Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) a appelé, dans un communiqué publié ce 3 septembre 2026, à un encadrement plus strict des prescriptions de lunettes et lentilles obtenues après une simple consultation chez un opticien, sans consultation médicale préalable. Selon nos confrères de Ouest France, cette demande vise à limiter les risques liés à des ordonnances potentiellement inadaptées ou incomplètes.
Ce qu'il faut retenir
- Le Snof réclame un contrôle accru des ordonnances délivrées par les opticiens sans examen ophtalmologique préalable.
- Cette pratique, aujourd’hui répandue, pourrait exposer les patients à des prescriptions non adaptées à leur vue.
- Le syndicat craint des risques pour la santé visuelle des patients, notamment en cas de prescriptions erronées.
- La demande du Snof s’inscrit dans un contexte de libéralisation des parcours de soins en optique.
Une pratique courante mais contestée
En France, il est aujourd’hui possible d’obtenir une ordonnance pour des lunettes ou des lentilles après un simple passage chez un opticien, sans rendez-vous systématique avec un ophtalmologiste. Une pratique que le Snof juge trop laxiste, comme il l’explique dans son communiqué : « Les ordonnances délivrées par les opticiens doivent faire l’objet d’un contrôle médical systématique », a déclaré le syndicat. Selon lui, cette absence de supervision médicale peut conduire à des erreurs de prescription, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé visuelle des patients.
Les risques d’une prescription non encadrée
Le syndicat dresse un constat alarmant : sans examen ophtalmologique préalable, les risques de prescriptions inadaptées ou incomplètes augmentent. Parmi les problèmes identifiés, on trouve des verres mal calibrés, des corrections insuffisantes ou, à l’inverse, des corrections trop fortes pouvant causer des maux de tête ou une fatigue visuelle accrue. « Certains opticiens délivrent des ordonnances basées uniquement sur des tests automatisés, sans analyse approfondie de la vue », a précisé le Snof. Une situation que le syndicat qualifie de « dangereuse » pour les patients, notamment ceux souffrant de pathologies oculaires comme le glaucome ou la cataracte.
Un débat qui s’inscrit dans une réforme plus large
La demande du Snof s’inscrit dans un débat plus large sur la réorganisation du parcours de soins en optique. En 2020, la loi a déjà élargi les compétences des opticiens, leur permettant de réaliser certains examens visuels. Cependant, cette libéralisation n’a pas été accompagnée d’un renforcement des contrôles médicaux en amont. « Nous ne remettons pas en cause le rôle des opticiens, mais nous estimons qu’une ordonnance doit toujours être validée par un médecin », a souligné le syndicat. Cette position reflète les tensions persistantes entre les professionnels de santé, divisés sur la question de l’autonomie des opticiens.
Cette question dépasse le simple cadre de la santé visuelle : elle interroge plus largement l’équilibre entre accessibilité des soins et qualité des prescriptions. Avec des milliers de Français concernés chaque année, la réforme éventuelle pourrait avoir un impact significatif sur les pratiques des opticiens et des ophtalmologistes.
Oui. Depuis plusieurs années, il est possible d’obtenir une ordonnance pour des lunettes ou des lentilles après un simple test réalisé par un opticien, sans consultation médicale obligatoire. Cette pratique est aujourd’hui courante dans de nombreux magasins d’optique.