porc et l’augmentation des élevages de volaille », a précisé un expert cité par Top Santé.

Quelles conséquences pour les filières et l’environnement ?

Si la domination du poulet présente des avantages économiques, elle soulève aussi des questions sur les modèles d’élevage intensif. Les ONG environnementales alertent sur les risques de pollution liés aux élevages avicoles à grande échelle, notamment en termes de rejets de déchets et d’utilisation d’antibiotiques. « Les filières doivent s’adapter pour limiter l’impact écologique », a rappelé un représentant de Greenpeace France dans une récente interview.

Côté marché, cette transition profite aux grands groupes agroalimentaires spécialisés dans la volaille, comme LDC (Le Gaulois, Marie) ou Terrena, qui ont massivement investi dans la production de poulet. À l’inverse, les producteurs de porc français, déjà fragilisés par la concurrence internationale, voient leur part de marché se réduire. « Nous devons innover pour rester compétitifs », a déclaré un éleveur porcin de Bretagne interrogé par Top Santé.

Et maintenant ?

D’ici à 2030, les projections de l’OCDE et de la FAO indiquent que la consommation de poulet devrait encore progresser, portée par la demande des pays émergents et les habitudes des jeunes générations. Cependant, cette croissance dépendra de la capacité des filières à concilier productivité et durabilité. Une prochaine réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, prévue en novembre 2026, devrait aborder ces enjeux lors d’un débat sur la transition des protéines animales. Reste à voir si les politiques publiques suivront ces évolutions.

En conclusion, le poulet s’impose durablement comme la viande préférée des consommateurs, au détriment du porc. Cette mutation reflète des changements profonds dans nos assiettes, où se mêlent contraintes économiques, préoccupations de santé et enjeux environnementaux.

D’un point de vue nutritionnel, le poulet est généralement moins gras que le porc, notamment si on le compare aux morceaux gras comme le ventre ou les côtes. Cependant, tout dépend des modes de cuisson et des accompagnements. Les experts recommandent de privilégier les préparations peu grasses (grill, vapeur) et de limiter les sauces industrielles, qui peuvent annuler les bénéfices santé.