Avec la reprise progressive des vols des grands transporteurs du Golfe, les passagers européens pourraient bientôt retrouver des escales à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi plus sereines. Selon Le Figaro, Emirates, Qatar Airways et Etihad ont commencé à rétablir leurs programmes aériens après près de quatre mois de conflit perturbant leurs liaisons avec l’Iran.
La reprise reste inégale mais significative : selon les données Flightradar24, citées par Reuters et rapportées par Le Figaro, le volume de vols opérés par ces compagnies atteint désormais environ 82 % de leur niveau d’avant le début des hostilités, le 27 février 2026. Gulf Air et Kuwait Airways ont déjà dépassé leurs niveaux d’activité habituels, tandis qu’Emirates, Qatar Airways et Etihad affichent un retour progressif, oscillant entre 86 % et 93 % de leur capacité d’avant-crise.
Ce qu'il faut retenir
- Hausse progressive du trafic : Les vols opérés par les compagnies du Golfe ont atteint 82 % de leur niveau d’avant le 27 février 2026, date du début du conflit.
- Reprise différenciée selon les compagnies : Emirates, Qatar Airways et Etihad retrouvent entre 86 % et 93 % de leur activité, tandis que Gulf Air et Kuwait Airways ont déjà dépassé leurs niveaux d’avant-crise.
- Retour à des routes plus directes : L’accord intérimaire signé entre les États-Unis et l’Iran ouvre la voie à une réouverture progressive des espaces aériens régionaux.
- Impact sur les passagers : La reprise devrait se traduire par moins de vols déroutés, des correspondances moins fragiles et des durées de trajet réduites.
- Contexte concurrentiel : La reprise des compagnies du Golfe intervient alors que des transporteurs comme French bee tentent de capter une partie du marché en proposant des alternatives aux escales dans le Golfe.
Une mécanique aérienne mise à l’épreuve par la géopolitique
Pour des millions de voyageurs européens, une escale à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi est devenue une étape incontournable pour rejoindre l’Asie, l’Australie ou l’océan Indien. « Le ciel du Golfe s’est imposé en vingt ans comme l’une des grandes plaques tournantes du voyage mondial », rappelle Le Figaro. Cependant, la guerre entre l’Iran et les États-Unis a rappelé la fragilité de cette organisation : la stabilité des espaces aériens conditionne directement la régularité des programmes de vols.
Depuis le début des hostilités, les compagnies ont dû composer avec des déroutements fréquents, des routes rallongées et des programmes réduits. « Dans l’aérien, la géopolitique ne reste jamais abstraite très longtemps », souligne Le Figaro. « Elle se lit sur une durée de vol, une correspondance manquée ou un billet plus cher. » L’accord signé entre Washington et Téhéran mercredi pourrait désormais permettre une réouverture progressive des espaces aériens, facilitant ainsi le retour à des itinéraires plus directs.
Qatar Airways donne le ton avec un renforcement de ses liaisons depuis la France
Parmi les trois géants du Golfe, Qatar Airways se distingue par une reprise particulièrement marquée. Dès cette semaine, la compagnie augmente ses vols entre Paris-Charles-de-Gaulle et Doha, passant de 18 à 21 fréquences hebdomadaires, dont quatorze opérées en Airbus A380. « On observe un regain marqué du long-courrier loisirs », indique Le Figaro, citant notamment une hausse de 200 % des réservations depuis la France vers le Japon pour cet été, par rapport à 2025.
Cette dynamique s’accompagne du redémarrage de plusieurs dessertes : la liaison Paris-Doha-Tokyo Haneda reprendra le 15 juillet, avant de devenir quotidienne à partir du 1er août. Pour Qatar Airways, l’enjeu est double : rassurer les voyageurs sur la fiabilité de ses escales tout en capitalisant sur la reprise du tourisme japonais, très prisé des Européens. Le transporteur mise aussi sur son hub de Doha, où il desservira cet été plus de 160 destinations à travers le monde.
Des signes encourageants, mais une reprise encore incomplète
Malgré ces avancées, la situation reste contrastée. Si certaines compagnies ont retrouvé plus de 90 % de leur activité, d’autres peinent à rattraper leur retard. « La confiance des voyageurs ne se rétablit pas au même rythme que les programmes de vols », tempère Le Figaro. L’Agence européenne de la sécurité aérienne maintient d’ailleurs ses mises en garde sur plusieurs espaces aériens du Moyen-Orient et du Golfe, rappelant que les risques géopolitiques persistent.
La crise a aussi eu des répercussions bien au-delà de la région. L’IATA a revu à la baisse ses prévisions de bénéfices pour le secteur aérien en 2026, en raison notamment de la hausse des coûts du carburant et des perturbations logistiques. « Les compagnies ont dû repositionner des avions et adapter leurs programmes », explique Le Figaro, soulignant que les liaisons entre l’Europe et l’Asie ont été particulièrement touchées.
La concurrence se saisit des opportunités
Alors que les compagnies du Golfe retrouvent des couleurs, d’autres transporteurs tentent de profiter du contexte pour attirer de nouveaux clients. En France, French bee vient ainsi de lancer une offensive vers les Maldives et le Sri Lanka, avec des billets annoncés à partir de 599 euros. « On assume un argument simple : éviter aux voyageurs le détour par le Golfe », explique la compagnie, qui mise sur des tarifs attractifs pour séduire une clientèle soucieuse de simplicité et de prévisibilité.
Cette stratégie illustre une réalité du secteur : la géopolitique crée aussi des opportunités commerciales. Pour les passagers, le choix entre une escale à Doha ou un vol direct vers l’Asie pourrait bientôt devenir un débat économique autant que pratique. « Les hubs de Doha, Dubaï ou Abu Dhabi retrouvent des couleurs ; leurs concurrents, eux, aimeraient bien convaincre les voyageurs qu’on peut parfois s’en passer », résume Le Figaro.
Reste à voir si cette reprise s’accompagnera d’une stabilisation des tarifs, alors que la hausse des coûts du carburant et les perturbations passées pourraient continuer de peser sur les prix. Pour l’instant, les passagers peuvent espérer des trajets moins longs et moins incertains, mais le retour à la normale, lui, prendra encore quelques mois.
Gulf Air et Kuwait Airways ont déjà dépassé leurs niveaux d’activité d’avant-crise. Parmi les trois grands transporteurs — Emirates, Qatar Airways et Etihad — ces dernières affichent un retour progressif, avec des taux de reprise compris entre 86 % et 93 % de leur capacité habituelle.
Non. L’accord intérimaire ouvre une fenêtre plus favorable, mais la réouverture des espaces aériens dépendra de son application concrète. L’Agence européenne de la sécurité aérienne maintient pour l’instant ses mises en garde sur plusieurs zones du Golfe.