Alors que les tensions autour des questions sociétales et religieuses s’intensifient en France, un nouveau projet émerge pour structurer une frange militante du catholicisme. Selon Libération, l’abbé Matthieu Raffray, figure médiatique des milieux traditionalistes, s’est associé à l’ancien évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey, et à l’entrepreneur Olivier Bonnassies pour lancer l’Institut Saint-Irénée. Cette structure vise à former des générations de catholiques prêts à défendre « la foi catholique » face aux évolutions de la société.

Ce qu'il faut retenir

  • Un trio de fondateurs : l’abbé Matthieu Raffray, l’ex-évêque Dominique Rey et l’entrepreneur Olivier Bonnassies
  • Une ambition affichée : former des jeunes générations à un catholicisme « militant » et identitaire
  • Un projet de formation : un institut dédié à la transmission des valeurs traditionnelles de l’Église
  • Un contexte sociétal : une réponse aux débats sur la laïcité et l’identité nationale

L’abbé Raffray, connu pour ses prises de position tranchées sur les réseaux sociaux, incarne une frange du catholicisme traditionaliste en pleine expansion. Avec Dominique Rey, évêque démissionnaire en 2023 après avoir exprimé des positions controversées sur les questions sociétales, et Olivier Bonnassies, entrepreneur engagé dans les milieux conservateurs, le projet mise sur une alliance entre influence médiatique, légitimité ecclésiale et réseaux économiques. Libération précise que l’institut entend s’appuyer sur une « pédagogie de combat » pour ses futurs élèves, une approche qui tranche avec les méthodes de formation classiques des séminaires.

Les statuts de l’Institut Saint-Irénée, déposés récemment, laissent entrevoir une structure ouverte aux jeunes adultes et aux étudiants. Parmi les objectifs affichés, la formation théologique s’accompagne d’un volet « militant », destiné à préparer les participants à s’engager dans les débats publics.

« Notre mission est de former des catholiques capables de défendre leur foi dans un monde qui la nie souvent », a expliqué l’abbé Raffray à Libération. « Cela passe par une connaissance approfondie de la doctrine, mais aussi par un engagement concret dans la société. »
L’entrepreneur Olivier Bonnassies, par ailleurs connu pour ses positions sur la « reconquête » identitaire, a souligné l’importance de « créer des réseaux solides » pour pérenniser l’influence de l’institut.

Côté calendrier, les premiers cours pourraient débuter dès la rentrée 2026, dans un lieu encore non communiqué. Si le projet s’inscrit dans la continuité des initiatives traditionalistes, il se distingue par son approche résolument tournée vers l’action. Dominique Rey, qui a quitté l’épiscopat après des désaccords avec la hiérarchie catholique sur la gestion des questions sociétales, a indiqué à Libération que cette structure répondait à un « besoin urgent » de renouveau spirituel et intellectuel au sein de l’Église.

Et maintenant ?

Plusieurs questions restent en suspens quant à l’avenir de l’Institut Saint-Irénée. D’abord, celle de son accueil au sein de la hiérarchie catholique : l’archevêché de Lyon, où se situe traditionnellement une frange traditionaliste, n’a pas encore réagi officiellement. Ensuite, le financement du projet, assuré pour l’instant par des donateurs privés, devra être pérennisé pour garantir sa viabilité. Enfin, la capacité de l’institut à attirer des étudiants dans un contexte où le catholicisme traditionnel peine à séduire les jeunes générations reste un défi majeur.

Pour ses promoteurs, l’enjeu est double : former une élite catholique capable de peser dans les débats publics, tout en renforçant les rangs d’une Église en perte d’influence. Reste à savoir si ce projet parviendra à fédérer au-delà des cercles déjà acquis à la cause. À suivre, notamment après la rentrée 2026, date prévue pour le lancement des premiers enseignements.

L’institut se présente comme un acteur de la défense de l’identité catholique, sans affiliation partisane explicite. Cependant, ses fondateurs, comme l’abbé Raffray ou Olivier Bonnassies, ont régulièrement exprimé des positions conservatrices, notamment sur les questions de genre, de bioéthique ou d’immigration. Le projet s’inscrit donc dans une logique de « reconquête » culturelle et religieuse, proche des thèses identitaires.