Le député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a critiqué, selon BFM - Politique, la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, y voyant une nouvelle illustration de l’emprise des macronistes sur les institutions économiques. Dans un entretien diffusé ce mercredi 20 mai 2026, il a appelé le Parlement à « ne pas se laisser marcher dessus » face à cette décision, tout en dénonçant une continuité politique qu’il juge problématique.
Ce qu'il faut retenir
- Éric Coquerel, député LFI, critique la nomination d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, y voyant un symbole de l’influence persistante des macronistes.
- Il a appelé le Parlement à « ne pas se laisser marcher dessus » lors de ce processus, selon BFM - Politique.
- Coquerel a également dénoncé « l’empreinte d’Emmanuel Macron » à travers ses fidèles, affirmant que celui-ci « demeurera à travers eux ».
- Cette intervention s’inscrit dans un contexte de tensions politiques autour des nominations institutionnelles, à moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027.
Une nomination contestée au sein de la Banque de France
La désignation d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, annoncée officiellement le 20 mai 2026, a suscité des réactions vives au sein de la classe politique. Pour Éric Coquerel, cette nomination illustre une stratégie de captation des leviers économiques par les partisans d’Emmanuel Macron, malgré son absence de candidature à la présidentielle de 2027. « Emmanuel Macron demeurera à travers ses plus fidèles », a-t-il déclaré, soulignant que cette continuité politique pose question sur l’indépendance des institutions.
Dans ses propos rapportés par BFM - Politique, Coquerel a insisté sur le rôle du Parlement, qu’il considère comme un contre-pouvoir à mobiliser. « Le Parlement doit montrer qu’il existe et ne pas se faire marcher dessus », a-t-il martelé, sans pour autant proposer de blocage institutionnel formel. Cette position reflète les tensions persistantes entre le gouvernement et les oppositions, notamment sur les questions de gouvernance économique.
Les tensions politiques autour des institutions économiques
Cette polémique s’ajoute à d’autres débats récurrents sur l’indépendance de la Banque de France, notamment après les critiques de la gauche sur la gestion des crises économiques. Éric Coquerel, souvent en première ligne sur ces questions, a également pointé du doigt la hausse des prix du pétrole, qu’il attribue « en grande partie à de la spéculation », selon une déclaration rapportée par BFM - Politique. Une affirmation qui s’inscrit dans la ligne des prises de position de LFI sur les marchés et leur régulation.
Bref, pour Coquerel, ces nominations et ces politiques économiques s’inscrivent dans une logique de « préservation des intérêts d’une minorité », plutôt que dans une démarche au service du plus grand nombre. Une critique qui résonne particulièrement à gauche, où l’on dénonce régulièrement une forme de « macronisme sans Macron ».
Les réactions de l’opposition et les enjeux de 2027
Cette affaire intervient alors que les spéculations sur la présidentielle de 2027 s’intensifient. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a réaffirmé lors d’un entretien diffusé le même jour que « nous réussirons à battre l’extrême droite si tout le monde va aux urnes ». Une déclaration qui souligne l’importance de la mobilisation électorale pour contrer la montée du Rassemblement national (RN), également pointé du doigt par l’exécutif pour ses positions économiques.
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, avait d’ailleurs estimé dans une récente intervention que « le RN et LFI sont tous les deux des dangers » pour l’économie française, selon BFM - Politique. Une analyse qui montre l’ampleur des clivages sur les questions économiques, alors que le pays prépare une année électorale décisive.
Un débat qui dépasse les clivages partisans
Les tensions autour de la Banque de France ne se limitent pas à la gauche. À Saint-Denis, Bally Bagayoko, maire LFI de la ville et député, a récemment défendu une vision de la police de proximité, tout en minimisant les polémiques autour du retrait d’un portrait d’Emmanuel Macron dans une mairie. « C’est un non-sujet en réalité », a-t-il affirmé, rappelant son engagement pour « renforcer la police de proximité », un sujet qui divise aussi bien à gauche qu’à droite.
Dans le même temps, Danièle Obono, députée LFI, a pointé la spéculation sur les prix du pétrole, tandis que Manuel Bompard, coordinateur de LFI, relançait le débat sur la nationalisation de TotalEnergies. Autant dire que le débat économique reste au cœur des affrontements politiques, avec des propositions radicalement opposées selon les camps.
Reste à voir si ces tensions institutionnelles aboutiront à des changements concrets, ou si elles resteront cantonnées au domaine des déclarations politiques. Une chose est sûre : dans un contexte économique tendu, marqué par l’inflation et les incertitudes géopolitiques, la question de l’indépendance des institutions sera plus que jamais au centre des débats.
Emmanuel Moulin est un haut fonctionnaire français, proche des cercles macronistes, nommé à la tête de la Banque de France en mai 2026. Sa désignation est contestée par la gauche, qui y voit une tentative de pérenniser l’influence d’Emmanuel Macron au-delà de son mandat, malgré son absence de candidature en 2027. Éric Coquerel (LFI) a notamment dénoncé cette nomination comme un symbole de la « continuité macroniste ».