Alors que la saison des assemblées générales (AG) bat son plein, une question se pose : les investisseurs et entreprises réserveront-elles cette année encore une place centrale aux enjeux climatiques ? Selon BFM Business, les priorités pourraient évoluer, sous l’effet des tensions économiques et géopolitiques persistantes.
Ce qu'il faut retenir
- Les questions climatiques pourraient être moins mises en avant lors des AG 2026, selon une analyse de BFM Business.
- Les résultats financiers et la résilience économique prennent le pas sur les engagements ESG dans un contexte de hausse des coûts énergétiques.
- Les investisseurs institutionnels devraient maintenir une pression modérée sur les critères RSE, sans pour autant les abandonner.
- La performance boursière des entreprises pourrait être davantage scrutée que leur bilan carbone cette année.
Des priorités économiques qui bousculent l’agenda RSE
Avec la persistance des tensions sur les marchés énergétiques et une inflation toujours élevée dans plusieurs régions du monde, les entreprises et leurs actionnaires semblent recentrer leurs débats. Selon BFM Business, les assemblées générales de 2026 pourraient ainsi accorder moins de temps aux résolutions liées au climat, au profit d’analyses financières plus détaillées. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les coûts de production et la rentabilité restent au cœur des préoccupations des dirigeants.
Les rapports annuels des grands groupes, publiés ces dernières semaines, montrent effectivement une focalisation accrue sur les marges opérationnelles et les stratégies de réduction des coûts. Les résolutions climatiques, bien que toujours présentes, pourraient ainsi voir leur poids relatif diminuer lors des votes en AG.
Un engagement climatique maintenu, mais sous conditions
Pourtant, les attentes des actionnaires en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ne disparaissent pas totalement. Selon BFM Business, les fonds d’investissement et les investisseurs institutionnels devraient continuer à exiger des engagements concrets, notamment sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résolutions symboliques, comme la publication de rapports carbone ou la mise en place de plans de transition énergétique, devraient donc toujours figurer à l’ordre du jour des AG.
Cependant, leur adoption pourrait être plus difficile si les actionnaires perçoivent un manque de cohérence entre les promesses affichées et la réalité des investissements. Les entreprises du secteur énergétique, en particulier, pourraient faire face à une vigilance accrue de la part des fonds activistes.
Les marchés financiers, nouveaux arbitres des priorités RSE
Le comportement des marchés boursiers joue également un rôle clé dans cette dynamique. Avec des indicateurs économiques fragiles et une volatilité persistante, les entreprises pourraient être incitées à privilégier les projets à court terme, au détriment de stratégies climatiques plus ambitieuses mais moins rentables à horizon immédiat. Selon BFM Business, cette logique pourrait se traduire par un ralentissement des investissements dans les énergies renouvelables au profit de secteurs perçus comme plus stables, comme les technologies ou les services financiers.
Les analystes soulignent cependant que cette tendance n’est pas systématique. Certaines entreprises, notamment dans les secteurs de la tech et de la finance, continuent de faire de la durabilité un pilier de leur communication corporate, y compris en période de ralentissement économique.
Dans un contexte où les crises économiques et géopolitiques s’enchaînent, la question n’est donc pas tant de savoir si le climat sera absent des AG 2026, mais plutôt à quel point il sera relégué au second plan. Une évolution qui interroge sur l’équilibre entre performance financière et responsabilité sociétale.
Selon BFM Business, les secteurs les plus exposés à cette tendance sont ceux dont les marges sont déjà sous pression, comme l’énergie, l’industrie lourde ou le transport. Les entreprises de ces branches pourraient être contraintes de réduire leurs investissements dans les projets verts pour préserver leur trésorerie.