Le social-démocrate Mindaugas Sinkevičius devrait prendre la tête du gouvernement lituanien d’ici la fin de la semaine, à l’issue d’un remaniement politique majeur. Selon Euronews FR, cette transition intervient après l’exclusion du parti populiste Dawn of Nemunas de la coalition au pouvoir et le retour de l’Union démocratique « Pour la Lituanie » dans l’alliance gouvernementale.

Ce qu'il faut retenir

  • Mindaugas Sinkevičius, élu social-démocrate de longue date, sera le troisième Premier ministre issu de son parti depuis les élections de 2024.
  • L’actuelle Première ministre, Inga Ruginienė, devrait démissionner le 18 juin, date prévue pour la signature du nouvel accord de coalition.
  • Les sociaux-démocrates conservent neuf ministères clés, dont la défense, les affaires étrangères et l’intérieur, tandis que les démocrates « Pour la Lituanie » récupèrent trois portefeuilles.
  • Remigijus Žemaitaitis, leader de Dawn of Nemunas, conteste son exclusion de la coalition et dénonce un manque de clarté dans cette décision.
  • Le social-démocrate Juozas Olekas devrait rester président du Seimas, le Parlement lituanien.

Un gouvernement remanié pour rétablir la stabilité politique

Mindaugas Sinkevičius a officiellement confirmé sa volonté de former le nouveau gouvernement lituanien dans un message publié sur Facebook ce mardi 16 juin. « Je confirme ma volonté d’assumer la responsabilité de former le nouveau gouvernement et d’exercer la fonction de Premier ministre », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il agissait « en pleine conscience des attentes de la population ». Ce remaniement s’inscrit dans un contexte de tensions au sein de la coalition tripartite, initialement composée des sociaux-démocrates, de Dawn of Nemunas et de l’Union démocratique « Pour la Lituanie ».

Les sociaux-démocrates, première force politique au Seimas, ont décidé d’exclure Dawn of Nemunas, un parti populiste dirigé par Remigijus Žemaitaitis. Ce dernier a été reconnu coupable de propos antisémites et se voit désormais interdit d’accéder à des informations classifiées. Sinkevičius a justifié cette décision en soulignant que « le pays ne se rapproche pas de la stabilité et que le chef de ce parti devient peut-être même plus radical ». Il a ajouté que la société lituanienne avait besoin de « stabilité, d’une direction claire et de décisions, et non de vacarme politique ».

Le retour des démocrates « Pour la Lituanie » et le départ annoncé de Ruginienė

En parallèle, l’Union démocratique « Pour la Lituanie », qui avait quitté la coalition en août 2025 en raison de son alliance avec Dawn of Nemunas, a accepté de réintégrer le gouvernement. Ce revirement permet aux sociaux-démocrates de consolider leur majorité parlementaire. Inga Ruginienė, Première ministre sortante, devrait démissionner le 18 juin, date à laquelle le nouvel accord de coalition sera signé et présenté au président lituanien Gitanas Nausėda pour approbation. Selon Sinkevičius, elle « restera un membre important de l’équipe » dans le nouveau paysage politique, sans que son rôle futur ne soit encore précisé.

Ruginienė avait pris la tête du gouvernement en août 2025, succédant à Gintautas Paluckas, contraint à la démission en raison d’accusations de pratiques financières douteuses impliquant des prêts, des fonds européens et des liens d’affaires avec ses proches. Elle avait elle-même été critiquée pour avoir enfreint la loi en emmenant des membres de sa famille lors de voyages officiels en Italie et au Vatican, ainsi que pour sa gestion d’une fuite de données au Centre des registres lituaniens.

Une répartition des portefeuilles inchangée pour l’essentiel

Les sociaux-démocrates conserveront la majorité des ministères clés dans le nouveau gouvernement, avec neuf portefeuilles : environnement, finances, défense, culture, protection sociale, transports, éducation, sport, affaires étrangères et intérieur. L’Union paysanne et verte, ainsi que ses alliés de l’Action électorale des Polonais en Lituanie–Alliance des familles chrétiennes, dirigeront les ministères de l’Économie et de la Justice. Quant aux démocrates « Pour la Lituanie », ils récupèrent trois ministères : santé, agriculture et énergie.

Sinkevičius a indiqué que des ajustements au sein du cabinet étaient attendus, mais qu’ils ne seraient pas « majeurs ». Il a également précisé que Juozas Olekas, social-démocrate, devrait rester président du Seimas, confirmant ainsi la continuité institutionnelle. Ces changements s’inscrivent dans une volonté de stabiliser une coalition gouvernementale fragilisée par les tensions internes et les scandales politiques des derniers mois.

Les réactions de Dawn of Nemunas et les défis à venir

De son côté, Remigijus Žemaitaitis, leader de Dawn of Nemunas, a réagi à son exclusion en déclarant que « on ne lui avait pas donné de raisons claires » pour cette décision. Ce parti populiste, qui avait rejoint la coalition en 2024, avait déjà été critiqué pour ses positions controversées et son manque de discipline parlementaire. Son exclusion marque un tournant dans la stratégie des sociaux-démocrates, qui semblent désormais privilégier des alliances plus stables et moins exposées aux risques de radicalisation.

Les prochaines étapes incluent la signature officielle de l’accord de coalition le 18 juin, suivie de son approbation par le président lituanien Gitanas Nausėda. Une fois confirmé, Sinkevičius devrait former son gouvernement et présenter son programme devant le Seimas. La stabilité de cette nouvelle alliance sera déterminante pour la crédibilité du gouvernement lituanien, alors que le pays fait face à des défis économiques et géopolitiques, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine et des tensions avec la Russie.

Et maintenant ?

D’ici la fin de la semaine, le nouvel accord de coalition devrait être finalisé et soumis à l’approbation du président Nausėda. Si cette étape se déroule sans encombre, Mindaugas Sinkevičius pourrait être officiellement nommé Premier ministre dès le 19 ou 20 juin. La stabilité de son gouvernement dépendra cependant de sa capacité à gérer les divergences internes et à répondre aux attentes d’une population lassée par les querelles politiques. Les prochains mois seront également cruciaux pour évaluer l’impact de ce remaniement sur la politique étrangère et économique de la Lituanie, alors que Vilnius joue un rôle clé dans le soutien à l’Ukraine et dans la sécurisation de l’espace aérien européen.

Pour rappel, cette transition intervient dans un contexte où la Lituanie fait face à plusieurs défis, notamment une fuite massive de données attribuée à un pays étranger et une alerte aux drones en mai dernier, qui a révélé des lacunes dans l’accès aux abris pour la population.

Les sociaux-démocrates ont justifié cette décision par la nécessité de rétablir la stabilité politique en Lituanie. Selon Mindaugas Sinkevičius, le pays avait besoin d’une direction claire et de décisions, plutôt que de « vacarme politique ». Cette exclusion fait également suite à des positions controversées du leader du parti, Remigijus Žemaitaitis, notamment des propos antisémites et un manque de discipline parlementaire.