Un album aussi inattendu qu’hypnotique fait parler de lui bien au-delà des frontières grecques. Paradise Metal, premier disque du prêtre orthodoxe Dionysios Tabakis, unit les sonorités envoûtantes des liturgies byzantines aux riffs puissants du metal. Selon Courrier International, cette fusion musicale a rapidement capté l’attention de mélomanes, de blogs spécialisés et même de médias internationaux comme Pitchfork ou le New York Times.
Ce qu'il faut retenir
- Paradise Metal, l’album de Dionysios Tabakis, allie chants byzantins et metal, un mélange unique enregistré dans son église de Nauplie.
- Diffusé initialement à seulement 150 exemplaires en cassette, le disque a suscité un engouement inattendu sur les réseaux sociaux.
- L’album sortira en version physique à grande échelle durant l’été 2026, avec une performance prévue au festival Making Time de Philadelphie en septembre.
- Tabakis utilise des instruments traditionnels anatoliens comme la zurna et le kabak kemane, associés à une guitare électrique sans frettes, la perdesiz.
À 53 ans, Dionysios Tabakis officie depuis trois décennies dans l’église de la Nativité à Nauplie, une ville côtière du sud de la Grèce, sur les rives du golfe d’Argolide. C’est dans ce même lieu qu’il a composé et enregistré Paradise Metal, un projet artistique aussi audacieux que personnel. L’album, sorti fin avril 2026 en édition limitée de 150 cassettes, a rapidement trouvé un écho auprès de cercles restreints de mélomanes avant de franchir les frontières numériques.
L’engouement pour cette création hybride s’est amplifié grâce aux plateformes en ligne. Des vidéos de ses morceaux, publiées sur YouTube, ont circulé parmi les amateurs de musiques expérimentales. « Il a créé quelque chose de très étrange, et extrêmement spirituel, qui ne sonne comme rien d’autre », a souligné Nikolas Rafael, patron du label grec Elhellhel, qui a produit l’album. Pour Tabakis, l’objectif était clair : « Je veux créer un grand mélange de tout : le Paradis et la Terre, l’Ouest et l’Est, le présent et le passé », a-t-il expliqué au New York Times.
Son approche musicale repose sur une fusion entre tradition et modernité. Multi-instrumentiste, il joue de la perdesiz, une guitare électrique sans frettes, qu’il entremêle aux sonorités de la zurna, un hautbois traditionnel anatolien, et du kabak kemane, un petit instrument à cordes. Ces mélodies hypnotiques, enrichies d’une réverbération marquée, convoquent toute la mémoire des deux rives de la mer Égée, là où s’ancre son identité.
L’album a été salué pour son syncrétisme et sa dimension spirituelle. Pitchfork, dans une critique enthousiaste, évoque une « série d’épiphanies » mêlant drone metal, chants de Noël techno, enregistrements de terrain et cantiques byzantins. « Planante et spirituelle, sa musique contient les multitudes d’un univers byzantin et de l’âme humaine, insufflant une part de divin à son rock expérimental », peut-on lire dans le média américain.
« Les liturgies byzantines résonnent avec un écho renouvelé. Et offrent une "série d’épiphanies", comme le décrit Pitchfork dans une critique enthousiaste, qui "maille drone metal [un sous-genre particulièrement lent] et chants de Noël techno, enregistrements de terrain et cantiques". »
Au cœur de Paradise Metal, la foi occupe une place centrale. Tabakis, dont les parents ont fui la Turquie lors de la guerre gréco-turque des années 1920, n’a jamais voyagé plus loin que ce pays voisin. Pourtant, sa musique semble transcender les frontières géographiques et culturelles. « Il donne l’impression de regarder le ciel et des nuages lourds, et de les fixer si longtemps qu’on a l’impression de voir le soleil de l’autre côté », a décrit Pitchfork, illustrant ainsi l’effet presque mystique de son œuvre.
L’ascension de Tabakis est d’autant plus remarquable qu’il n’a jamais donné de concert auparavant. Pourtant, son premier album a d’ores et déjà dépassé les attentes modestes de sa diffusion initiale. Fort de cet engouement, Paradise Metal sera édité en disque à grande échelle dès l’été 2026, marquant une étape majeure pour cet artiste atypique. Parallèlement, une performance est prévue en septembre lors du festival Making Time, à Philadelphie, aux États-Unis.
Dionysios Tabakis incarne une rencontre improbable entre sacralité et subversion musicale. Son parcours rappelle que l’art, même le plus inattendu, peut trouver un écho universel. Entre héritage byzantin et modernité rock, Paradise Metal ouvre une brèche où la foi et la provocation se répondent.
Le musicien intègre la zurna, un type de hautbois traditionnel anatolien, ainsi que le kabak kemane, un petit instrument à cordes, dans ses compositions.
Son premier concert est prévu en septembre 2026 lors du festival Making Time, à Philadelphie, aux États-Unis.