L’ancien rédacteur en chef du Financial Times, Lionel Barber, vient de porter un regard sans concession sur les conséquences du Brexit et la gestion politique du Royaume-Uni depuis 2020. Dans un entretien accordé à La Repubblica, repris par Le Figaro, il estime que la sortie de l’Union européenne a « vidé le pays de son énergie » et balayé une génération de responsables politiques talentueux. Barber, qui a dirigé le quotidien économique britannique pendant seize ans, se montre particulièrement sévère envers le Premier ministre britannique Keir Starmer, qu’il qualifie de « dirigeant de second ordre » et de « piètre communicateur ».
Ce qu'il faut retenir
- Lionel Barber, ex-directeur du Financial Times, critique vivement le Brexit et son impact sur la classe politique britannique.
- Il qualifie Keir Starmer de « dirigeant de second ordre » et de « piètre communicateur », soulignant son incapacité à créer un lien avec les citoyens.
- Selon Barber, le Brexit a « vidé le pays de son énergie » et éliminé une génération de talents politiques au Royaume-Uni.
- Starmer, ancien procureur, serait perçu comme un juriste éloigné des préoccupations du « jury » que forment les Britanniques ordinaires.
Un ancien pilier de la presse britannique face au déclin politique
À 71 ans, Lionel Barber a marqué de son empreinte le Financial Times pendant seize ans, jusqu’en 2020. Son analyse s’inscrit dans un contexte où le Royaume-Uni peine à retrouver une stabilité politique après le référendum sur le Brexit en 2016 et les multiples crises qui ont suivi. Barber ne se contente pas de critiquer le processus de sortie de l’UE, qu’il juge désastreux pour le pays. Il va plus loin en pointant du doigt la médiocrité de la classe politique actuelle, qu’il accuse d’avoir perdu en pertinence et en crédibilité auprès des citoyens.
Pour Barber, le problème ne se limite pas à la communication de Starmer. Il souligne que ce dernier, bien que respecté en tant qu’ancien procureur, manque des fondamentaux d’un leader politique. « Il ne sait pas raconter une histoire, il ne convainc personne », déclare-t-il dans l’entretien. Selon lui, Starmer incarne un profil trop technique, éloigné des réalités sociales et économiques des Britanniques, qui peinent à s’identifier à lui.
Le Brexit, un séisme politique aux conséquences durables
Dans ses propos, Barber ne se limite pas à une critique de Starmer. Il dresse un bilan accablant du Brexit, qu’il considère comme un facteur clé du déclin politique britannique. Selon lui, la sortie de l’Union européenne a « balayé une génération talentueuse de responsables politiques » et plongé le pays dans une instabilité chronique. Cette analyse rejoint celles de nombreux observateurs, qui soulignent les difficultés économiques, sociales et institutionnelles rencontrées par le Royaume-Uni depuis 2020.
Le Brexit a en effet provoqué une rupture profonde dans l’équilibre politique britannique. Les divisions au sein des partis, les remises en question des alliances traditionnelles et la montée des populismes ont redessiné le paysage politique. Barber ne cache pas son pessimisme : pour lui, le pays a perdu une partie de son dynamisme et de son attractivité, tant sur le plan intérieur qu’international. — Un constat partagé par une partie de l’élite économique et médiatique britannique, qui voit dans le Brexit un pari risqué aux conséquences encore mal évaluées.
Starmer, un Premier ministre sous le feu des critiques
Keir Starmer, en poste depuis janvier 2025, incarne pour Barber l’échec d’une génération de dirigeants qui n’a pas su tirer les leçons des crises passées. L’ancien directeur du Financial Times le décrit comme un « politicien fabriqué, sans naturel », entouré de collaborateurs tout aussi médiocres. Selon lui, Starmer, ancien procureur général, souffre d’un manque de charisme et d’une incapacité à fédérer au-delà des cercles juridiques et politiques traditionnels.
Cette critique s’appuie sur un constat plus large : le Royaume-Uni peine à retrouver une cohésion politique après des années de divisions. Les sondages montrent une défiance croissante envers les partis traditionnels, tandis que les Britanniques aspirent à des solutions concrètes face aux défis économiques et sociaux. Barber estime que Starmer, malgré ses compétences techniques, ne parvient pas à incarner cette réponse. — Une analyse qui pourrait peser dans les débats internes au Parti travailliste, où certains commencent à s’interroger sur la pertinence de sa stratégie.
« C’est un dirigeant de second ordre et un piètre communicateur. Il ne sait pas raconter une histoire. Il ne convainc personne et il est entouré de gens médiocres. »
— Lionel Barber, ancien directeur du Financial Times, à La Repubblica (selon Le Figaro)
Les propos de Lionel Barber, bien que sévères, reflètent une inquiétude partagée par une partie de l’establishment britannique. Ils soulèvent une question de fond : le Royaume-Uni peut-il retrouver une stabilité politique sans un renouvellement profond de sa classe dirigeante ? Les prochaines années diront si Starmer saura répondre à ce défi, ou si le pays devra chercher ailleurs les solutions dont il a besoin.